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Après avoir manqué une convocation, l'ambassadeur des États-Unis a appelé Jean-Noël Barrot

L'ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, donne une conférence de presse à l'occasion du 250e anniversaire des États-Unis l'année prochaine, à Paris, le jeudi 4 décembre 2025.
L'ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, donne une conférence de presse à l'occasion du 250e anniversaire des États-Unis l'année prochaine, à Paris, le jeudi 4 décembre 2025. Tous droits réservés  AP Photo/Christophe Ena
Tous droits réservés AP Photo/Christophe Ena
Par Emma De Ruiter
Publié le Mis à jour
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Le ministère français des Affaires étrangères avait convoqué l'ambassadeur des États-Unis, Charles Kushner, pour qu'il s'explique sur les commentaires de l'administration Trump concernant la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque.

Quelques heures après avoir ignoré une convocation de la France, l'ambassadeur des États-Unis Charles Kushner décide de calmer le jeu. Ce mardi 24 février, il a contacté Jean-Noël Barrot et s'est engagé à ne pas interférer dans le débat public français, comme le lui reprochait Paris, la veille.

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Le ministre français des Affaires étrangères "a rappelé les raisons qui avaient conduit à une convocation : la France ne peut accepter quelque forme d'ingérence ou d'instrumentalisation de son débat public national par les autorités d'un État tiers", a indiqué l'entourage du ministre, en référence aux commentaires de Charles Kushner sur la mort de Quentin Deranque, militant d'extrême droite.

"L'ambassadeur a pris acte, exprimé sa volonté de ne pas interférer dans notre débat public et rappelé l'amitié qui lie la France et les États-Unis", a indiqué la même source alors que Jean-Noël Barrot avait estimé, plus tôt, qu'une explication s'imposait de la part de Charles Kushner.

Aucun contact entre Kushner et les ministres français

Lundi soir, la France avait interdit l'accès aux ministres du gouvernement à l'ambassadeur états-unien, après qu'il ne s'est pas présenté à une réunion pour discuter des commentaires faits par l'administration Trump sur la mort de Quentin Deranque. Le Quai d'Orsay n'a pas précisé si cette sanction avait été levée après l'appel téléphonique de ce mardi.

Le diplomate n'est désormais plus autorisé à rencontrer directement les membres du gouvernement français mais peut poursuivre ses fonctions diplomatiques et avoir des "échanges" avec des responsables.

"Compte tenu de cette apparente méconnaissance des exigences fondamentales de la mission d'ambassadeur et de l'honneur de représenter son pays, le ministre Jean-Noël Barrot a demandé que Charles Kushner ne soit plus autorisé à avoir un accès direct aux membres du gouvernement français", a déclaré le ministère français des Affaires étrangères. "L'ambassadeur Charles Kushner a bien entendu la possibilité d'exercer ses fonctions et de se présenter au Quai d'Orsay, afin que nous puissions avoir les discussions diplomatiques nécessaires pour aplanir les irritations qui ne manquent pas de surgir dans une amitié vieille de 250 ans" poursuit-il.

Des "explications" exigées à Washington

Interrogé ce mardi au micro de la radio publique France Info, Jean-Noël Barrot a parlé d'une "surprise" et précisé "qu'il exigera des explications" de la part de Washington pour ce non-respect des "usages les plus élémentaires de la diplomatie".

Charles Kushner avait été convoqué par le Quai d'Orsay en fin de semaine dernière en raison de la republication par l'ambassade américaine d'une réaction de l'administration Trump au décès du militant d'ultradroite, Quentin Deranque, battu à mort par des membres de l'ultragauche à Lyon. L'ambassade avait relayé un message évoquant des informations qui "devraient tous nous préoccuper" et "un extrémisme violent de gauche" qui serait devenu "une menace pour la sécurité publique".

Quentin Deranque, 23 ans, est décédé des suites de blessures à la tête après des affrontements entre des partisans de la gauche radicale et de l'extrême droite en marge d'une manifestation le 12 février contre la venue de l’eurodéputée Insoumise Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Cette mort a mis en lumière un climat de profonde tension politique en France à l'approche des élections municipales et du scrutin présidentiel de l'année prochaine.

"Nous refusons toute instrumentalisation à des fins politiques de cette tragédie qui a endeuillé une famille française", a déclaré Jean-Noël Barrot au cours du week-end. "Nous n'avons pas de leçons à recevoir, notamment sur la question de la violence, de la part du mouvement réactionnaire international."

Le département d'État américain a de son côté déclaré dans son message que "le gauchisme radical violent est en augmentation et son rôle dans la mort de Quentin Deranque démontre la menace qu'il représente pour la sécurité publique. Nous continuerons à surveiller la situation et nous nous attendons à ce que les auteurs des violences soient traduits en justice."

L'ambassadeur, qui est par ailleurs le père du gendre de Donald Trump, avait déjà séché une première convocation en août dernier, après la publication d'une lettre au président français Emmanuel Macron, dans laquelle il affirmait que la France ne faisait pas assez pour lutter contre l'antisémitisme. Les responsables français des Affaires étrangères avaient alors rencontré un représentant de l'ambassadeur des États-Unis.

Sources additionnelles • AP, AFP

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