DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Turquie-Russie, des relations ambigües

Vous lisez:

Turquie-Russie, des relations ambigües

Taille du texte Aa Aa

Recep Tayyip Erdogan compenserait-il ses mauvaises relations avec l’Occident par un rapprochement avec la Russie ? Les deux pays, à couteaux tirés en 2015, se sont depuis rabibochés et ne cessent de trouver des terrains d’entente. La Turquie a besoin du gaz russe et la Russie a besoin des secteurs de l’agroalimentaire et de la construction turcs. Mais c’est surtout la crise syrienne qui a mis en évidence cette nouvelle alliance.

L’historien et philosophe russe Victor Nadein-Raevsky de l’Académie des Sciences russes analyse cette relation : “Erdogan vient évidemment en Russie pour continuer à développer cette relation. La Turquie est intéressée par une coopération très large avec la Russie dans différents domaines. Concernant l’agriculture, les échanges reviennent aux niveaux précédents. Dans le secteur de la construction, la Turquie nous livrent des produits industriels. Autre domaine de coopération : le réglement de la crise syrienne, Ankara veut la sécurité de ses frontières, pour le Kurdistan turc. Il y a aussi la question de la collaboration militaire. La question du Nagorny Karabach avait été mentionnée. Les Turcs veulent en parler et ils aimeraient devenir une sorte d e médiateur. Mais les Arméniens ne sont pas prêts pour ça. (…) Le président Erdogan et la Turquie en général, sont intéressés par la relance de ces relations, aussi parce que la Turquie s’avère être assez isolée. C’est pourquoi, par exemple, Ankara a décidé d’acheter à la Russie des missiles de défense aérienne S-400, parce qu’Ankara s’est vu refuser l’achat du système de défense américain Patriot ou d’autres systèmes similaires. Donc, cet achat a été fait par dépit et nous avons vu le premier transfert d’argent.”

Le rapprochement politique entre Moscou et Ankara est loin de faire l’unanimité en Europe, et encore moins aux Etats-Unis.