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Le chrétien, une bonne proie pour l'islamisme radical


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Le chrétien, une bonne proie pour l'islamisme radical

A force d’attiser la haine contre les chrétiens, elle s’est enflammée, y compris dans des pays où cette communauté était jusque-là préservée. Evidemment, il n’y a pas les “bons chrétiens” d’un côté et les “mauvais musulmans” de l’autre. C’est l’islamisme radical qui joue actuellement avec le feu au Pakistan, au Kenya, en Tanzanie, ou encore en Syrie. La pieuvre Al-Qaïda a eu de nombreux tentacules coupés, mais il en repousse toujours de nouveaux. Ils ont pour nom Junood ul-Hifsa, une branche des talibans pakistanais, les shebab venus de Somalie et infiltrés au Kenya et en Tanzanie, et autres groupes jihadistes qui, selon un récent rapport d’un institut britannique de défense, constitueraient près de la moitié des forces de la rébellion en Syrie.

Le tournant sanglant de Peshawar

Au Pakistan, c’est la première fois que les chrétiens, qui ne représentent que 2% à 4% de la population, sont frappés si directement et si violemment. En 2009 dans la province du Pendjab, une foule de musulmans furieux avait semé la terreur dans un quartier chrétien de la ville de Gojra; la colère avait été déclenchée par une profanation présumée du Coran. Ce qui s’est passé ce dimanche à Peshawar est un attentat prémédité, téléguidé par les talibans pakistanais.

L’Eglise de Tous les Saints, vieille de 130 ans, a été éclaboussée de sang. Deux kamikazes chargés d’explosifs s‘étaient glissés parmi les centaines de fidèles qui sortaient de la messe. “Nous poursuivrons nos attaques contre les non-musulmans”, a clairement indiqué le groupe islamiste qui a revendiqué l’attentat. Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a beau dire que “les terroristes n’ont aucune religion”, la communauté chrétienne a désormais la peur au ventre. Le fondamentalisme islamiste a marqué un nouveau point.

La vengeance des shebab

Au Kenya, les autorités et les services de renseignement n’ont manifestement pas pris assez au sérieux la menace shebab. Les islamistes ne sont pourtant pas loin, et ne pensent qu‘à une chose, se venger de l’intervention militaire kényane sur leur territoire en Somalie. Leur porte-parole a précisé qu’ils se battaient contre “les forces kényanes et leurs alliés chrétiens”. Dans ce pays en grande majorité catholique, les shebab avaient déjà testé leur capacité terroriste, mais à moins grande échelle. Le 1er juillet dernier, à Garissa dans l’Est, deux églises avaient été attaquées à la grenade en pleine messe. 17 fidèles avaient été tués, et 66 avaient été blessés.

Sur l’archipel semi-autonome de Zanzibar, en Tanzanie, les musulmans et les chrétiens cohabitaient en toute tranquillité. Là encore, des attaques spectaculaires ont été menées récemment contre un prêtre catholique et deux jeunes femmes britanniques. Les victimes ont été brûlées par des jets d’acide. La police a arrêté des suspects qui, selon elle, sont liés aux islamistes shebab de Somalie.

La tolérance syrienne perdue

En Syrie, c’est la ville de Maaloula qui est devenue le symbole du cauchemar vécu par les chrétiens. Le 9 septembre dernier, des rebelles ont pris le contrôle de la cité historique, et parmi eux, des jihadistes liés à Al-Qaïda sont soupçonnés d’y avoir commis des exactions. La ville, où les touristes se pressaient pour voir les habitations troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme, est maintenant fantomatique. Cette année, la grande fête religieuse de l’Exaltation de la Sainte-Croix, qui rassemblait chrétiens et musulmans dans la paix, n’a pas eu lieu.

La seule clarté qu’on peut percevoir dans ce tableau obscur vient pourtant également de Syrie. A Alep, qui comptait 20% à 30% de chrétiens avant la guerre civile, seuls quelques membres de la communauté demeurent. Il vivent près de l‘église dans la Vieille ville, et ils sont très heureux d‘être protégés et ravitaillés en nourriture par une brigade de combattants islamistes. Le commandant de cette brigade explique : “Le prophète Mahomet respectait les chrétiens, on fait la même chose”. S’il pouvait être entendu ailleurs, le combat pour la tolérance religieuse ne serait pas tout à fait perdu.

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