Désillusions des jeunes du Burkina Faso à la veille du sommet France-Afrique

Archives : le président français, Emmanuel Macron, lors d'une visite à l'université de Ouagadougou, au Burkina Faso, le 28 novembre 2017
Archives : le président français, Emmanuel Macron, lors d'une visite à l'université de Ouagadougou, au Burkina Faso, le 28 novembre 2017 Tous droits réservés LUDOVIC MARIN / AFP
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Quatre ans après un discours à Ouagadougou du président Macron qui promettait une rupture dans la politique française en Afrique, les jeunes du pays sont amers, alors qu'un somment France-Afrique, dédié à la jeunesse engagée dans l’avenir de cette relation, doit se tenir ce vendredi à Montpellier.

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Le sommet Afrique-France ce vendredi sera-t-il l'occasion d'une refondation des relations entre l'Afrique et la France ? Au Burkina Faso, la jeunesse semble plus que dubitative.

C’était il y a près de 4 ans, le 28 novembre 2017, à l’université de Ouagadougou. David Saba, qui était étudiant à l’époque nous emmène dans l’amphithéâtre où Emmanuel Macron avait prononcé un discours promettant une rupture dans la politique française en Afrique devant environ 800 étudiants.

Mais aujourd’hui, quatre ans plus tard, l'heure est au désenchantement sur le campus, alors qu'un nouveau sommet France-Afrique, centré sur la jeunesse, doit se tenir à Montpellier ce 8 octobre.

"La France veut toujours rester. Elle n’a même pas intérêt à quitter l’Afrique__. Pas du tout, elle veut rester !", déclare ainsi le jeune homme qui est aujourd'hui journaliste. "Mais comment rester face à une jeunesse aujourd’hui qui est éveillée, consciente ? Donc, il faut trouver nécessairement une autre forme de rester", ajoute-t-il.

Cette nouvelle relation entre la France et l’Afrique, certains étudiants comme Lianhoue l’attendent toujours. L’intervention militaire française au Sahel ou la rapidité avec laquelle Emmanuel Macron s’est rendu au Tchad pour adouber le nouveau président en avril dernier, est perçue comme du néocolonialisme.

"La grande annonce de rupture n’a pas été faite" explique ainsi Lianhoue. Le doctorant poursuit : "Je pense que la France a d’ailleurs tenté de se désengager militairement pour revenir, se dédire et se réengager encore sous prétexte que ce sont les Etats qui sont demandeurs, alors que l’idée c’était de mettre les Etats africains face à leurs responsabilités de nations matures qui doivent eux-mêmes assumer leurs problèmes, plutôt que de les déléguer à d’autres peuples, à d’autres citoyens pour qu’ils les résolvent à leur place."

Alors que la politique africaine d’Emmanuel Macron est loin de faire l'unanimité, le sommet de ce vendredi à Montpellier, dont l'objectif est de "réinventer la relation" entre l'Afrique et la France, se tiendra sans la présence des chefs d’Etat, qui n’ont pas été invités. Les seuls participants seront des jeunes d'Afrique et de la diaspora.

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