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Les populistes au pouvoir en Italie, Giuseppe Conte Premier ministre

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Les populistes au pouvoir en Italie, Giuseppe Conte Premier ministre

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L'Italie a depuis jeudi soir le premier gouvernement populiste de son histoire, dirigé par un inconnu, Giuseppe Conte, après une crise politique sans précédent entre le président italien et les chefs de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) et de la Ligue (extrême droite). Cette fois, le président Sergio Mattarella a validé la liste des membres de l'équipe gouvernementale âprement négociée par les deux alliés pour appliquer le programme anti-austérité et sécuritaire sur lequel ils s'étaient accordés il y a près de deux semaines. Dimanche, il avait mis un veto spectaculaire à une première liste, déjà présentée par Giuseppe Conte, 53 ans, professeur de droit totalement novice en politique, faute de garantie suffisante, avait-il expliqué, sur le maintien de l'Italie dans la zone euro. Les deux dirigeants des antisystème et de l'extrême droite, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, deviennent désormais vice-Premiers ministres, le premier chargé du Développement économique et du Travail, et le second de l'Intérieur, a annoncé dans la soirée Giuseppe Conte. Le ministère de l'Economie et des Finances revient à Giovanni Tria, un professeur d'économie politique proche des idées de la Ligue, en particulier sur la baisse radicale et la simplification des impôts, mais résolument en faveur du maintien de l'Italie dans l'euro. Paolo Savona, l'économiste de 81 ans au départ pressenti pour ce poste, mais qui faisait peur à l'Union européenne en raison de ses critiques sur l'euro et sur l'Allemagne, devient ministre des Affaires européennes. Et c'est le très européen Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant 20 ans à Bruxelles et a été ministre des Affaires européennes de Mario Monti et d'Enrico Letta (2011-2014), qui est placé aux Affaires étrangères. - "Conditions réunies" - Le gouvernement doit prêter serment vendredi à 16h00 (14h00 GMT). Les médias évoquent un discours de politique générale et un vote de confiance lundi et mardi dans les deux chambres du Parlement. "Le gouvernement du changement est devenu réalité", s'est réjoui M. Di Maio dans la soirée. Quelques heures plus tôt, après une après-midi de discussions concluant près de trois mois de tractations, MM. Di Maio et Salvini avaient annoncé dans un communiqué que "toutes les conditions" étaient réunies pour un gouvernement d'union. Dans la foulée, Carlo Cottarelli, chargé lundi de former un gouvernement d'experts après l'échec de la première tentative de M. Conte, avait remis son mandat au président jeudi soir, ouvrant la voie à la convocation de M. Conte. Ce dernier, un juriste inconnu des Italiens il y a encore quinze jours, quand il avait été choisi par MM. Di Maio et Salvini, avait encore assuré dans la matinée son cours de droit privé à Florence. Nommé il y a huit jours, il avait jeté l'éponge dimanche soir après le veto du président Mattarella à la nomination de l'économiste eurosceptique Paolo Savona au ministère de l'Economie. "Sans promettre de miracle, je peux dire que j'aimerais bien qu'après les premiers mois de ce gouvernement du changement, on ait un pays avec un peu d'impôts en moins et un peu de sécurité en plus, un peu plus d'emploi et un peu moins de clandestins", a lancé jeudi M. Salvini devant ses partisans, confirmant le ton de sa campagne, qui a vu la Ligue, alliée en Europe de Marine Le Pen, atteindre 17% aux élections législatives du 4 mars. Le chef de l'Etat italien, tout sourire jeudi soir au côté de M. Conte, peut respirer: la crise institutionnelle est derrière lui et samedi, il aura un chef de gouvernement non démissionnaire à ses côtés, à l'occasion de la fête nationale italienne. L'Italie sera également dûment représentée la semaine prochaine au sommet du G7 prévu au Canada, où aucun des chefs et de gouvernement présents n'a encore rencontré M. Conte. Et alors qu'une extrême incertitude a prévalu toute la journée de jeudi, les marchés financiers ont maintenu leurs gains de mercredi, avant une ouverture vendredi où les craintes des investisseurs pourraient renaître autour d'un programme de gouvernement qu'il jugent dangereux pour les comptes publics italiens.
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