Selon les estimations des services de renseignement sud-coréens et des sources occidentales, la Corée du Nord a envoyé environ 14 à 15 000 soldats en Russie depuis 2024.
Un complexe commémoratif et un musée ont été inaugurés ce dimanche à Pyongyang en l'honneur des militaires nord-coréens morts aux côtés des Russes dans la guerre contre l'Ukraine.
La cérémonie d'ouverture s'est déroulée en présence du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, du ministre russe de la Défense Andreï Belooussov et du président de la Douma (chambre basse du parlement russe) Viatcheslav Volodine.
L'ouverture du complexe commémoratif a été programmée pour coïncider avec l'anniversaire du rétablissement, selon la version officielle russe, du contrôle total de la région de Koursk.
En août 2024, les Forces armées ukrainiennes ont envahi de manière inattendue le territoire de la Fédération de Russie, se sont emparées d'une partie de cette région frontalière et l'ont occupée pendant plus de sept mois.
L'état-major russe a souligné, le 26 avril 2025, « l'aide considérable » apportée par les militaires nord-coréens, reconnaissant pour la première fois leur participation à la guerre. Auparavant, Moscou n'avait pas reconnu leur présence sur le front, malgré les preuves de plus en plus fréquents de la participation de soldats nord-coréens aux opérations aux côtés de la Russie, notamment des enregistrements vidéo de conversations avec des prisonniers coréens.
Moscou et Pyongyang affirment que les militaires nord-coréens n'ont été déployés que sur le territoire russe et n'ont pas pris part aux combats sur les territoires ukrainiens occupés.
Selon les déclarations officielle des dirigeants nord-coréens, 101 militaires de la Corée du Nord ont été tués au cours des hostilités.
15 000 soldats et 11 millions d’obus
Selon les services de renseignement sud-coréens et des sources occidentales, la Corée du Nord a déployé entre 14 000 et 15 000 soldats en Russie depuis 2024 pour soutenir l’armée russe, confrontée à une grave pénurie d’effectifs due aux lourdes pertes subies lors du conflit en Ukraine.
Depuis l’été 2023, la Corée du Nord a fourni à l’armée russe entre 8 et 11 millions de munitions, d’après la publication « Vajnye Istorii » et le British Open Source Centre.
Des analystes affirment qu’en échange, la Corée du Nord reçoit de la Russie une aide financière, des technologies militaires, des vivres et de l’énergie.
Les dirigeants nord-coréens ont confirmé la mort de 101 militaires. Séoul, se basant sur des données de renseignement, avance le chiffre de 6 000 pertes, blessés et tués compris. Le nombre de morts s’élève à plus de 2 000.
Selon les services de renseignement sud-coréens, des soldats nord-coréens auraient reçu l’ordre de se suicider plutôt que d’être capturés.
Expérience de la « guerre du XXIe siècle »
Selon la Direction principale du renseignement ukrainien, des militaires nord-coréens sont stationnés à la frontière, dans la région de Koursk en Russie, et Moscou les déploie de plus en plus fréquemment lors d'attaques contre les zones frontalières ukrainiennes.
Plus précisément, l'agence affirme que les soldats coréens sous commandement russe « effectuent des tirs d'artillerie, ajustent des frappes, tirent des lance-roquettes multiples et réalisent des missions de reconnaissance », acquérant ainsi une expérience du combat dans le cadre de la « guerre du XXIe siècle », « avec un accent particulier sur les technologies liées aux drones ».
La Direction principale du renseignement indique également que le personnel militaire est régulièrement relevé et que « durant la participation du contingent nord-coréen à la guerre contre l'Ukraine, environ trois mille soldats entraînés et expérimentés sont déjà rentrés en RPDC ».
En février dernier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirmait, dans une interview à l'agence de presse japonaise Kyodo, qu'environ 10 000 soldats nord-coréens combattaient alors aux côtés des Russes.
Fin 2025, les services de renseignement sud-coréens ont avancé des estimations similaires à celles de Zelensky. L'agence de presse sud-coréenne Yonhap, citée par la BBC (en russe), a rapporté que jusqu'à 5 000 ouvriers du génie militaire et 1 000 ingénieurs et sapeurs auraient également pu être envoyés sur place.
Par ailleurs, en juin 2025, le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Sergueï Choïgou, a annoncé l'envoi de 5 000 Nord-Coréens pour la reconstruction de la région de Koursk. La BBC a rapporté que des travailleurs nord-coréens étaient envoyés en masse sur des chantiers de construction en Russie (dans plusieurs villes). Six personnes ayant réussi à s'échapper ont décrit, lors d'entretiens avec la BBC, leurs conditions de travail proches de l'esclavage.