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Jón Gnarr, rencontre avec le maire-comédien de Reykjavik

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Jón Gnarr, rencontre avec le maire-comédien de Reykjavik

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Jón Gnarr est islandais, acteur, humoriste et homme politique. En 2009, il forme, avec d’autres artistes, “The Best party”, “Le Meilleur parti”, à la base pour parodier les partis politiques islandais.

Mais l’année dernière, Jón Gnarr devient maire de Reykjavik. Son programme a apparemment convaincu. La ligne directrice du “Best Party”: conduire la ville avec imagination et créativité.

De l’imagination, Jón Gnarr n’en manque pas. Les Islandais n’ayant pas le moral, plutôt secoués par la crise financière, il décide d’innover.

Outre des serviettes de bain gratuites dans les piscines, il promet, entre autre, un ours blanc au zoo local alors que les autorités islandaises de leur côté et par mesure de sécurité abattent les ours polaires qui, victimes de la fonte des glaces, nagent jusqu’en Islande.

Jón Gnarr avait fait la promesse d‘être un maire cool. C’est habillé en Drag queen que ce père de cinq enfants ouvrira la Gay Pride.

Jón Gnarr était récemment l’invité de la Villa Gillet à Lyon en France pour la table ronde “Culture et politique”, c’est là que nous l’avons rencontré.

euronews:

Jón Gnarr, comment avez-vous fait? Comment vous- êtes vous retrouvé en politique?

Jón Gnarr:

“J’ai formé un parti politique sans idéologie. Au début j’ai eu deux idées. L’une était de l’appeler “Le Meilleur parti”, celui qui serait mieux que tous les autres partis politiques. L’autre était de l’appeler “Le parti cool”, celui qui serait beaucoup plus cool que tous les autres partis. Nous ne faisons que des choses cool et nous voulions une commission tranquille, capable de décider si telles choses étaient cool ou pas”.

euronews:

Vous avez été élu il y a un an. Reykjavik est-elle devenue une sorte de République anarchique?

Jón Gnarr:

“Non”.

euronews:

Quels sont vos projets pour votre ville en tant que “Meilleur parti”. Vous avez les meilleurs plans?

Jón Gnarr:

“Nous voulons un nouvel ours polaire pour Reykjavik, mais un vivant, pas un mort”.

euronews:

Alors vous tenez la promesse que vous aviez faite au sujet de l’ours.

Jón Gnarr:

“Oui, c’est sans doute la promesse pour laquelle j‘étais le plus sérieux car je milite pour la protection des animaux et je ne pense pas que nous ayons le droit de tuer un ours polaire qui arrive en Islande. Cela va à l’encontre de nombreuses lois internationales”.

euronews:

Les artistes sont-ils capables de travailler dans le système politique actuel ou voulez-vous carrément le changer?

Jón Gnarr:

“Je n’ai encore rien décidé à ce sujet. Je voudrais vraiment changer les gens, la façon dont ils pensent et se comportent et alors le système changera par lui même. Mais je ne pense pas qu’il faille changer le système en premier”.

euronews:

De nombreux jeunes en Espagne ont protesté contre le chômage élevé, les systèmes politiques et bancaires. Ils présentent l’Islande comme un modèle. Certains disent “nous aussi nous voulons devenir Islandais”. En tant qu’Islandais que leur diriez-vous ?

Jón Gnarr:

“L’Union européenne est vraiment en difficultés et l’Islande a déposé une demande d’adhésion à l’Union européenne. Je pense que l’Islande peut sauver l’Union européenne. Et peut-être que ces jeunes deviendront Islandais si dans quelques années l’Union européenne décide de rejoindre l’Islande”.

euronews:

C’est dans l’autre sens!

Jón Gnarr:

“Cela pourrait l‘être. Peut-être que dans trois ans, l’Union européenne va demander à rejoindre l’Islande”.

euronews:

Voyez-vous l’Islande comme un exemple de Démocratie?

Jón Gnarr:

“Je pense qu’elle peut facilement devenir un exemple de démocratie car nous sommes si isolé et si petit que nous pouvons tenter des expériences démocratiques qui ne seraient pas possibles ailleurs, comme par exemple en France”.

euronews:

Etes-vous partant pour des élections nationales?

Jón Gnarr:

“Je n’ai pas encore décidé. Je ne cherche pas à être réélu. Peu m’importe si les gens votent pour moi ou non. Les gens viennent parfois me voir pour me dire «nous ne voterons pas pour vous». Je leur dis “je n’en attendais pas moins, votez pour quelqu’un d’autre”! Moi-même je n’ai pas voté pour moi. Je veux dire que si les gens veulent que je me présente, j’y réfléchirai.

euronews:

Les gens extérieurs à l‘île voient l’Islande comme un laboratoire, une société constamment à la recherche de nouvelles façons d’agir. Vous avez même un Premier ministre Gay.

Jón Gnarr:

“Nous avons un Premier ministre qui est lesbienne et je pense que nous devrions être très fiers de cela car dans de nombreux pays du monde les homosexuels n’ont même pas de droits ce que nous considérons ici comme une nécessité. Nous devons être extrêmement fiers. Je pense qu’elle est le Premier ministre la plus cool au monde”.

euronews:

L’Islande devrait-elle adopter l’euro?

Jón Gnarr:

“Si nous pouvions, je pense que nous devrions parce que la Couronne islandaise pose des problèmes car c’est une monnaie faible. Je préfère le dollar! Le dollar est plus cool que l’euro. L’euro n’est pas aussi cool. Cette monnaie est fade, les graphismes sont assez ternes, mais le dollar est cool et il a la préséance et la fraîcheur, donc je préfère le dollar. Vous pouvez appeler un film “Pour quelques dollars de plus» ou quelque chose avec le mot Dollar, mais c’est difficile de le faire avec Euro”.

euronews:

Beaucoup de gens sont mécontents avec l’euro.

Jón Gnarr:

“Personne n’est malheureux avec le dollar! Celui qui a un dollar est heureux”.