Tensions russo-ukrainiennes : des négociations sont prévues avec Washington

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Par euronews
Des militaires ukrainiens se rendent à pied sur la ligne de front avec les séparatistes soutenus par la Russie, Donbass, 27/12/2021
Des militaires ukrainiens se rendent à pied sur la ligne de front avec les séparatistes soutenus par la Russie, Donbass, 27/12/2021   -   Tous droits réservés  Andriy Andriyenko/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

S'entraîner à défendre leur pays en cas d'invasion russe, c'est la mission qu'ont relevé une cinquantaine de civils ukrainiens dans une usine abandonnée juste à l'extérieur de Kiev. Le scénario était le suivant : des troupes russes factices tendent une embuscade à des réservistes de l'armée ukrainienne. Les tirs de kalachnikovs fusent et les grenades fumigènes factices explosent autour d'eux.

Dans les rangs de ces réservistes, des architectes, des chercheurs, des commerciaux comme Maryana Zhyglo qui rappelle que l'Ukraine a déjà été victime d'une invasion russe :

"Je pense qu'il pourrait y avoir un autre cycle dans cette agression. Alors nous nous entraînons maintenant de manière plus intensive. Mais j'espère que nous n'utiliserons pas ces compétences".

"Je vis avec l'idée que tant que nous n'aurons pas donné un bon coup de poing à la Russie, elle ne nous laissera pas tranquille", explique Denys Semyrog-Orlyk, sergent junior de réserve. "Ça fait 8 ans. Ils "achèvent" toujours les faibles. Si nous ne résistons pas, cette invasion va se poursuivre pendant longtemps."

En Russie, Moscou vient d'annoncer que 10 000 soldats russes étaient rentrés dans leurs bases après un mois d'entraînement dans le sud, près de la frontière ukrainienne. Les États-Unis, l'OTAN et l'Ukraine dénoncent le déploiement de dizaines de milliers de soldats russes le long de cette frontière.

Le président russe Vladimir Poutine nie préparer une invasion, mais veut la garantie que l'OTAN ne s'étendra pas plus à l'Est alors que l'Ukraine veut y adhérer. 

Dans l'opinion publique russe, peu semble favorable à une grande guerre avec Kiev.  Selon Andrei Kolesnikov, du Centre Carnegie, les Russes ne sont pas prêts à faire les sacrifices qu'exige une grande guerre. Des recherches ont montré que les plus grandes inquiétudes des Russes aujourd'hui portent sur la santé et l'économie, et la menace d'une nouvelle guerre mondiale. 

"La guerre est une perte de temps coûteuse et insensée. Les jeunes qui soutiennent la paix seront de plus en plus nombreux à l'avenir. Le conflit passera, j'en suis sûre" explique Diana Shilova, habitante de Saint-Pétersbourg.

Environ la moitié des Russes pensent que l'aggravation de la situation avec Ukraine est causée par les États-Unis et l'OTAN. Seuls 4% d'entre eux pensent que Moscou en est le responsable. 

Selon la Maison Blanche, des réunions de négociations sont prévues le 10 janvier entre Washington et Moscou, puis le 12 entre la Russie et l'OTAN et le 13 janvier avec l'OSCE.

Sources additionnelles • AP, AFP