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"L'ordre du jour" d'Eric Vuillard, prix Goncourt 2017

Le prix Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone, a été décerné lundi à Eric Vuillard pour "L'ordre du jour".

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"L'ordre du jour" d'Eric Vuillard, prix Goncourt 2017

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Le prix Goncourt a été décerné lundi à Eric Vuillard pour “L’ordre du jour”, a annoncé le jury présidé par Bernard Pivot. C’est un récit saisissant sur l’arrivée au pouvoir d’Hitler, l’Anschluss et le soutien sans faille des industriels allemands à la machine de guerre nazie.



“L’ordre du jour” s’est imposé au 3e tour de scrutin, par 6 voix contre 4 à “Bakhita” de Véronique Olmi. Les deux autres auteurs en lice étaient Alice Zeniter pour “L’art de perdre” et Yannick Haenel pour “Tiens ta couronne”. Des quatre finalistes du Goncourt, l’auteur de 49 ans était le seul auteur dont le livre n’est pas sorti lors de la rentrée d’automne mais au printemps.


Le plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone récompense un écrivain au regard scrupuleux qui a su se glisser dans les coulisses de l’Histoire. En seulement 160 pages où rien n’est inventé, Eric Vuillard, 49 ans raconte cette tragédie européenne du XXe siècle, en insistant sur les détails “L’ordre du jour” n’est pas un roman, mais, “un livre fulgurant”, souligne Bernard Pivot, le président de l’académie Goncourt pour qui ce “livre est une leçon de littérature par son écriture”.


L‘écrivain lyonnais n’en est pas à son coup d’essai. Avant “L’ordre du jour”, il a publié “14 juillet” (Actes Sud, 2016) où il décortiquait cette journée particulière de la Révolution française en donnant la voix aux sans-voix mais aussi “Conquistadors” (Léo Scheer, 2009) sur la chute de l’empire Inca, “Congo” (Actes Sud, 2012) sur la conquête coloniale ou encore “Tristesse de la terre” (Actes Sud, 2014), récit déchirant sur l’agonie des Indiens d’Amérique du nord. A chaque fois, Vuillard se saisit d’un événement connu et le dissèque en insistant sur des détails atroces ou grotesques mais significatifs.
La fin du récit sonne comme une mise en garde pour le temps présent. “On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la même manière, dans un mélange de ridicule et d’effroi”.

Le prix Goncourt est doté d’un chèque de dix euros, mais l’enjeu est autrement plus important. Un roman primé s‘écoule, selon les cas, de 200.000 à 500.000 exemplaires.

A propos de l’auteur

Éric Vuillard, né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il a réalisé deux films, “L’homme qui marche” et “Mateo Falcone”. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009, Babel n°1330), récompensé par le Grand prix littéraire du Web – mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d’Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre et le prix Alexandre Viallate pour 14 juillet.

avec AFP