This content is not available in your region

Étudier et préserver : le patrimoine de l’Ouzbékistan est en pleine renaissance

Par Galina Polonskaya  & Euronews
euronews_icons_loading
Focus
Focus   -   Tous droits réservés  euronews

Dispersés dans divers musées à travers le monde, les trésors du patrimoine de l'Ouzbékistan sont désormais répertoriés dans une collection extraordinaire de 60 albums. Les dernières éditions de ces ouvrages étaient présentées lors du sixième congrès de la Société mondiale pour l’étude, la préservation et la vulgarisation du patrimoine culturel de l’Ouzbékistan, intitulé « Le patrimoine culturel de l’Ouzbékistan, fondement de la nouvelle renaissance ».

L'événement s'est tenu du 22 au 24 juillet 2022 à Samarcande, l'une des ville clés de la grande route de la soie, située dans le sud-est du pays. Riche en monuments historiques, Samarcande a été proclamée en 2001 par l'UNESCO carrefour de cultures et site du patrimoine mondial.

Ce rendez-vous annuel, qui a réuni des spécialistes de quarante pays, a pour objectif "l'étude, la préservation et la promotion du patrimoine culturel" du pays, explique Firdavs Abdukhalilov, président du Conseil d'administration de la structure organisatrice.

Capture d'écran du reportage de Focus / Euronews
Firdavs Abdulkhalilov, président de la société pour l'étude et la préservation du patrimoine ouzbekCapture d'écran du reportage de Focus / Euronews

"Pour un certain nombre de raisons, le patrimoine culturel de l'Ouzbékistan a été dispersé dans différents pays du monde et notre objectif est de le regrouper dans un seul catalogue. Il est très important que les gens connaissent notre patrimoine culturel" souligne-t-il.

Une robe complète sogdienne, exposée en Malaisie et répertoriée

Le projet "héritage culturel de l'Ouzbékistan dans les collections mondiales" a été créé en ce sens, et répertorie tous les éléments connus de l'art ouzbek dans soixante ouvrages, une collection qui devrait s'agrandir.

Ce tweet datant de 2019 permet de visualiser quelques unes de ces publications, hautes en couleur et en motifs typiques.

Cette édition du congrès a permis de dévoiler un objet unique exposé actuellement au musée des arts islamiques de Malaisie : une robe sogdienne en soie du huitième siècle provenant d’Ouzbékistan.

"Il s'agit d'une robe complète, elle est en soie et comporte des décorations tout le long des manches et également sur le corps" explique Nurul Iman Rusli cheffe adjointe de la conservation du musée malaisien.

"Peu d'institutions possèdent une robe complète. La plupart n'ont que des pièces fragmentées" se félicite-t-elle.

L'art des ornements de l'Ouzbékistan

L'ornementation est l'un des éléments caractéristiques du patrimoine culturel de l'Ouzbékistan. Chaque forme et chaque couleur a une signification précise. Autrefois, la population savait déchiffrer ces éléments architecturaux, un savoir oublié de nos jours, mais que "l'Encyclopédie des ornements" a décidé de faire renaître.

Capture d'écran du reportage de Focus / Euronews
Des ornements ouzbek à Samarcande, OuzbékistanCapture d'écran du reportage de Focus / Euronews
Capture d'écran du reportage Focus, Euronews
Des ornements typiques de l'art ouzbek, à SamarcandeCapture d'écran du reportage Focus, Euronews

"Dans le passé, les gens donnaient certaines significations à ces motifs et ils vivaient dans ce monde, où chaque forme avait un sens. Ils vivaient en immersion dans cet univers, et croyaient qu'il leur apporterait de la protection, et de la chance" explique Elimra Gul, coordinatrice de recherche du projet sur le patrimoine ouzbek.

"Aujourd'hui, les gens considèrent cela comme de simples éléments esthétiques, et notre tâche est de restaurer la compréhension de la plénitude sémantique de ces formes ornementales" souligne-t-elle.

Le projet d'héritage culturel continue de se développer avec la publication d'autres livres prévue.

Ce congrès a également été l'occasion pour Frederick Starr, président de l'institut Asie centrale - Caucase situé à Washington, de présenter son nouvel ouvrage consacré à deux penseurs historiques de la région : Al Beruni, considéré comme le Léonard de Vinci du 11ème siècle et Avicenne, appelé le père de la médecine moderne.

"Ils étaient en compétition constante tous les deux. Ils étaient complètement différents mais tous deux étaient des génies" a expliqué le chercheur, spécialiste des relations internationales et de l'Asie centrale