Les 60 ans des accords d'Evian ravivent le passé douloureux de la guerre d'Algérie

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Par Euronews
L'ancien hôtel du Parc où les accords d'Évian ont été conclus le 18 mars 1962.
L'ancien hôtel du Parc où les accords d'Évian ont été conclus le 18 mars 1962.   -   Tous droits réservés  JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP or licensors

C'est en France, sur les rives paisibles du lac Léman, qu'a été scellé en partie le conflit entre l'armée française et les indépendantistes algériens. Les accords d'Evian, signés le 18 mars 1962, proclamaient un cessez-le-feu et ouvraient la voie à l'indépendance de l'Algérie après 130 années de colonisation et huit années d'une guerre sanglante.

Soixante ans plus tard, dans cette ville plantée au pied des Alpes, il ne reste pas forcément de traces de ces accords historiques : "Dans la ville d’Evian il n’y a pas d’endroit qui rappelle la signature des accords puisque ils ont été signés dans un hôtel, l’hôtel du Parc qui est maintenant un immeuble privé", explique la maire d'Aix-les-Bains, Josiane Lei. "Le seul endroit où l’on pourrait voir cette vie de 1961, c’est derrière la mairie, l’ancien hôtel où le maire Camille Blanc a été assassiné."

A l'image de l'assassinat du maire de l'époque par l'OAS (Organisation de l'Armée Secrète), ce cessez-le-feu du 18 mars puis le référendum du 8 avril 1962 instigué par le Général De Gaulle n'ont pas suffi à apaiser les tensions. Pour l'OAS, ces accords d’Evian étaient vécus comme un véritable affront et pour l'Armée de Libération Nationale (ALN) ce n'était qu'une étape vers l'indépendance de l'Algérie.

Evian, seulement une étape

"Pour nous, soldats, officiers et commandants, le 19 mars était un jour ordinaire qui ne méritait pas d'être mentionné, car nous étions toujours dans une guerre en cours. Sauf que les accords d'Evian donnaient la date du référendum - le 3 juillet - et la date de l'indépendance - le 5 juillet 1962 ", raconte Mohamed Mokrani, ancien membre de l'ALN.

Soixante ans plus tard, les accords d'Evian continuent de faire débat car le conflit a fait encore de nombreuses victimes jusqu'à l'indépendance de l'Algérie en juillet 1962. Cet anniversaire, célébré ce samedi par Emmanuel Macron, est une occasion pour le président français de "réconcilier les mémoires". Son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, espère que cette commémoration va permettre d'aborder enfin de manière "équitable" cette période de l'histoire et que les "crimes de la colonisation française ne seront pas prescrits".