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Elections mexicaines : entre violence et corruption

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Elections mexicaines : entre violence et corruption

Elections mexicaines : entre violence et corruption
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Les Mexicains sont appelés aux urnes dimanche 1er juillet pour des élections générales (présidentielle, législatives et locales). Ils doivent notamment élire leur nouveau président qui succédera, à Enrique Peña Nieto pour six ans. La campagne électorale est désormais terminée. Elle s’est déroulée dans un climat de violence sans précédent.

Cette élection est la plus dure qu’a connue le Mexique, un pays gangréné par la violence et la corruption. Selon Etellekt, un cabinet de consultant spécialisé sur la violence, près de 130 candidats ont été tués durant la campagne électorale.

LES CANDIDATS

Quatre candidats sont sur la dernière ligne droite. José Antonio Meade pour le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) de centre-droit, Ricardo Anaya pour le Parti d’action nationale (PAN), un parti conservateur, Andrés Manuel López Obrador pour la gauche mexicaine avec le Mouvement de régénération nationale (MORENA). Le Morena a passé une alliance avec un parti évangéliste anti-interruption de grossesse et anti-mariage de personnes du même sexe. Enfin, Jaime Rodríguez Calderón, "El Bronco", pour lui-même.

Ricardo Anaya du Parti d’action nationale (PAN), Andres Manuel Lopez Obrador du Mouvement de régénération nationale (MORENA), José Antonio Meade du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et le candidat indépendant Jaime Rodríguez Calderón.

"À défaut d’identités bien définies, les candidats confrontent violemment leurs personnalités respectives. Ce petit jeu, mêlant accusations de corruption et phrases assassines, sur fond de confusion idéologique et programmatique, a malgré tout permis la sélection d’un favori. Les derniers sondages convergent. Le favori de plus en plus mis en avant par les différents instituts et enquêtes est AMLO, Andrés Manuel López Obrador", explique Jean-Jacques Kourliandsky, Chercheur à l'IRIS sur les questions ibériques (Amérique latine et Espagne).

LES DÉFIS DU PROCHAIN GOUVERNEMENT MEXICAIN

Le nouvel exécutif sera confronté à la violence, la corruption, mais aussi aux attaques du président américain, Donald Trump.

Corruption et impunité

Si la corruption est omniprésente dans la sphère politique mexicaine, elle est aussi rarement punie. La lutte contre l’impunité judiciaire devrait être l’une des priorités du prochain gouvernement : "Corruption et impunité touchent toute la classe politique, sans distinction de partis. Les cas de corruption sont nombreux et présents dans tous les partis. Détournement de fonds publics, administration frauduleuse, escroquerie… Tous les partis comptent certains de leurs membres qui ont déjà volé d’une manière ou d’une autre", explique à euronews, l’analyste et politologue mexicain, Carlos Calleja.

Guerre contre la drogue et violence

L'augmentation de la violence dans tout le pays est le plus lourd bagage laissé par le gouvernement d’Enrique Peña Nieto.

Pour Carlos Calleja : "Aucun candidat n'a proposé de véritable solution pour lutter contre le trafic de drogue et la violence qu’il engendre. Les candidats ne savent pas quelle sera leur stratégie. Certains pensent qu’il faut pardonner, d’autres qu’il faut combattre les trafiquants… Mais personne ne dit de quelle façon s’y prendre. Il n’y a pas de message clair sur cette question".

Selon les chiffres officiels du secrétariat pour la Sécurité, relevant du ministère mexicain de l’Intérieur, le Mexique a enregistré 25 339 homicides en 2017, ce qui en fait le l’État le plus sanglant au monde après la Syrie.

Le mur de Donald Trump

Le président américain avait promis pendant sa campagne électorale de faire construire un mur sur 3 000 kilomètres de frontière avec le Mexique. Environ un tiers de cette frontière comporte déjà une forme de barrière ou un mur, comme c'est notamment le cas aux alentours de San Diego.

Le locataire de la Maison Blanche avait aussi assuré que le Mexique paierait pour la construction de ce mur même si le gouvernement mexicain s'y refuse catégoriquement.

"NON. Le Mexique ne paiera JAMAIS pour un mur. Ni maintenant, ni jamais. Cordialement, le Mexique (nous tous)", a écrit récemment sur Twitter l’actuel président mexicain, Enrique Peña Nieto.

Donald Trump a riposté en n'excluant pas de financer la construction du mur par la mise en place d’une taxe de 20 % sur les produits mexicains importés.