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Guerre en Ukraine : après avoir fui Marioupol, une habitante témoigne

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Par Anelise Borges
Natalya est née et a vécu toute sa vie à Marioupol, qu'elle a dû fuir pour survivre.
Natalya est née et a vécu toute sa vie à Marioupol, qu'elle a dû fuir pour survivre.   -   Tous droits réservés  Anelise Borges   -  

"_Je suis née et j'ai vécu à Marioupol toute ma vie. _Il faisait si beau ces derniers temps. C'était une ville où l'on pouvait vivre. Nous avions la mer… Tout allait bien. J'aime tellement la mer. Je ne la reverrai plus jamais".

C'est avec émotion que Natalya se rappelle Marioupol. Abritant autrefois plus de 500 000 personnes, la ville portuaire est aujourd'hui en ruine, après un mois de bombardements russes.

Natalya en a été témoin depuis le sous-sol de sa maison : "C'était juste au-dessus de nos têtes. Les avions volaient à partir de 3 heures du matin. On entendait un avion passer toutes les 10 minutes. Je suppose qu'une partie de notre système de défense était à proximité. Ils tiraient, et à chaque fois qu'ils touchaient une cible, tout tremblait. Nous étions assis là, à nous dire que le prochain tir était pour nous".

Natalya a survécu 20 jours sans électricité, sans eau courante et avec très peu de nourriture. Nombre de ses voisins n'ont pas eu cette chance : "La maison à côté de la notre a été frappée par une bombe. Elle a été détruite et notre voisin est resté sous les ruines. Deux autres voisins sont allés le sauver, mais ils ont été tués par des bombardements".

C'était l'enfer. J'avais l'impression d'être dans un jeu d'ordinateur. Je n'arrive toujours pas à croire que c'est arrivé
Viktor
Habitant de Marioupol

La plupart des couloirs humanitaires ne permettant pas d'évacuer tous les civils, son gendre, Viktor, a pris la décision de sauver Natalya. Il n'était pas préparé à ce qu'il a vu dans la rue : "_90% des bâtiments ont été touchés, la moitié d'entre eux ont été incendiés. Il y avait beaucoup de chiens dans la rue, on les voyait errer à la recherche de nourriture. Il y avait des tas de déchets. J'ai vu deux corps. L'un était couvert et l'autre était un homme. Ils étaient juste allongés par terre. _J'avais l'impression d'être dans un jeu ou quelque chose comme ça. Comme un jeu d'ordinateur. Je n'arrive toujours pas à croire que c'est arrivé".

Viktor témoigne à visage caché : il craint de ne pas avoir accès aux zones sous contrôle russe dans les semaines à venir. Quant à la ville de Mariupol, elle ne sera pas reconstruite selon lui.