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ONU : que va changer le statut d'observateur pour la Palestine?


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ONU : que va changer le statut d'observateur pour la Palestine?

Les Nations Unies ont accordé à une large majorité le statut d‘État observateur non membre à la Palestine. 138 pays, dont 14 de l’Union européenne, se sont prononcés en faveur de ce nouveau statut, 41 ont choisi l’abstention, et seulement 9 ont voté contre. Parmi eux les États-Unis, et bien sûr aussi Israël. Jamais l‘État hébreu n’avait été aussi isolé à l’Assemblée générale de l’ONU. Ce vote, qui marque une avancée pour les Palestiniens, est d’autant plus symbolique qu’il a eu lieu le jour du 65ème anniversaire de la partition de la Palestine.

Malgré de fortes pressions, Israël n’aura pas réussi à convaincre la plupart des Européens de faire le choix de l’abstention. Mais pour le chef du gouvernement israélien, ce résultat ne change rien sur le terrain : “La décision des Nations Unies ne va pas faire avancer la création d’un État palestinien. Au contraire, elle ne va que la repousser”, déclarait Benjamin Netanyahu avant le vote.

La poursuite des implantations juives en Cisjordanie et Jérusalem-Est laisse pour le moment peu d’espoir à la création d’un État palestinien. Quel gouvernement israélien osera expulser plus d’un demi millions de colons de leurs maisons? Mais le statut d‘État observateur confère à la Palestine un nouveau moyen de pression. Elle peut désormais intégrer les agences de l’ONU et saisir la Cour Pénale Internationale pour dénoncer des crimes commis par Israël ou sa politique de colonisation. Pour Dore Gold, l’ex-conseiller auprès de Benjamin Netanyahu, “les Palestiniens ont clairement renforcé leur positions. Par exemple, ils peuvent se tourner vers le procureur de la CPI à La Haye et lancer toutes sortes d’accusations contre des officiers israéliens, même si celles-ci n’ont jamais été fondées. S’ils utilisent ce nouveau statut d’une manière hostile, et bien Israël devra prendre des mesures sévères contre l’Autorité palestinienne.”

Des mesures sous forme de sanctions financières. Israël pourrait par exemple bloquer les taxes qu’il perçoit pour le compte de l’Autorité palestinienne, ou réduire le nombre de permis de travail pour les Palestiniens.

Interview de David Walzer, ambassadeur d’Israël auprès de l’Union européenne

Après le vote des Nations Unies, Euronews a rencontré à Bruxelles David Walzer, l’ambassadeur d’Israël auprès de l’Union européenne. Ce dernier n’a pas souhaité s‘étendre sur les éventuelles mesures de rétorsion que l‘État hébreu comptait adopter à l‘égard des Palestiniens.

James Franey, Euronews : Les Palestiniens disent qu’ils attendent depuis 47 ans d’avoir une forme de reconnaissance de leur État. Qu’est ce qui effraie Israël à ce point pour qu’il s’oppose à cette avancée?

David Walzer : Israël ne craint rien à cet égard. Nous sommes parfois craintifs, mais cela ne nous effraye pas. Nous estimons que cette décision des Nations Unies va mener nulle part. Concrètement, elle ne va pas aider les Palestiniens à réaliser leur rêve d’un État indépendant, et elle ne va pas faire avancer leur projet d’un pouce. Cette décision va, au contraire, renforcer l’animosité, et compliquer les choses pour que les deux camps puissent revenir à la table des négociations et discuter des paramètres nécessaires afin qu’un État palestinien et Israël puissent vivre côte à côte en paix et en sécurité.

Euronews : J’ai parlé avec d’importants responsables de l’OLP qui m’ont dit, je les cite : “C’est impossible de négocier votre part de gâteau quand Israël mange tout. Qu’aimeriez-vous leur répondre?

David Walzer : Je répondrais en demandant à mon collègue palestinien : pourquoi se focalise-t-il sur ce point? Je viens de mentionner un certain nombre de points sur lesquels Israël est prêts à discuter : la sécurité, les frontières définitives, la reconnaissance d’Israël comme État juif, et d’autres points de cette nature. Toutes ces questions portent sur le statut définitif. Je le dis clairement : la question des implantations est réversible. Les autres sujets en revanche sont plus compliqués. Donc, c’est pourquoi les Palestiniens, et ils le savent très bien, évitent d’aborder ces sujets fondamentaux. Mais revenons sur les implantations. Laissez moi vous rappeler autre chose. Ce gouvernement israélien est le premier gouvernement depuis 1967 à avoir déclaré le gel des constructions. Et c’est le gouvernement de Netanyahu.

Euronews : Vous parlez de conséquences pour les Palestiniens. Qu’entendez-vous par là?

David Walzer : Je ne peux pas rentrer dans les détails. Ce ne serait pas intelligent de ma part. Comme déjà dit, aussi longtemps que nous sommes concernés, ce pas en avant des Palestiniens est clairement un pas en avant unilatéral. C’est une violation des accords qui ne sera pas ignorée. Mais je ne veux pas m‘étendre la-dessus.

Euronews : Mais vous n‘écartez pas de couper les financements à l’Autorité palestinienne?

David Walzer : Je dis que je ne suis pas en position de m‘étendre sur le sujet.

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