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Le prince saoudien Salmane ouvre la porte à la culture occidentale

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Le prince saoudien Salmane ouvre la porte à la culture occidentale

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L'Arabie saoudite poursuit activement sa mutation : le royaume ultraconservateur, si longtemps refermé sur lui-même, n'en finit pas ces derniers mois de s'ouvrir au monde, notamment occidental. En janvier dernier, révolution ! Les femmes ont pour la première fois pu entrer dans un stade pour assister à un match de football; en juin prochain, autre révolution, on pourra les voir au volant, et dès le mois de mars, elles pourront, avec les hommes, aller au cinéma, car des salles vont bientôt ouvrir.

52 milliards pour booster la culture

Et oui, c'est le nouveau vent de liberté qui est en train de souffler sur Ryad - les autorités l'ont annoncé jeudi -, les Saoudiens vont enfin se divertir ! Le jeune prince héritier trentenaire, Mohammed ben Salmane, met le paquet : l'équivalent de 52 milliards d'euros vont être confiés à l'Autorité générale du divertissement (le ministère de la culture local) afin de construire des cinémas, des salles de concert, un opéra... Cet ambitieux plan culturel s'étendra sur une dizaine d'années, le secteur privé devrait également mettre la main au portefeuille.

Mais dès cette année, une avalanche d'événements, plus de 5 000, est attendue dans le royaume. Des noms d'artistes ou de groupes internationaux circulent déjà, comme le ténor italien Andrea Bocelli, le Cirque du Soleil ou le groupe californien Maroon 5... Quant au cinéma, il sera le bienvenu puisque les Saoudiens doivent jusqu'à présent faire de la route pour aller voir un film, c'est à dire traverser le pont qui les amène dans le pays voisin de Bahreïn.

Divertissement rime aussi avec argent

Ces réformes sans précédent sont amenées à bouleverser la société. Mais l'idée que le prince Salmane a surtout derrière la tête est de sortir l'Arabie saoudite de sa trop grosse dépendance au pétrole qui l'entraîne vers le déficit depuis maintenant quatre ans. Il n'y a pas le choix ! L'économie doit trouver d'autres ressources, dans le domaine de la culture par exemple. La population saoudienne a beau être très jeune, moins de 25 ans pour environ la moitié, elle dépense très peu pour se divertir dans le royaume... et pour cause !