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Mieux lutter contre les pratiques illégales dans le secteur du vin


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Mieux lutter contre les pratiques illégales dans le secteur du vin

Comment un consommateur européen peut-il être sûr de la qualité et de l’origine du vin qu’il achète ? Aujourd’hui, grâce à des technologies sophistiquées élaborées par des scientifiques, mais aussi une vaste base de données gérée par le Centre commun de recherche européen, la lutte contre la fraude gagne en efficacité.

“La fraude alimentaire en Europe représente de dizaines de millions d’euros par an et les vins figurent parmi les produits agricoles qui sont le plus souvent victimes de contrefaçon, précise notre reporter Claudio Rosmino. Mais aujourd’hui, des techniques sophistiquées permettent de vérifier leur qualité et leur origine : ce qui protège les producteurs et les consommateurs,” souligne-t-il.

Les vins européens font les frais de pratiques de falsification de plus en plus élaborées. D’où la nécessité de concevoir des méthodes perfectionnées pour les authentifier. Pour mener ce travail d’enquête, le Centre commun de recherche de l’Union européenne (CCR) a coordonné la collecte dans toute l’Europe, de données sur la composition des vins.

Rappelons que l’Union européenne occupe une position de leader sur le marché mondial des vins : elle dispose de 55% des parcelles viticoles dans le monde et son secteur du vin représente 60% de la production et 70% des exportations à l‘échelle de la planète.

Sur les traces de l’eau et de l’alcool

Près de Catane en Sicile, nous rencontrons des inspecteurs du ministère italien de l’Agriculture qui veulent établir les caractéristiques d’un vignoble des pentes de l’Etna.

“Pour vérifier qu’un vin est authentique, indique la chimiste Grazia Laura Gambino, on établit les rapports isotopiques dans l‘échantillon officiel et on le compare avec les données de la base de référence. On se réfère d’abord à notre base de données, pour avoir les échantillons de référence pour tel cépage, tel millésime, telle appellation, dit-elle, puis on compare les paramètres que nous avons dans notre base de données avec ceux de notre échantillon.”

Les chercheurs élaborent ensuite par micro-vinification, des vins dont ils établissent grâce à des techniques sophistiquées, les caractéristiques isotopiques de l’alcool et de l’eau présent dans ces vins. Des éléments extrêmement importants car le plus souvent, les fraudes consistent à diluer le vin avec de l’eau ou à y ajouter de l’alcool ou du sucre.

Technologies nucléaires

Ces informations alimentent ensuite la Banque de données européenne sur le vin gérée par le CCR à Geel en Belgique. Dans les laboratoires du CCR, nous découvrons comment des technologies nucléaires sont utilisées pour établir le profil d’un vin authentique.

Vasiliki Exarchou, chimiste au CCR, nous montre “un échantillon de l’alcool restant après distillation du vin. Si par exemple, ajoute-t-elle, on avait ajouté du sucre pour augmenter la teneur en alcool du vin, alors le profil serait tout-à-fait différent.”

La résonance magnétique nucléaire et la spectrométrie de masse sont les outils d’analyse les plus performants pour authentifier les vins car elles permettent de déterminer au niveau de l’atome, leurs spécificités qui sont liées à l’environnement du lieu de production.

“Ce qui nous intéresse en particulier, c’est l’oxygène qui est présent dans l’eau du vin, explique son collègue chimiste Eric Aries. Cet oxygène varie en Europe en fonction de la latitude si bien que par exemple, des vins qui sont faits en Sicile ont des valeurs d’oxygène plus élevées que ceux qui sont faits en Allemagne,” poursuit-il.

Masse d’informations

Chaque année, des chercheurs opérant un peu partout dans l’Union européenne établissent la carte d’identité actualisée de chacun des vins produits dans leur pays. Puis c’est le CCR de Geel qui centralise cette masse d’informations.

“Cet ensemble de données nous permet d’avoir un groupe de données par pays, par région, par variété dont on peut être certain de l’authenticité, insiste
Alain Maquet, président du Centre européen de référence pour le contrôle dans le secteur du vin (ERC-CWS). Cela fait à peu près, 1600 échantillons par an qui sont ajoutés dans la base de données et pour l’instant, cette base comprend un peu plus de 20.000 échantillons différents,” se félicite-t-il.

Cette base de données est mise à disposition de tous les Etats membres : elle est cruciale quand un vin est visé par des soupçons de fraude et que des poursuites sont engagées.

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