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Bidzina Ivanishvili : 'Viser l'Union européenne et l'Otan tout en normalisant nos relations avec la Russie n'est pas impossible"

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Bidzina Ivanishvili : 'Viser l'Union européenne et l'Otan tout en normalisant nos relations avec la Russie n'est pas impossible"

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Une nouvelle page se tourne en Géorgie après la victoire de Bidzina Ivanishvili et de sa coalition d’opposition aux élections législatives. Le pays se prépare donc à une cohabitation inédite entre le milliardaire géorgien et son ennemi juré le président Saakashvili. Période d’incertitude en perspective… Nous avons rencontré le futur Premier ministre pour parler des relations avec l’Ue et l’Otan, de la Russie, et aussi de sa nationalité, au coeur d’un imbroglio politico-judiciaire. Francophile, citoyen français, l’homme a perdu sa nationalité géorgienne. Selon lui, un coup de son rival.

Euronews:
Envisagez-vous de changer de nationalité?

Bidzina Ivanishvili:
Vous voulez dire : la nationalité française?

Euronews:
Oui, et obtenir la citoyenneté géorgienne?

Bidzina Ivanishvili:
Je pense que les deux sont possibles, je peux garder la nationalité française et retrouver la nationalité géorgienne. Comme vous le savez, j’en ai été illégalement privé et l’affaire est portée en justice.

Euronews:
Vous allez probablement avoir un travail institutionnel important…

Bidzina Ivanishvili:
J’ai l’intention de devenir Premier ministre et conformément à la nouvelle Constitution géorgienne, le Premier ministre est le chef de file du pays.

Euronews:
Qu’est-ce qui pourrait être fait de plus pour attirer des investissements étrangers dans le pays? Avez-vous une idée des pays qui pourraient investir? Les Etats-Unis? L’UE? La Russie?

Bidzina Ivanishvili:
Aujourd’hui, l’homme d’affaire géorgien n’est pas en mesure d’exporter sur le marché américain ou européen. Dans un premier temps, il serait bon et intéressant pour nous de revenir sur le marché russe car l’homme d’affaires géorgien est généralement plus habitué au marché russe. Le principal problème, c’est qu’il n’y a pas une forte production locale dans le pays. Trouver des marchés, c’est importants dans les affaires, mais avant d’avoir les marchés, il faut avoir une production.

Euronews:
Il y a aussi des problèmes politiques qui peuvent nuire au commerce géorgien. Les relations avec la Russie posent problème d’un point de vue politique. Comment voulez-vous résoudre ce problème?

Bidzina Ivanishvili:
C’est une question très importante. Bien sûr, je me rends compte que la normalisation des relations avec la Russie ne sera pas facile et prendra du temps. D’abord nous devons travailler à
l‘élaboration de relations culturelles et commerciales. Ce n’est qu’ensuite que nous devrons nous concentrer sur la question de l’intégrité territoriale de notre pays tout en maintenant des relations amicales avec la Russie.

Euronews:
Rejoindre l’OTAN et l’Union européenne est-il toujours votre priorité?

Bidzina Ivanishvili:
Notre stratégie principale, c’est l’intégration européenne et atlantique, et nous n’abandonnerons pas cet objectif, nous continuons à regarder
vers l’Union européenne et l’Alliance atlantique.

Euronews:
D’un coté, vous souhaitez établir de bonnes relations avec la Russie et de l’autre, vous voulez que votre pays devienne candidat à l’OTAN, ce sont deux choses assez contradictoires…

Bidzina Ivanishvili:
Naturellement, au départ, ce sera contradictoire, mais nous devons y arriver, et nous n’allons pas changer notre stratégie vis-à-vis de l’Union européenne et de l’OTAN. Nous devons nous inspirer d’autres pays comme les États baltes qui ont adhéré à l’Alliance atlantique et à l’Union européenne, tout en parvenant à normaliser leurs relations avec la Russie. Ce sera difficile, mais pas impossible.

Euronews:
Votre passé d’homme d’affaires est fortement lié à la Russie; pensez-vous que cela puisse aider à résoudre des problèmes là ou d’autres ont eu des difficultés ?

Bidzina Ivanishvili:
Je connais bien les Russes, j’ai beaucoup d’amis là-bas et il est possible que cela ait un effet sur nos efforts visant à établir des relations diplomatiques avec le pays, mais je ne pense pas que cela aura un rôle important dans le processus. Cela ne rendra pas ce processus plus facile.

Euronews:
Avez-vous encore des parts chez Gazprom?

Bidzina Ivanishvili:
Je ne détiens plus d’actions de Gazprom depuis déjà cinq ou six ans. D’ailleurs, je n’ai jamais possédé plus d’un pourcent des parts. Honnêtement, il s’agit plus d’une question de rhétorique. A cette époque-là, des actions de Gazprom achetées le matin étaient revendues dans la soirée. Avec les parts de Gazprom, je disais souvent que c‘était des achats rentables que je revendais de façon tout aussi rentable.