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Le Brésil toujours secoué par la grève des routiers

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Le Brésil toujours secoué par la grève des routiers

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Le gouvernement brésilien a affirmé que la situation était en cours de normalisation samedi, au sixième jour d'une grève des routiers contre la hausse des prix du diesel qui paralyse le pays. "Nous allons vers une normalisation de la situation", a soutenu samedi le ministre de la Sécurité institutionnelle, Sergio Etchegoyen, tout en reconnaissant que "ce n'est pas rapide". Le gouvernement souhaite que priorité soit donnée aux aéroports, aux centrales thermoélectriques et à l'approvisionnement des hôpitaux. Vendredi soir, peu après l'annonce du président Michel Temer du recours aux "forces de sécurité fédérales", les militaires ont commencé à escorter des camions-citernes pour qu'ils aient accès aux raffineries, notamment celle de Duque de Caxias, près de Rio de Janeiro. Samedi soir, 566 barrages routiers partiels étaient toujours en place à travers le pays, a indiqué le ministre de la Sécurité publique, Raul Jungmann. Selon lui, 97% des routes de Sao Paulo étaient dégagées et 70% à Brasilia. "Le Brésil ne sera pris en otage (par aucun secteur) et le gouvernement du président Temer est déterminé à utiliser tous les moyens pour y parvenir ", a averti M. Jungmann. Plus tôt dans la journée, le ministre du Secrétariat au gouvernement Carlos Marun a fait savoir lors d'une conférence de presse que le président Temer était "très inquiet" de la situation des hôpitaux et a annoncé que les chauffeurs de camions transportant médicaments et matériel médical seraient passibles d'amendes s'ils participent au mouvement de grève. - Camions escortés - Le ministre, qui s'exprimait à l'issue d'une réunion entre le chef de l'Etat et plusieurs membres du gouvernement, a également affirmé que la Police fédérale avait déjà demandé à la justice d'émettre des mandats d'arrêts contre des chefs d'entreprise de transports accusés de "lock-out", quand un patron est à l'initiative d'une grève, ce qui est illégal au Brésil. Le Président Michel Temer a de son côté autorisé samedi par décret la saisie de véhicules et de marchandises privées "nécessaires au transport de marchandises jugées essentielles par les autorités". Des camions escortés par des policiers et l'armée ont été vus samedi. Dans tout le pays, pratiquement toutes les stations-service étaient à sec et les produits frais se faisaient de plus en plus rares sur les étals. Le syndicat des distributeurs d'essence de Sao Paulo (Sindipetro) a indiqué que 99% des stations-services de la capitale économique du Brésil n'avaient plus de carburant et que la situation prendrait "5 à 7 jours" pour revenir à la normale lorsque la grève sera terminée. Le maire de Sao Paulo Bruno Covas, qui avait décrété l'état d'urgence sur la ville vendredi, a affirmé samedi que la situation était "grave, mais sous contrôle". - "Aéroports en panne d'essence" - Les problèmes d'approvisionnement touchent aussi de plein fouet les transports en commun. À Rio, le service des bus articulés mis en place au moment des jeux Olympiques de 2016, qui empruntent des couloirs exclusifs desservant de nombreux quartiers populaires, a été interrompu samedi "pour une durée indéterminée" en raison du manque de carburant. Samedi après-midi, 14 aéroports du pays étaient toujours en panne d'essence. A Brasilia, les réserves de kérosène sont épuisées depuis vendredi. Samedi, la société Inframérica, qui gère le terminal de la capitale brésilienne, a indiqué qu'au moins 40 vols avaient été annulés, mais que les premiers camions-citerne en cinq jours étaient arrivés dans l'après-midi. Géant de l'agro-alimentaire, le Brésil a aussi vu sa capacité d'exportation compromise, de nombreux abattoirs ayant suspendu leurs activités. Les chaînes de montage de l'industrie automobile, qui emploie 132.000 personnes, sont aussi à l'arrêt depuis vendredi. Sur internet, les Brésiliens font état de pénuries de toute sorte: la chaîne de librairies Travessa s'est même plaint de ne pas avoir pu renflouer son stock de livres de Philip Roth pour faire face à l'augmentation de commandes d'ouvrages de l'auteur américain décédé mardi. À moins de cinq mois de la présidentielle d'octobre, le peu de crédibilité qui restait à l'impopulaire gouvernement de centre droit a été considérablement entamé. Vendredi, le président Michel Temer avait justifié sa décision de faire appel à l'armée en expliquant qu'une "minorité radicale" restait mobilisée en dépit d'un accord signé la veille avec plusieurs syndicats pour une "trêve de 15 jours" après la promesse de la réduction d'un impôt sur le diesel. Après l'annonce du président Temer, l'Association brésilienne des camionneurs (Abcam), qui revendique 600.000 routiers indépendants, s'est dite "inquiète de la sécurité des chauffeurs" et a demandé "que les manifestations se poursuivent de façon pacifique, sans obstruer les voies". Vendredi, plusieurs leaders syndicaux avaient critiqué la décision du gouvernement d'employer l'armée "comme instrument de répression". Une décision également "inadmissible" selon Amnesty International, pour qui le rôle de l'armée n'est pas de "mettre un terme à des manifestations ou des grèves".
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