Le gouvernement français a nommé l'historien de l'art Christophe Leribault comme nouveau directeur du musée du Louvre, suite à la démission de Laurence des Cars.
Au lendemain de la démission de Laurence des Cars, le Louvre a déjà un nouveau patron. Ce mercredi 25 février, Christophe Leribault a été nommé directeur du plus grand musée du monde, a annoncé Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement.
Cette dernière a décrit le nouveau directeur comme quelqu'un de "très solide", de "fiable" et a indiqué que l'Élysée attendait de lui qu'il apporte une "vision" et du "calme" au sein du musée.
La première tâche de Christophe Leribault sera de résoudre les crises qui ont éclaté suite au spectaculaire cambriolage, durant lequel des joyaux de la couronne française, d'une valeur estimée à 88 millions d'euros, ont disparu en octobre dernier.
Aucun des objets volés n'a été retrouvé, mais le Louvre a récemment annoncé que la couronne de l'impératrice Eugénie, qui avait été laissée sur place et avait été endommagée lors du cambriolage, allait être réparée.
Dans un communiqué, le ministère de la Culture a souligné "son expérience étendue à la tête de grandes institutions" et a précisé que Christophe Leribault donnera la priorité au renforcement de la sécurité et de la sûreté des bâtiments du Louvre, de ses collections, de ses visiteurs et de son personnel, ainsi qu’à la "restitution d’un climat de confiance".
Faire renaître le Louvre
Selon l'Élysée, l'historien de l'art de 62 ans aura également pour principales missions d'assurer la sécurité et la modernisation du Louvre et de mettre en œuvre le projet "Nouvelle Renaissance" du président Emmanuel Macron, lancée au début de l'année 2025 à la suite de la mise au jour de l'état de délabrement des infrastructures.
Ce programme de rénovation, qui pourrait s’étaler sur une décennie, vise à moderniser un musée perçu comme usé par le tourisme de masse. Le plan prévoit notamment une nouvelle entrée près de la Seine afin d’alléger la pression sur la pyramide d’Ieoh Ming Pei, la création d’espaces souterrains et une salle dédiée à la "Mona Lisa" avec accès programmé, le tout pour fluidifier le flux de visiteurs et réduire la foule quotidienne, symbole à la fois du succès et du dysfonctionnement du Louvre.
L'année dernière Emmanuel Macron avait annoncé un plan de rénovation de 800 millions d'euros. Mais selon un récent rapport de la Cour des comptes, le projet coûterait environ 1,15 milliard d'euros. Son financement proviendra partiellement des recettes de la billetterie et de l'augmentation du prix des billets pour les ressortissants de pays non européens, du soutien de l'État, des dons et des revenus de la branche du Louvre à Abou Dabi.
Une kyrielle de polémiques
Depuis plusieurs mois, les polémiques se succèdent. Un mois après le cambriolage, un important dégât des eaux a endommagé entre 300 et 400 livres et documents situés dans la bibliothèque du département égyptien.
Puis, en février 2026, c'est une fuite qui a détérioré une peinture du XIXe siècle qui se situait au plafond.
Enfin, le 12 février, le musée avait de nouveau fait la une après qu'un vaste réseau de fraude à la billetterie a été mis au jour. En l'espace de 10 ans, l'institution aurait perdu quelque 12 millions d'euros.
Le musée a également dû faire face à de nombreuses grèves des employés qui dénonçaient, entre autres, le manque d'effectifs.
Chaises musicales
La confirmation attendue de Christophe Leribault à la tête du Louvre signifie qu'il devra être remplacé à la tête des opérations du château de Versailles, poste qu'il occupait depuis 2024.
Auparavant, il était directeur du musée d'Orsay, poste dont il a hérité après la nomination de Laurence des Cars à la tête du Louvre.
Dans le même temps, Annick Lemoine, qui dirige actuellement le Petit Palais, a quand à elle été nommée à la tête du musée d'Orsay.