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Rencontre inédite en Israël entre les chefs de la diplomatie israélien, américain et de pays arabes

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Par avec AFP
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Rencontre inédite en Israël entre les chefs de la diplomatie israélien, américain et de pays arabes
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Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et ses homologues d'Israël et de quatre pays arabes ont conclu lundi une rencontre inédite sur le sol israélien visant à renforcer leur coopération, l'Etat hébreu parlant d'un message fort à l'Iran, un "ennemi commun".

Réunis à Sde Boker, un kibboutz du désert du Néguev (sud) où repose la dépouille du fondateur d'Israël David Ben Gourion, les chefs de la diplomatie des Etats-Unis, d'Israël, d'Egypte, du Maroc, des Emirats arabes unis et de Bahreïn ont tous condamné l'attaque du groupe jihadiste Etat islamique dimanche à Hadera (nord) dans laquelle deux policiers dont une Franco-israélienne ont été tués.

Lors d'une conférence de presse commune, Israël a exprimé principalement ses craintes d'un possible retour à un accord de 2015 encadrant le programme nucléaire de l'Iran auquel il s'oppose.

Les représentants des pays arabes et des Etats-Unis ont eux insisté sur l'importance de renforcer la coopération multilatérale et de résoudre le conflit israélo-palestinien.

"Nous écrivons ici l'histoire, bâtissons une nouvelle architecture basée sur le progrès, la technologie, la tolérance religieuse, la sécurité et le renseignement (...) Cela intimide, dissuade nos ennemis communs, en premier lieu l'Iran", a déclaré le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid.

- "N'avez-vous pas oublié quelqu'un?" -

La rencontre à Sde Boker a tourné autour de la question de l'accord de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique en échange de la levée des sanctions internationales, et que les Occidentaux veulent ressusciter, selon des sources diplomatiques.

Les Etats-Unis et l'Iran, engagés dans des pourparlers indirects, cherchent à relancer ce pacte qui s'est délité après le retrait unilatéral américain en 2018. Téhéran s'est, en représailles, progressivement affranchi des limites imposées à son programme nucléaire.

Israël, considéré par les experts comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, affirme craindre de voir l'Iran, son ennemi juré, profiter de l'accord pour se doter en douce de l'arme nucléaire. L'Iran a toujours démenti chercher à se doter d'une telle bombe.

"Tous les pays ici exceptés les Etats-Unis ont des réserves sur un accord nucléaire avec l'Iran et nous les avons rapprochés de notre position", a affirmé à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable israélien.

Au côté de Yaïr Lapid, M. Blinken a plutôt insisté sur les "gains" liés à la normalisation en 2020 entre Israël, les Emirats, Bahreïn et le Maroc, qui selon lui ne doivent pas faire oublier le conflit israélo-palestinien.

La normalisation "n'est pas un substitut" à des "progrès" entre Israéliens et Palestiniens, a-t-il dit, réaffirmant son soutien à la solution à deux Etats, une Palestine viable au côté d'Israël.

Les négociations de paix israélo-palestiniennes sont au point mort depuis des années.

Une poignée de personnes ont manifesté face à l'hôtel où s'est déroulée la rencontre du Néguev, avec des pancartes en hébreu, arabe et anglais avec l'inscription "N'avez-vous pas oublié quelqu'un?", en allusion aux Palestiniens.

Ces derniers dans leur ensemble ont fustigé le processus de normalisation avec Israël, estimant que cela ne devrait intervenir qu'après un règlement du conflit israélo-palestinien.

Dimanche, Anthony Blinken avait rencontré Mahmoud Abbas en Cisjordanie. Le président de l'Autorité palestinienne a appelé les États-Unis à mettre en oeuvre leur engagement en faveur de la solution à deux États.

- Abdallah II chez Abbas -

Le jour de la rencontre du Néguev, le président palestinien Mahmoud Abbas s'est entretenu avec Abdallah II à Ramallah en Cisjordanie, un déplacement rare du roi jordanien dans ce territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

La Jordanie a conclu la paix avec Israël en 1994, 15 ans après l'Egypte, premier pays arabe à signer un tel traité en 1979.

La visite d'Abdallah II, intervenant avant le ramadan, le mois du jeûne musulman devant débuter en fin de semaine, est vue comme une tentative d'apaiser les tensions.

"La région ne peut pas jouir de sécurité ou de stabilité sans une solution juste et globale à la question palestinienne", a affirmé lundi le roi jordanien au président Abbas, qui avait reçu M. Blinken dimanche, d'après l'agence officielle palestinienne Wafa.

L'an dernier, des heurts entre forces israéliennes et manifestants palestiniens pendant le ramadan avaient provoqué une guerre de 11 jours entre les islamistes palestiniens du Hamas et Israël.

Ces tractations diplomatiques ont eu lieu en outre au lendemain de l'attaque de Hadera.

"Notre présence ici est la meilleure réponse à cette attaque", a déclaré le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita, appelant à ce que fleurisse un "esprit du Néguev, celui de la coexistence".