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"Jérusalem-Est, capitale de l'Etat de Palestine"

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Une décision américaine "nulle et non avenue"

La guerre des mots et des déclarations continue sur le statut de Jérusalem.

Une semaine après l'annonce de la reconnaissance de la ville sainte comme capitale d'Israël par Donald Trump, les leaders musulmans de l'Organisation pour la Coopération Islamique ont proclamé "Jérusalem-Est, capitale de l'Etat palestinien".

Dans un communiqué, ils ont jugé la décision américaine "nulle et non avenue", la considérant "irresponsable".

Dans un discours d'une rare virulence, Mahmoud Abbas a estimé que les Etats-Unis s'étaient ainsi disqualifiés en tant que médiateur dans le processus de paix.

"La condition sine qua non du rôle de médiateur est l'intégrité et l'impartialité".

"Nous, Palestiniens, arabes, musulmans, ne pouvons donc plus accepter que les Etats-Unis jouent ce rôle", a affirmé le président de l'Autorité Palestinienne.

Projet de résolution à l'ONU

Un projet de résolution contre la reconnaissance américaine de Jérusalem serait par ailleurs en préparation à l'ONU. Objectif pour les Palestiniens et leurs soutiens : montrer l'isolement des Etats-Unis au Conseil de sécurité.

Membre permanent du Conseil de sécurité, Washington, principal soutien d'Israël, a un droit de veto sur toutes les résolutions soumises à un vote et y a recouru plusieurs fois dans le passé.

  • "L'important c'est d'avoir le soutien de 14 des 15 membres du Conseil de sécurité"* à ce futur texte, souligne à l'AFP une source diplomatique palestinienne sous couvert d'anonymat.

Vendredi, les Etats-Unis s'étaient retrouvés totalement isolés au Conseil de sécurité lors d'une réunion urgente convoquée après l'annonce de reconnaissance unilatérale de Jérusalem par le président américain Donald Trump. Tous les autres membres du Conseil avaient critiqué à des degrés divers cette décision.

Plusieurs d'entre eux avaient dénoncé une violation de précédentes résolutions de l'ONU soulignant que la question de Jérusalem devait faire partie d'un accord négocié entre Israéliens et Palestiniens dans le cadre d'une solution de deux Etats vivant côte à côte.

Des mots mais pas de sanctions

En dépit de la fermeté oratoire des participants à ce sommet extraordinaire de l'Organisation de la Coopération Islamique, aucune mesure concrète n'a été annoncée par le principal groupement musulman dont les principaux membres sont par ailleurs de proches alliés des Etat-Unis.

Le monde musulman est profondément divisé et plusieurs pays, comme l'Arabie saoudite, tentent de cultiver de bons rapports avec l'administration Trump sur fond d'hostilité commune envers l'Iran.

Appelant à ce que les pays présents "unissent (leurs) forces", le président iranien Hassan Rohani a déploré que "certains pays de notre région coopèrent avec les Etats-Unis et le régime sioniste".

L'Iran ne reconnaît pas Israël et entretient des relations tendues avec l'Arabie saoudite.

Netanyahou pas "impressionné"

La réaction du chef du gouvernement israélien ne s'est pas fait attendre.

Depuis Jérusalem, Benjamin Netanyahou a voulu montrer qu'il "ne se laisserait pas impressionner" par ces déclarations.

Le Premier ministre israélien a invité les Palestiniens "à agir en faveur de la paix et non de l'extrémisme", ajoutant qu'au bout du compte les pays musulmans "finiraient, eux aussi, par reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et y déplaceraient leurs ambassades".

Les affrontements continuent dans les territoires palestiniens

De nouveaux affrontements ont eu lieu, ce mercredi, dans les territoires palestiniens. 

En Cisjordanie, près de Ramallah, des agents des forces de sécurité israéliennes ont mis fin à la confrontation après s'être infiltrés parmi les lanceurs de pierres palestiniens.

Avec AFP.