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Mondial-2018: "Tout sauf l'Angleterre", la rivalité footbalistique au Royaume-Uni a la vie dure

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Mondial-2018: "Tout sauf l'Angleterre", la rivalité footbalistique au Royaume-Uni a la vie dure

Mondial-2018: "Tout sauf l'Angleterre", la rivalité footbalistique au Royaume-Uni a la vie dure
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Pour les fans de foot d'Écosse, du pays de Galles ou d'Irlande, c'est depuis toujours "tout sauf l'Angleterre". Un sentiment qu'il leur est difficile de ravaler pour se ranger derrière la formation de Gareth Southgate, qui affrontera mercredi la Croatie en demi-finale du Mondial de Russie. Le Royaume-Uni a beau être réuni sous la même bannière aux Jeux olympiques, c'est autre chose quand il s'agit du football ou du rugby, où chacun joue pour soi. L'Angleterre est la nation dominante au Royaume-Uni, avec plus de ressources, de joueurs et de succès sportifs que ses voisins, et ça énerve. Déjà lors de la Coupe du monde de 2006, le champion de tennis écossais Andy Murray avait touché une corde sensible en déclarant qu'il soutiendrait "tout sauf l'Angleterre", provoquant l'ire des fans anglais. La progression des "Trois Lions" en Russie au lieu de susciter l'admiration ou un sentiment d'unité nationale a au contraire suscité les commentaires ironiques des responsables politique écossais. La Première ministre Nicola Sturgeon, chef du Parti national écossais (SNP), a tweeté une photo d'elle brandissant une réplique du trophée de la Coupe du monde, avec la phrase "C'est déjà à la maison (bon, on peut rêver!!)". Avant de féliciter l'Angleterre pour sa victoire 2-0 contre la Suède en quarts de finale. Ian Blackford, leader du SNP au Parlement de Westminster, a révélé qu'il soutenait le Pérou mais a affirmé qu'il offrirait "ses félicitations chaleureuses" en cas de victoire anglaise en finale. Son parti a même été accusé de faire traîner les débats au parlement le 3 juillet pour empêcher les députés anglais de regarder le match contre la Colombie. - Désobéissance - Dans les colonnes du journal écossais pro-indépendance The National, l'éditorialiste Carolyn Leckie a mis son entrain à soutenir n'importe quelle équipe sauf celle de l'Angleterre sur le compte du "déséquilibre structurel" d'un Royaume-Uni "dysfonctionnel". "Je suis un peu amère de voir des gens qui veulent désespérément passer pour tolérants et ouverts d'esprit exiger que nous montrions tous combien nous sommes adultes et ouverts d'esprit en encourageant l'Angleterre", a-t-elle écrit, ajoutant: "Mercredi, je désobéirai et soutiendrai la modeste Croatie." Au pays de Galles, la découverte de drapeaux anglais peints sur des routes galloises avant le quart de finale contre la Suède a ravivé la rivalité avec l'équipe d'Angleterre. Le fan gallois Elis Anwyl, 22 ans, raconte avoir déployé devant chez lui les drapeaux de tous les adversaires de l'Angleterre. "Tous mes amis trouvent que c'est marrant, mais plusieurs personnes m'ont envoyé des messages, on m'a même traité de moins que rien", a-t-il confié à un journal local. A l'inverse, la radio BBC Wales a été obligé d'effacer un tweet demandant à ses auditeurs "Sommes-nous tous Anglais maintenant?" et de s'excuser face aux réactions négatives reçues. La Fédération de foot galloise a notamment répondu: "Nous sommes encore Gallois et vous?" Même scénario pour la BBC Ulster, dont le présentateur Stephen Nolan, né à Belfast, a senti le vent du boulet après avoir tweeté "Je ne me suis jamais senti autant Anglais" au début du tournoi. Malgré toutes ces réactions épidermiques, l'humilité de l'entraîneur anglais Gareth Southgate a réussi à rendre l'équipe anglaise plus sympathique que par le passé. Mais est-ce suffisant pour mettre fin aux rivalités ancestrales?
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