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L'Ukraine fustige les appels russes à "pendre" les combattants d'Azov

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Par Euronews  avec AFP
Des parents de combattants ukrainiens détenus manifestent à Kyiv, samedi 30 juillet 2022.
Des parents de combattants ukrainiens détenus manifestent à Kyiv, samedi 30 juillet 2022.   -   Tous droits réservés  AP Photo/David Goldman   -  

L'Ukraine a dénoncé samedi les appels russes à "pendre" ou infliger une autre "mort humiliante" aux combattants du régiment ukrainien Azov au lendemain d'une frappe contre une prison où étaient détenus certains d'entre eux qui a fait plus de 50 morts.

"Lisez ceci quand ils vous disent que la Russie ne doit pas être isolée. Il n'y a aucune différence entre les diplomates russes appelant à l'exécution des prisonniers de guerre ukrainiens et les troupes russes le faisant à Olenivka. Ils sont tous complices de ces crimes de guerre et doivent en être tenus responsables", a déclaré sur Twitter le porte-parole de la diplomatie ukrainienne Oleg Nikolenko.

Il réagissait au tweet posté vendredi soir en anglais de l'ambassade russe au Royaume-Uni qui indiquait :"Les combattants d'Azov méritent d'être exécutés, mais pas par un peloton d'exécution, par pendaison. Ce ne sont pas de vrais soldats. Ils méritent une mort humiliante."

Attaque de la prison d'Olenivka : Moscou et Kyiv s'accusent mutuellement

Le président ukrainien a qualifié vendredi soir de "crime de guerre russe délibéré" le bombardement vendredi d'une prison à Olenivka, dans la région de Donetsk, sur le territoire occupé dans l'est de l'Ukraine.

Dans un premier temps, c'est Moscou qui avait mis en cause Kyiv, le comité d'enquête russe ayant accusé les forces ukrainiennes d'avoir "tiré sur la prison où sont détenus les membres du régiment Azov, utilisant des projectiles américains du système Himars" (lance-roquettes multiples).

Le régiment Azov s'était illustré dans la défense de Marioupol, port stratégique du sud-est de l'Ukraine. Après de longues semaines de siège et de résistance sur le site sidérurgique d'Azovstal, quelque 2.500 combattants ukrainiens s'étaient rendus en mai à l'armée russe.

Le chargé des droits humain ukrainien Dmytro Loubinetsk a pour sa part annoncé samedi avoir demandé à la Croix-Rouge, qui avait supervisé le retrait des défenseurs d'Azovstal, d'avoir accès à Olenivka. Selon lui, le CICR n'a "pour l'instant" pas obtenu l'autorisation des Russes.

"Actuellement, nous ne pouvons analyser que la vidéo que nous avons. Premièrement, cette caserne a été construite séparément - pour nous, c'est un indicateur qu'il s'agissait d'une opération militaire russe préméditée. Selon les données préliminaires, nous supposons que l'explosion s'est produite à l'intérieur", a-t-il dit à la télévision nationale.

Selon lui, cette version est confirmée par le fait que "la caserne située à proximité n'a pas été endommagée, même les fenêtres n'ont pas été brisées. De même, par miracle, les soldats russes n'ont pas été blessés", a-t-il poursuivi.

L'ambassadrice britannique en Ukraine Melinda Simmons a pour sa part appelé à "une investigation" sur ce qui s'est produit à Olenivka.

"Cela semble faire partie d'un schéma de plus en plus inquiétant des pires types de violations des droits humains, et éventuellement de crimes de guerre, commis en toute impunité dans l'est occupé de l'Ukraine", a-t-elle écrit dans un tweet.

Les proches des combattants ukrainiens détenus s'inquiètent

Au lendemain de l’attaque de la prison, des parents de soldats ukrainiens capturés ont organisé une manifestation à Kyiv. Ils exigent des informations sur la situation de leurs proches.

"Mon fils est en captivité, dit Iryna. Mon fils se trouvait là. Je ne sais pas comment il va, où il est, s'il est vivant ou non. Je n'en sais rien. C'est horrible, vraiment horrible. Perdre son enfant est la plus grande des pertes pour une mère."