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Sabrina Kouider, une personnalité instable se présentant en victime

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Sabrina Kouider, une personnalité instable se présentant en victime

Sabrina Kouider, une personnalité instable se présentant en victime
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Reconnue coupable du meurtre de la jeune au pair Sophie Lionnet, Sabrina Kouider est apparue comme une femme à la personnalité instable et au parcours chaotique, prompte à se présenter en victime, au fil des audiences. La mère de famille de 35 ans, aux longs cheveux noirs, a tenté de conserver son calme lors du procès, parlant d'une voix presque éteinte, entrecoupée de sanglots. Un ton bien différent de celui employé lors des interrogatoires qu'elle et son compagnon, Ouissem Medouni, faisaient subir à Sophie. Dans ces séances enregistrées, elle hurle littéralement sur la jeune fille de 21 ans, accusée d'être la complice d'un ex-compagnon de Sabrina Kouider, Mark Walton, membre fondateur du boys band Boyzone, qu'elle accuse de pédophilie. "Je prie Dieu pour qu'il m'empêche de te toucher. Je ne veux pas me salir les mains", lui lance-t-elle, en rage. A l'audience, elle s'est décrite comme "très timide", "pas agressive". Si elle a admis crier parfois, elle l'a expliqué par ses origines méditerranéennes. Mais pressée de questions par le procureur ou l'avocat de son compagnon, elle est parfois sortie de ses gonds, haussant le ton ou éclatant en sanglots. Elle a avoué avoir frappé "très fort" Sophie avec un câble électrique mais nie l'avoir tuée, accusant Ouissem Medouni. Pour son compagnon, c'est bien elle qui a tué la jeune fille. "C'est une femme très forte", "elle en est capable", a-t-il assuré. - 'Je ne suis pas folle' - Née le 5 décembre 1982 à El Attaf, dans le nord de l'Algérie, dans une famille de quatre enfants, Nafissa Sabrina Kouider a raconté avoir grandi "heureuse" auprès de sa grand-mère et d'une tante avant d'être agressée sexuellement, enfant, par un oncle. Plus tard, elle rejoint ses parents en France, s'adaptant avec difficultés à sa nouvelle vie. A 18 ans, elle absorbe des somnifères et se blesse grièvement en tombant d'un balcon. A 20 ans, elle avale du détergent après une rupture. En 2001, elle rencontre Ouissem Medouni à une fête foraine, le début d'une relation chaotique, qui durera jusqu'à l'arrestation du couple en septembre 2017. Pendant ces seize ans, Sabrina Kouider a eu deux enfants de deux pères différents, le premier avec Anthony François, un manutentionnaire habitant en région parisienne, et le second avec Mark Walton, qui vit aujourd'hui en Californie. Les trois hommes l'ont décrite comme imprévisible et colérique. Pour Anthony François, Sabrina Kouider est une "manipulatrice", dotée d'une "double personnalité". Capable d'être "adorable" comme "détestable", elle pouvait s'énerver contre un inconnu "à cause d'un regard, d'une bêtise" et s'en prendre aux "plus faibles", selon lui. "Elle peut passer d'une personne douce et gentille à quelqu'un d'effrayant en l'espace de quelques secondes", avait témoigné Mark Walton, tombé fou amoureux d'elle et qui avait vécu une relation "tumultueuse". Sabrina Kouider a accusé les trois hommes d'être violents et infidèles. Pour l'avocat de Ouissem Medouni, l'accusée a développé une obsession pour Mark Walton parce qu'elle avait besoin d'une "raison pour expliquer ses problèmes mentaux". Un rapport médical de mai 2017 indiquait qu'elle souffrait de dépression et de troubles de la personnalité. Dans son appartement au rez-de-chaussée d'une maison du sud-ouest londonien, Sabrina Kouider avait installé des caméras de surveillance par "sécurité". Mais aussi pour surveiller Sophie Lionnet, une "menteuse" et une "paresseuse", qui agissait de manière "malfaisante", selon elle. Lors d'un interrogatoire, elle a cherché à intimider la jeune fille en la prévenant qu'elle avait des amis "haut placés", mentionnant même le président américain Donald Trump. "Je ne suis pas folle", a répété Sabrina Kouider à son procès. Détenue dans une unité pour personnes souffrant de troubles mentaux, Sabrina Kouider a été jugée apte au procès.
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