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A Manille, un cours d'eau "poubelle" asphyxié par le plastique

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A Manille, un cours d'eau "poubelle" asphyxié par le plastique

A Manille, un cours d'eau "poubelle" asphyxié par le plastique
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Un bouclier de détritus cache l'Estero de Magdalena, un cours d'eau qui serpente dans un bidonville de Manille. La couche est si épaisse qu'on croirait pouvoir marcher dessus. Mais le patchwork fétide de bouteilles en plastiques, d'emballages de plats à emporter et de sacs en plastique ne forme qu'une couche poreuse flottant sur les eaux sales de cet affluent du Pasig, le plus grand fleuve de Manille, lui aussi lourdement pollué. Les autorités municipales accusent les habitants du bidonville de se servir de l'Estero de Magdalena comme décharge à ciel ouvert. Elles ont installé des barrages antipollution pour empêcher les déchets de descendre vers l'aval. Les gens "transforment les cours d'eau en poubelle", se lamente Lorenzo Alconera, des services de l’ingénierie de la capitale. "Nous voulons bloquer les déchets pour les ramasser plus aisément. On ne veut pas qu'ils s’écoulent dans le Pasig". Les déchets qui passent dans le fleuve finissent en mer de Chine méridionale ou refoulées par les marées dans le Laguna de Bay, le plus grand lac du pays. La pollution plastique est un grave problème dans l'archipel, qui, avec la Chine, l'Indonésie, la Thaïlande et le Vietnam, est l'un des plus grands responsables du fléau. Une grande partie de ce plastique finit dans la mer. La municipalité affirme qu'elle nettoie fréquemment le cours d'eau avec des équipements lourds. Ce qui ne console guère les familles pauvres qui vivent dans des cahutes faites de bric et de broc, dans une atmosphère propice à la propagation de maladies évitables comme le choléra et la fièvre typhoïde. En plus de la crainte des infections, les habitants doivent vivre avec une puanteur constante. "On ne peut pas dormir correctement à cause des ordures. Qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, il y a les odeurs", dit à l'AFP Marlyn Estrada Calderon, une vendeuse de 35 ans.
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