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Argentine: après l'accord avec le FMI, le gouvernement face à un défi social

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Argentine: après l'accord avec le FMI, le gouvernement face à un défi social

Argentine: après l'accord avec le FMI, le gouvernement face à un défi social
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En scellant un accord avec le FMI, l’Argentine a choisi la méthode douloureuse et impopulaire pour résoudre l’équation économique, et se trouve face à un autre défi: comment désamorcer la bombe à retardement sociale. Avant même qu'entre en vigueur la cure d'austérité visant à réduire le déficit de l'Etat, la pression des syndicats était croissante, avec de grandes mobilisations hebdomadaires, et une menace de grève générale. En annonçant que l'Argentine avait conclu un accord avec le FMI pour un prêt de 50 milliards de dollars, le ministre argentin de l'Economie Nicolas Dujovne a reconnu le risque de ralentissement de l'économie, sans parler de récession, et que l'inflation serait plus élevée que prévue. Et comme une des mesures du plan d'austérité sera la maîtrise des salaires, le mécontentement déjà fort risque de s'accentuer. - "Coût social élevé" - "Il faut dire stop, car c'est encore le peuple argentin qui va trinquer. C'est un accord pour garantir la spéculation financière, cela veut dire moins d'éducation, moins de santé. Nous sommes en train de payer tout ça, le coût social est très élevé", estime Roberto Baradel, dirigeant du syndicat enseignant Suteba. Le défi du gouvernement, dès le début de semaine prochaine, sera d'éviter une explosion sociale. Les syndicats espèrent obtenir la semaine prochaine un fléchissement de la position gouvernementale sur le plafonnement des hausses salariales à 15%, alors que l'inflation annuelle de 2018 pourrait égaler voire dépasser les 25% de 2017. "La priorité des syndicats est la défense du salaire réel, avant les autres préoccupations", observe le politologue Gabriel Puricelli. "C'est un contexte compliqué pour le gouvernement, dit-il. Ce programme risque de provoquer plus de vulnérabilité. S'il a un effet négatif sur la croissance, il y aura une conséquence sur la pauvreté, qui souffre déjà de l'inflation, et sur la conflictualité sociale". - Opposition divisée - Pour l'institut économique Capital Economics, l'accord Argentine-FMI "va aider à restaurer la confiance des investisseurs" mais "le plan d'ajustement ambitieux sera difficile à mettre en oeuvre. Les budgets 2019 et 2020 devront être approuvés par le parlement, où la coalition Cambiemos du président Macri ne détient que 40% des sièges". "On ne sait pas encore à quoi ressemblera le programme d'austérité, mais il comprendra probablement des coupes dans les salaires de la fonction publique", relève Capital Economics, qui craint que "l'accord soit remis en cause si un gouvernement populiste arrive au pouvoir" lors de la présidentielle de 2019. Les marchés redoutent avant tout un retour aux affaires de l'ex-présidente Cristina Kirchner, mais si elle dispose toujours d'un solide capital politique, environ 25-30% de l'électorat, les Argentins rejettent très majoritairement sa politique. Avant la crise du peso argentin d'avril-mai qui a conduit le gouvernement a recourir au FMI, le président de centre-droit Mauricio Macri filait vers une réélection confortable en octobre 2019. Sa cote de popularité baisse, mais il a jusqu'ici capitalisé sur les divisions au sein de l'opposition. Le gouvernement de Mauricio Macri a cependant reçu un premier avertissement au parlement fin mai. L'opposition péroniste, habituellement divisée, s'est unie pour adopter un projet de loi visant à revenir en arrière sur les hausses des factures d'électricité et de gaz, historiquement subventionnées, pour les indexer sur les hausses salariales, afin de protéger le pouvoir d'achat des usagers. M. Macri a aussitôt mis son veto à la loi, qui est restée sans effet. En début de semaine prochaine, les pourparlers entre le gouvernement et les syndicats doivent reprendre. Mais les positions sont très éloignées. L'accord avec le FMI ravive un traumatisme. Les Argentins ont un mauvais souvenir du Fonds, qu'ils jugent en partie responsable du défaut de paiement et de la crise économique de 2001, pour avoir soutenu les politiques libérales des années 1990, notamment la politique de parité peso-dollar, coûteuse et intenable à long terme.
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