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Allemagne: cinq moments clés de l'affaire Özil

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Allemagne: cinq moments clés de l'affaire Özil

Allemagne: cinq moments clés de l'affaire Özil
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De la rencontre avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à son départ de la sélection allemande: retour sur plus de deux mois de polémique concernant le footballeur Mesut Özil.

- La photo -

Les footballeurs allemands d'origine turque Mesut Özil (Arsenal) et Ilkay Gündogan (Manchester City) rencontrent M. Erdogan à Londres le 13 mai 2018, dans le cadre, selon Özil, d'un gala de charité. Ils remettent au président turc des maillots dédicacés de leurs équipes respectives.

L'utilisation des photos dans le cadre de la campagne électorale d'Erdogan en vue des élections turques du 24 juin, déclenche une polémique qui durera des semaines, l'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) s'en saisit mais aussi des médias de premier plan, comme le tabloïd Bild qui s'interroge à quelques semaines du Mondial sur le patriotisme du joueur de 29 ans né en Allemagne et champion du monde en titre.

- Löw, le président et la chancelière -

Les deux joueurs "regrettent fortement" d'avoir posé avec Erdogan, affirme le 15 mai le sélectionneur allemand Joachim Löw, intervenu pour mettre un terme au débat. Il défend aussi les deux hommes: "J'ai un peu de compréhension pour ces joueurs issus de l'immigration, qui ont deux cœurs dans une seule poitrine. Ce n'est pas toujours simple. Les deux ont beaucoup fait pour l'intégration en Allemagne".

De son côté le président de la Fédération allemande Reinhard Grindel leur pardonne du bout des lèvres, estimant que "l'erreur est humaine".

Quelques jours plus tard, Mesut Özil et Ilkay Gündogan rencontrent Frank-Walter Steinmeier, le chef de l'Etat allemand. "Il était important pour eux deux d'évacuer les malentendus créés", indique le président sur Facebook.

Début juin lors d'une interview télévisée, la chancelière Angela Merkel vient elle à la rescousse des deux footballeurs après des sifflets et des insultes de supporteurs. "Ils appartiennent à l'équipe nationale et je me réjouirais que les fans les applaudissent aussi", lâche-t-elle.

- Une légende du foot attaque -

Deux jours après la défaite de l'Allemagne lors de son premier match du mondial contre le Mexique (1-0), le capitaine des champions du monde 1990, Lothar Matthäus, devenu chroniqueur influent chez Bild, s'en prend à Mesut Özil et doute de son engagement pour l'Allemagne.

"Avec Özil, j'ai souvent l’impression qu'il ne se sent pas bien sur un terrain dans le maillot de l'équipe nationale. [...] Il aurait bien fait, après l'erreur des photos avec Erdogan, d'affirmer son attachement à l'Allemagne", attaque-t-il.

Un autre ancien international allemand, Mario Basler fustige aussi le joueur d'origine turque, estimant qu'il a le niveau de jeu "d'une grenouille morte".

Le 23 juin, Özil est remplaçant lors de la victoire in extremis face à la Suède (2-1).

- Les critiques après l'élimination -

L’Allemagne est éliminée du Mondial par la Corée du Sud (2-0) lors du dernier match de poules, le 27 juin, un naufrage collectif à l'issue duquel Löw reste néanmoins en place. Les critiques les plus violentes visent de nouveau Özil, pilier de l'équipe et protégé du sélectionneur. A chaque fois, l'affaire Erdogan revient à la Une.

Neuf jours plus tard, le manager général de la sélection, Oliver Bierhoff, s'emmêle les pinceaux. Il affirme d'abord qu'il aurait fallu se "passer" d'Özil en raison de la polémique, avant de rétro-pédaler et d'invoquer uniquement des "raisons sportives".

Le père de Mesut Özil, Mustafa, réagit aux critiques: "Cette déclaration est une insulte". Il suggère à son fils de claquer la porte de la Mannschaft.

- Özil quitte la Mannschaft -

Dans un communiqué de quatre pages au vitriol publié dimanche, Mesut Özil annonce sa retraite internationale, accuse le président de la fédération allemande de "racisme" et justifie sa rencontre "sans aucune intention politique" avec M. Erdogan.

La polémique fait de nouveau rage, Bild, reprend de nouveau la tête des critiques en dénonçant "les jérémiades décousues" d'Özil et son soutien à un "despote".

A nouveau la chancelière vient à la rescousse du joueur: "Mesut Özil est un joueur de foot qui a beaucoup fait pour l'équipe nationale. Mesut Özil a désormais pris une décision qui doit être respectée", a dit lundi Ulrike Demmer, porte-parole d'Angela Merkel.

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