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Elections allemandes 360° 1/9 : rencontre avec Masih Rahimi

Découvrez le premier des 9 reportages 360° réalisés en Allemagne en vue des élections fédérales du 24 septembre 2017. Deux épisodes par semaine vous seront proposés sur Euronews jusqu'aux él

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Elections allemandes 360° 1/9 : rencontre avec Masih Rahimi

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Découvrez le premier des 9 reportages 360° réalisés en Allemagne en vue des élections fédérales du 24 septembre 2017. Deux épisodes par semaine vous seront proposés sur Euronews jusqu’aux élections. Masih Rahimi fait partie des millions de migrants qui vivent en Allemagne et qui ne peuvent pas voter car ils ne sont pas des citoyens allemands. Les huit autres personnes que nous avons interviewées peuvent.

Masih Rahimi a 21 ans. Il est étudiant en informatique. En apprentissage.
Il est venu en Allemagne avec sa famille il y a quatre ans, d’abord à Munich puis à Passau. Il est venu avec sa soeur et un de ses frères. Les deux frères de Masih on été enlevés par les Talibans. Celui qui aujourd’hui est en Allemagne a réussi à s‘échapper. Son autre frère a été tué. Masih était mineur à cette époque. Les autorités allemandes considèrent que Masih n’est pas en danger car il n’a pas été enlevé. Aussi, n’a-t-il qu’un droit de résidence temporaire alors que ses parents, son frère et sa soeur ont obtenu le statut officiel de réfugiés.

Masih a réussi ses études en Allemagne avec de bonnes notes et il est maintenant en deuxième année d’apprentissage. S’il ne trouve pas de travail après sa période d’apprentissage en 2018, il risque d‘être expulsé vers l’Afghanistan. S’il trouve un emploi, il pourra rester deux ans de plus en Allemagne.

Korbinian Klinghard, journaliste au “Passauer Neue Presse” :
Qu’est-ce que Passau (NDLR : ville de Bavière) représente personnellement pour vous ?

Masih Rahimi :
La première fois que je suis venu ici, j’ai pensé que ça allait être difficile parce qu’en Afghanistan je vivais dans une grande ville moderne. Maintenant je trouve que Passau est une belle ville qui offre de nombreuses possibilités, c’est vraiment bien.

Korbinian Klinghardt :
Que vous est-il arrivé de mieux depuis que vous êtes en Allemagne ?

Masih Rahimi :
Beaucoup de belles choses. Les gens sont gentils. Ils nous aident, si quelqu’un ne parle pas Allemand par exemple, ils nous aident à obtenir des cours de langue. Si quelqu’un doit aller chez le médecin, ils nous accompagnent pour expliquer la situation. Les gens à Passau sont très gentils.

Passau est situé à la frontière avec l’Autriche, à la fin de la route des Balkans pour les migrants. Pendant l‘été 2015, la petite ville de Bavière était considérée comme l’une des portes d’entrées principales pour l’immigration en Allemagne.

A cette époque plusieurs centaines de personnes arrivaient chaque jour. En 2015, Masih Rahimi vivait déjà à Passau depuis deux ans, il aidait les nouveaux migrants qui arrivaient. Le foot l’a aidé à s’intégrer en Allemagne. Il joue deux fois par semaine dans une équipe locale.

Korbinian Klinghardt :
Est-ce que le sport vous a aidé à vous faire des amis et à apprendre la langue ?

Masih Rahimi :
Bien sûr. On discute avant ou après les matchs, on se rencontre et quand on gagne, on va au restaurant ou dans le bar du club”.

Korbinian Klinghardt :
La CSU (Union chrétienne-sociale en Bavière) a déclaré que limiter l’immigration à un nombre fixe de personnes fait partie de leur programme. Qu’avez-vous pensé quand vous avez entendu cela ?

Masih Rahimi :
Ils veulent peut-être dire qu’il y a trop de migrants en Allemagne et que le pays ne peut pas en accueillir davantage. D’un côté je dois admettre que c’est vrai. Mais d’un autre, ce n’est pas possible de dire que les migrants n’ont plus le droit de rentrer dans le pays, parce que leurs vies sont en danger dans leur pays d’origine.

Korbinian Klinghardt :
Envisagez-vous la possibilité de ne pas trouver de travail et de devoir rentrer en Afghanistan?

Masih Rahimi :
Je vois toujours le bon côté des choses. Je me dis que si mon entreprise ne me propose pas un emploi stable après mon apprentissage, je chercherais une autre entreprise qui le fera. Je vois toujours le verre à moitié plein.

CSU, l’Union chrétienne-sociale en Bavière (son parti frère est l’Union chrétienne démocrate d’Allemagne, la CDU de Merkel), se bat constamment avec la chancellerie sur la limitation du nombre d’immigrés. Le chef de la CSU, Horst Seehofer veut fixer un nombre limite. Angela Merkel ne veut pas. Leur désaccord a ressurgi dans la campagne pour les élections fédérales de septembre.

Le gouvernement allemand a freiné les expulsions vers l’Afhganistan après les récentes attaques à Kaboul, mais il y a quand même eu des cas d’expulsion en Afghanistan ces derniers mois. La question est de savoir si l’Afghanistan peut-être considéré comme un pays d’origine sûr, ce qui n’aiderait pas les Afghans à demander l’asile.