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Revivez le colloque sur l'anti-terrorisme au Yémen, au Liban et en Syrie

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Revivez le colloque sur l'anti-terrorisme au Yémen, au Liban et en Syrie

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Après la "chute" de Daesh en Irak, où en est la lutte anti-terroriste ? Euronews vous a proposé de suivre ce samedi une table ronde sur le sujet en direct du Sénat à Paris. Au programme, un focus sur trois centres névralgiques du Moyen-Orient : le Yémen, le Liban et la Syrie.

De nombreux acteurs de la région ont échangé autour de cette table ronde, parmi eux :

Son Excellence le général Ahmed Assiri d'Arabie Saoudite, qui a défendu la position de la coalition internationale menée par son pays au Yémen, un pays frontalier et donc "d’intérêt primaire" pour l'Arabie saoudite. "Il faut restaurer la sécurité dans les régions contrôlées par le gouvernement légitime et encourager les milices à s’assoir à la table des négociations", a expliqué le général.

Le risque est selon-lui que le Yémen se dirige vers le modèle libyen, où "il n'y a plus aucune institution nationale". Le général Ahmed Assiri estime que "les Houthis se calquent sur le Hezbollah, pour que le Yémen soit régi par une milice qui prête allégeance à un Etat étranger".

M. Ahmed Assiri a assuré que son pays travaillait avec la communauté internationale en faveur de la stabilité dans le monde : "L’Arabie saoudite a versé 300 millions de dollars au Etats du G5 Sahel pour qu’ils luttent contre Boko Haram et Daech", a-t-il par exemple rappelé. "Nous travaillons avec tous les pays sauf l'Iran", a affirmé le militaire.

Son Excellence Ashraf Rifi, ancien Ministre de la Justice et ancien Chef de la Police nationale du Liban a également pris la parole pour défendre le fait que "coller une connotation terroriste à une religion exacerbe le problème et permet aux terroristes d’avancer masqués. Le terrorisme n’a pas de religion", répété M. Rifi.

"Daech a recrutée dans grand nombre de pays pour lutter contre ce que j’appelle "les sœurs de Daech", les milices proches de l’Iran", a ajouté M. Ashraf Rifi.

"Des régimes totalitaires ont réveillé des sentiments nationalistes endormis depuis des siècles. Ils participent à promouvoir le terrorisme", selon l'ancien libanais, qui attribue l'exacerbation de la violence dans la région à "la chute de la Palestine".

"Le Liban, qui a une responsabilité énorme, demande à l’occident qu’il soit un partenaire dans la lutte contre le terrorisme", a conclu M. Ashraf Rifi.

Le journaliste français spécialiste de la mouvance jihadiste Romain Caillet a défini devant l’auditoire les mots "jihad" et "jihadisme", défendant que les soldats engagés aux côtés de la Turquie dans l'opération Rameau d'Olivier à Afrine, souvent qualifiés de jihadistes, ne l'étaient pas à ces yeux.

"Je ne qualifie pas le Hezbollah de jihadiste mais il faut reconnaître qu’il a participé à banaliser la culture du jihad dans la population libanaise", a par la suite expliqué M. Romain Caillet en expliquant notamment que sa chaîne de télévision était parfois diffusée dans les café, faisant l'apologie des martyrs et des "Moudjahid", les résistants.

Après avoir analysé les moyens d'action du mouvement chiite libanais, Romain Caillet a conclu son intervention par ces mots : "Compte tenu de la stratégie du Hezbollah, personne ne peut exclure un attentat anti-israélien ou anti-juif sur le sol français".

Le Français Jean-Charles Brisard, président du Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT) a pour sa part estimé que "la disparition du califat ne sonne pas le glas de la menace" terroriste. La preuve en est que ces dernières années, "la branche afghane de l'EI a été impliquée dans un projet d'attentat a New York et la branche libyenne était impliquée dans l'attentat de Manchester".

"Le déplacement des capacités de propagande et opérationnelles vers des territoires lointains du califat est observée depuis des mois", a expliqué l'expert.

Étaient également présents son Excellence le Dr Reyad Yassin Abdullah, Ambassadeur de la République du Yémen en France et Wassim Nasr, expert et journaliste.

Le colloque durant lequel s'est tenue cette table ronde était organisée par Nathalie Goulet, sénateur UDI de l'Orne, et présidente de la Commission d’enquête sur l’organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe.