DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Les coulisses de la construction des fusées

Vous lisez:

Les coulisses de la construction des fusées

Taille du texte Aa Aa

Moment ultime, chaque lancement est une consécration. Il clot un long processus de conception et de production. Dans le hall d’assemblage d’Astrium près de Paris, les ingénieurs donnent vie au lanceur Ariane 5. Ils le taillent dans l’aluminium et le construisent, pièce après pièce, étage après étage.

Tout l’enjeu est de réussir à doser puissance, démesure et ingénierie. “La poussée au décollage d’une fusée comme Ariane correspond environ à la puissance de deux centrales nucléaires – deux tranches de centrale nucléaire – et la turbo-pompe qui alimente ce moteur a la puissance d’un TGV,” souligne Michel Freuchet, directeur du programme des lanceurs chez Astrium.

Chaque lancement depuis Kourou en Guyane française est calibrée à la perfection pour faire face à des contraintes de taille. “Le lanceur mesure environ 55 mètres, son poids au décollage fait 775 tonnes et typiquement, la masse de charge utile amenée en orbite est de l’ordre de 10 tonnes,” explique
Louis Laurent, directeur des programmes d’Arianespace ; “donc vous voyez le ratio entre la masse utile et la masse qu’il est nécessaire de mettre en oeuvre pour emporter cette charge utile vers l’orbite de transfert géostationnaire.”

Au sol, le corps central d’Ariane 5 est construit à partir d’immenses plaques d’aluminium de haute qualité. L’aluminium a été choisi pour sa meilleure résistance aux températures extrêmement basses de l’hydrogène et de l’oxygène liquides.

A l’heure actuelle, on compte trois principaux lanceurs : le plus gros, Ariane 5 est capable de mettre dix tonnes sur orbite ; son confrère russe Soyouz a lui une charge utile de 3 tonnes tandis que Vega, la nouvelle fusée européenne, est conçue pour placer sur orbite basse, des satellites d’une tonne et demi.

Mais aujourd’hui, Ariane s’apprête à évoluer avec une nouvelle version baptisée 5ME. Sa principale innovation : son étage supérieur sera doté d’un moteur qui pourra être réallumé une fois dans l’espace.

A l’horizon 2020, certaines technologies d’Ariane 5ME comme le moteur réallumable prendront place à bord de sa petite soeur : Ariane 6.