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La recette anti-crise du Forum économique mondial d'Astana


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La recette anti-crise du Forum économique mondial d'Astana

Astana au Kazakhstan a son Forum économique mondial. Sa sixième édition avait lieu ces jours-ci et point d’orgue de l‘évènement : une Conférence anti-crise.
Explosion du chômage des jeunes, banques en perdition, les difficultés européennes étaient au coeur des débats.

Pour l’ancien président du Conseil italien, Romano Prodi, l’Union aurait dû faire preuve d’une plus grande coordination. “En Europe actuellement, en raison de cette mentalité de perdant, on pense que le monde entier est en crise, mais le monde ne s’est jamais si bien porté,” souligne-t-il. “L’Asie est en croissance, l’Afrique également – elle part de zéro mais elle est en croissance – ; pour les Etats-Unis, la progression est de 2 à 3% : il n’y a que l’Europe qui souffre,” lance-t-il avant d’ajouter : “quand on a une croissance nulle, un niveau de chômage terrible – et même plus terrible parmi les jeunes -, on doit donner du carburant à l‘économie.”

Selon le professeur Christopher Pissarides, co-lauréat du prix Nobel d‘économie en 2010, la grande erreur aura été de se doter d’une monnaie unique avant de créer les mécanismes institutionnels nécessaires à son succès. “Ce ne sera pas facile car des décisions courageuses doivent être prises, en particulier concernant la création d’une union bancaire et d’une union fiscale dont je pense, nous avons besoin,” estime-t-il. “Elles doivent être mises sur pied parce que sans elles, la monnaie unique freinera la croissance au lieu de l’encourager,” assure-t-il avant de rappeler : “or c‘était l’objectif au départ.”

Le président de Microsoft Europe pense lui que la solution se trouve en grande partie, dans l‘éducation. Un domaine dans lequel les responsables politiques devraient mieux investir d’après lui. “La seule chose que l’Europe peut vendre, ce sont des idées,” affirme Jan Muehlfeit, “en Europe, il faut libérer le potentiel et il y en a beaucoup !” lance-t-il avant de lancer un appel : “on doit faire en sorte que l‘éducation, l’acquisition de qualifications devienne un objectif prioritaire pour l’ensemble de l’Europe.”

De son côté, la présidente de l’Autorité nucléaire du Royaume-Uni dénonce un égoïsme national. Elle appelle les gouvernements à agir de manière coordonnée dans le domaine de l‘énergie. “On doit se doter d’une politique énergétique,” estime Lady Barbara Judge, “chaque pays pense avoir sa propre solution alors que l‘énergie est un domaine que l’on doit envisager ensemble. Si on partageait nos différentes formes d‘énergie, si on construisait des réseaux à travers toute l’Europe,” poursuit-elle, “on pourrait faire baisser le prix de l‘énergie pour le consommateur et si on faisait baisser le prix de l‘énergie pour le consommateur, on pourrait utiliser l’argent pour encourager l’industrie.”

Plus de 9000 dirigeants d’entreprise, experts et responsables politiques ont participé à cette conférence qui se tenait dans la capitale du Kazakhstan : un pays qui contrairement à de nombreux autres, affiche une croissance insolente de 7% par an en moyenne. Résultat qui s’explique par ses vastes réserves en hydrocarbures. Il semble figurer aujourd’hui parmi les rares nations qui ne souffrent pas des bouleversements de notre économie mondiale.

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