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Crise politique à Madagascar: la présidentielle fixée aux 7 novembre et 19 décembre

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Crise politique à Madagascar: la présidentielle fixée aux 7 novembre et 19 décembre

Crise politique à Madagascar: la présidentielle fixée aux 7 novembre et 19 décembre
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Le Premier ministre malgache Christian Ntsay a annoncé vendredi que l'élection présidentielle aurait lieu les 7 novembre et 19 décembre prochains, avec l'espoir qu'elle permette d'apaiser les tensions qui opposent le régime à ses adversaires. "La décision prise par le gouvernement est de tenir le premier tour de l'élection présidentielle le 7 novembre", a déclaré le chef du gouvernement de "consensus" devant la presse. Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue dès ce premier tour de scrutin, les électeurs seront convoqués pour un second tour le 19 décembre, a ajouté M. Ntsay. "J'espère que la sortie de ces dates sera un moyen pour renforcer l'apaisement politique et nous mener vers une vraie élection qui va résoudre le problème de Madagascar" et lui permettre de "s'acheminer progressivement vers la paix sociale", a souhaité le Premier ministre. La Grande île de l'océan Indien est secouée depuis fin avril par une crise ouverte entre le président Hery Rajaonarimampianina et l'opposition, qui l'accuse de vouloir la museler. Pendant deux mois, des manifestants ont occupé l'emblématique place du 13-Mai, à Antananarivo, pour exiger sa démission. La situation s'est apaisée avec la nomination début juin d'un Premier ministre dit de "consensus", Christian Ntsay, et l'entrée de l'opposition dans le gouvernement, sur requête de la Haute Cour constitutionnelle (HCC). La plus haute instance judiciaire du pays avait aussi exigé que l'élection présidentielle soit organisée d'ici la fin de la saison sèche, c'est-à-dire d'ici septembre-octobre, et non plus à la toute fin 2018 comme initialement prévu. Elle n'a pas été suivie par le gouvernement, qui a confirmé bon an mal an le calendrier original. Les dates ont été arrêtées "après avoir examiné la proposition" de la Commission électorale indépendante et après "avoir pris en compte la position des uns et des autres", a assuré vendredi Christian Ntsay. Le parti présidentiel HVM a pris acte du nouveau calendrier. "Ces dates sont bien cadrées dans la légalité et nous respectons tout ce qui est légal", a réagi son patron, Rivo Rakotovao. Unis pendant la fronde par leur seul rejet du président, les deux principaux partis de l'opposition se déchirent à nouveau depuis la formation du nouveau gouvernement. - Dissensions - Le parti Tim de l'ex-président Marc Ravalomanana reproche au parti Mapar de l'ancien chef de l'Etat Andry Rajoelina d'avoir trahi les manifestants de la place du 13-Mai en rejoignant le gouvernement de "consensus". Les dates du scrutin présidentiel annoncées vendredi leur ont fourni un nouveau motif de querelle. "On ne peut que féliciter le gouvernement pour ces dates. Il a assez de temps maintenant pour faire les préparatifs", a souligné une députée Mapar, Jocelyne Rahelihanta. "C'est vrai que c'est en période cyclonique, mais on a déjà tenu d'autres élections en période cyclonique, en 2013 notamment", a-t-elle ajouté. "Ces dates ne nous conviennent pas du tout car il faut d'abord changer les membres de la Commission électorale nationale", a pour sa part déploré son collègue du parti Tim, Félix Marie Louis Randriamandimbisoa. "Les prochaines élections ne vont donc pas ramener la paix au pays", a-t-il poursuivi. Le président Rajaonarimampianina, élu en 2013, n'a pas encore annoncé s'il briguerait ou non un second mandat. En revanche, les deux frères ennemis de l'opposition - Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, et Andry Rajoelina, au pouvoir de 2009 à 2014 - ont déjà laissé entendre qu'ils étaient prêts à se lancer dans la bataille. Le second s'est déjà lancé dans la course, en multipliant ces derniers jours les réunions publiques dans le pays. "Un certain candidat est déjà en campagne avant même la sortie de la date de l'élection", s'est d'ailleurs plainte vendredi la députée du Tim Hanitriniaina Razafimanantsoa. "Pourquoi ni le gouvernement, ni la Commission électorale n'ont réagi à cette infraction ? C'est pour ça qu'il faut instaurer une vraie commission électorale impartiale", a-t-elle insisté. La bataille électorale semble donc déjà lancée, en tout cas dans les rangs de l'opposition.
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