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Explosion meurtrière à Chypre : l'ex-ministre de la Défense condamné

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Explosion meurtrière à Chypre : l'ex-ministre de la Défense condamné

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La cour pénale de Larnaca, une ville du sud de l’île de Chypre, a condamné quatre personnes dans le procès de l’explosion meurtrière du 11 juillet 2011. L’un des condamnés est Costas Papacostas, ancien ministre de la Défense du gouvernement chypriote d’alors.

Il est néanmoins le seul à avoir été condamné pour « homicides ». Costas Papacostas ne connaît pas encore les détails de sa peine, la cour devant statuer sur ce point le 24 juillet, cependant, on sait déjà qu’il encourt la prison à vie. Mais l’ancien ministre de la Défense n’est pas le seul à porter la responsabilité de cette explosion : la cour pénale a également condamné Andreas Nicolaou, commandant des pompiers et son adjoint Pambos Charalambous, ainsi que le commandant de l’unité de réaction en cas de désastre, Andreas Loizides. Ils ont été jugés coupables de négligences ayant causé la mort et de comportement dangereux ou imprudent ayant causé la mort, la première charge ayant également été retenue envers M. Papacostas.

Ils avaient plaidés non coupables, tout comme deux autres condamnés, qui ont été eux blanchis. Les familles des victimes ont vivement dénoncés ce jugement, estimant que tous étaient coupables « et bien d’autres encore ».

Les deux accusés qui ont été blanchis sont l’ancien ministre des Affaires Etrangères Marcos Kyprianou et l’ancien commandant en chef adjoint de l’armée, Savvas Argyrou. La cour a jugé que l’ancien ministre des Affaires Etrangères, bien qu’ayant « tenté de minimisé le danger de l’affaire » dans le même mouvement que son collègue de la défense, ne gérait à l’époque que le volet politique du dossier. Quand au commandant en chef adjoint de l’armée, il a été jugé qu’il n’avait « aucune autorité » sur le dossier.

Les responsables des pompiers et du département qui gère les situations d’urgence ont été condamnés en raison de leurs connaissance du danger auquel leurs équipes devaient faire face, et du manque d’instructions appropriées transmises à celles-ci. Les victimes sont en effet militaires ou soldats du feu.

Le drame s’était déroulé le 11 juillet 2011, sur la base navale d’Evangelos Florakis, dans le sud de l’île. Aux alentours de 4h00 du matin, des pompiers sont appelés à la base pour éteindre un feu. Au même moment, des conteneurs d’explosifs, conservés depuis deux ans en plein soleil, explosent. Trois mois auparavant, des rapports avaient constatés que les conteneurs s’étaient dilatés, probablement à cause du soleil et de la chaleur à laquelle ils étaient exposés. Ils avaient été confisqués à l’Iran sur ordre de l’ONU, alors qu’ils étaient en route pour la Syrie.

L’explosion a fait 13 morts, dont 12 immédiatement, et près de 60 blessés. Elle a également détruit la centrale électrique Vasilikou, située à proximité de la base. Il a été établi qu’il s’agissait de l’une des explosions conventionnelles les plus dévastatrices au monde.

Cette centrale était la principale centrale du pays, et Chypre se réveille dans le noir le matin du 12 juillet 2011. C’est le début d’une pénurie électrique massive, qui se traduit notamment par des coupures quotidiennes pendant les mois suivants la tragédie.

La tragédie, avait obligé les ministres de la Défense et des Affaires Etrangères à démissionner. Le peuple réclame également le départ du président Demetris Christofias, qu’une enquête publique avait jugé responsable du drame. C’est le début de la spirale infernale pour Chypre, qui sombre progressivement dans une crise financière qui pourrait avoir été causée par les coûts engrangés par la destruction de la centrale, estimés à 3 milliards d’euros.