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200 000 Thaïlandais pour les funérailles de Bhumibol

Les funérailles du monarque sont estimées à environ 90 millions de dollars, 76 millions d'euros

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200 000 Thaïlandais pour les funérailles de Bhumibol

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Les préparatifs des funérailles du roi de Thaïlande, Rama IX, auront duré un an. 365 jours pour préparer la cérémonie d’adieu à Bhumibol Adulyadej, un homme qui a régné 70 ans, perçu comme un père, un demi-Dieu dans son pays.
Prosternation et pleurs sont de rigueur pour les dignitaires, comme pour le reste de la population.

A Bangkok, 200 000 personnes se sont massées le long du cortège funéraire. Cette cérémonie grandiose est estimée à environ 90 millions de dollars, 76 millions d’euros.
Plus tard, dans la journée, après cette marche très lente de trois kilomètres, la crémation du corps de Bhumibol, embaumé depuis sa disparition le 13 octobre 2016, aura lieu devant le palais royal. Ici un ensemble de monuments en bois précieux a été bâti pendant des mois par les meilleurs artisans du pays, il est censé représenter le mont Meru, point de passage entre le monde des vivants et des morts selon la tradition bouddhiste.

Il s’agit de plusieurs monuments en bois précieux, recouverts de feuilles d’or. S’y trouve le bûcher entouré de représentations de plus de 500 animaux et créatures de la mythologie bouddhiste.

Outre la famille royale de Thaïlande, des représentants de plusieurs familles royales du monde entier doivent participer à la cérémonie, en fin d’après-midi, pour la crémation elle-même.
Le prince Andrew représente la Couronne britannique. Le Japon est représenté par le prince et la princesse Akishino. La reine Maxima des Pays-Bas est aussi présente, ainsi que la reine Sofia d’Espagne et la reine Mathilde de Belgique, parmi les quelques membres de premier plan de familles royales à avoir fait le déplacement.

Bhumibol en quelques mots

-Son culte de la personnalité a été savamment distillé au cours de ce long règne, mais ce qui se passait derrière les murs du palais restait inabordable. Une loi de lèse-majesté draconienne envoyait en prison tout détracteur.

-Parmi les sujets tabous : sa fortune colossale. En 2011, Forbes le classait plus riche monarque au monde.

-Autre non-dit : la mort mystérieuse par balle de son frère aîné, le roi Ananda Mahidol, dit Rama VIII, au palais en 1946.
Le jour même du drame, Bhumibol était bombardé Rama IX, neuvième monarque de la dynastie des Chakri. Sept ans avant Elizabeth II d’Angleterre.

-Entre 1946 et 1950, il était rentré finir ses études en Suisse. Il y avait passé une grande partie de sa jeunesse, après sa naissance le 5 décembre 1927 aux Etats-Unis.

-Fin stratège politique, malgré son absence de pouvoir constitutionnel, depuis l’abolition de la monarchie absolue en 1932, Bhumibol avait réussi à réaffirmer la place prépondérante de la monarchie.

-Son image de sage prend en partie sa source dans son intervention lors du soulèvement populaire de mai 1992, quand il avait exhorté, devant les caméras de télévision, les chefs des deux camps, accroupis à ses pieds comme le veut la tradition, à faire la paix.

-Dans les années 60, il a joué un rôle clef dans le rapprochement avec les Etats-Unis, devenant la base arrière de Washington pour la guerre du Vietnam.

-Au cours de son règne, il n’a eu de cesse de se construire une image de protecteur de la nation, investi de la mission d’améliorer la vie de son peuple, s’imposant comme le dénominateur commun d’un pays qui a connu sous son règne 19 coups d’Etat ou tentatives de putsch.