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Lutte contre le changement climatique : un sommet pour financer

Verdir les financements, oui, mais l'eurodéputé Philippe Lamberts met en garde contre le greenwashing

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Lutte contre le changement climatique : un sommet pour financer

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C'était il y a deux ans tout juste... L'accord de Paris était scellé et avec lui l'engagement à maintenir le réchauffement mondial sous le seuil fatidique des 2 degrés. Passer de la promesse au portefeuille : c'est l'objectif du "One Planet Summit" qui se tient à Paris. Le président français Emmanuel Macron entend ainsi donner un coup d'accélérateur au financement de la lutte contre le changement climatique, que l'argent vienne du public ou du privé.

Parmi les outils mis en avant, les fameuses "obligations vertes" qui ont fait leur apparition sur les marchés. Les investisseurs sont appelés à financer des projets de transition écologique. Mais gare aux obligations fourre-tout, prévient l'eurodéputé vert Philippe Lamberts.

"Tout le monde sait que les grands acteurs financiers aiment annoncer des choses vertes, faire du greenwashing sans pour autant qu'ils le fassent vraiment. Donc la crédibilité du label est absolument cruciale si on veut qu'il suscite un engouement du côté des petits investisseurs. Donc je pense que les critères doivent venir des pouvoirs publics, et idéalement il faut des critères unifiés au niveau européen de manière à ce que l'investissement vert ait la même valeur quelque soit le pays de l'Union européenne concerné."

Autre système promu par le sommet de Paris, la tarification du carbone, en clair, faire payer le droit d'émettre du CO2 aux industriels. Un système qui existe au niveau européen mais avec un prix qui plafonne autour des 7 euros la tonne. Les initiatives se multiplient au niveau mondial. Et là encore, insiste Philippe Lamberts, un peu d'harmonie sera nécessaire.

"Si vous voulez éviter les concurrences déloyales, vous devez avoir un marché unique du carbone. Donc aujourd'hui, c'est vrai que la Chine expérimente, à certains endroits des Etats-Unis on expérimente, mais le risque auquel les pouvoirs publics s'exposent lorsqu'ils le font de manière régionale voire sous-régionale, c'est évidemment s'exposer au chantage à la délocalisation de la part des entreprises. Ce que moi j'entends en tout cas des gestionnaires de fonds d'investissements et des directeurs financiers, c'est qu'un prix situé à partir de 35, 40 euros la tonne commence à être incitatif. Et puis après ça, tout dépend de la vitesse à laquelle on veut pousser la transition écologique."