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Le luxe, principal péché de l'évêque de Limburg


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Le luxe, principal péché de l'évêque de Limburg

“On ne fait pas la connaissance de Jésus en voyageant en première classe !” C’est ce qu’on peut appeler une prémonition. En prononçant cette phrase le 26 septembre dernier au cours d’une messe dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe au Vatican, le pape François ne se doutait pas qu’il sermonnait par avance l‘évêque allemand Franz-Peter Tebartz-van Elst. Ce dernier, dont l’impopularité atteint des sommets dans son diocèse de Limburg, dans le sud-ouest de l’Allemagne, se voit notamment reprocher d’avoir pris l’avion en 2012 pour se rendre en Inde à la rencontre des pauvres, en payant un supplément de 3.500 euros pour être en première classe. Monseigneur Tebartz-van Elst a dû rendre des comptes au pape. Par précaution, il a préféré prendre un vol sur Ryanair pour se rendre à Rome.

L‘évêque de Limburg a aussi des ennuis avec la justice de son pays. Le parquet l’accuse d’avoir menti sous serment en déclarant n’avoir jamais confié au journal allemand Der Spiegel qu’il avait voyagé en première classe. Franz-Peter Tebartz-van Elst pourrait également être poursuivi pour abus de biens sociaux. Le principal scandale qui secoue son diocèse est dû aux dépenses faramineuses qui ont été faites depuis 2010 pour construire le nouvel évêché. Elles se montent à 31 millions d’euros, peut-être même 40 millions d’euros si l’on en croit le journal Die Welt, alors que le projet devait coûter 5,5 millions d’euros au départ. Là encore, le prélat aurait menti en disant qu’il n‘était pas au courant de cette “explosion” des coûts, alors que l’architecte affirme qu’il l’informait régulièrement.

15.000 euros pour prendre un bain

Pour mieux comprendre l’indignation des fidèles de Limburg, qui réclament la démission de leur évêque, il faut examiner la note “salée” en détail. Le siège épiscopal abrite les appartements privés de Mgr Tebartz-van Elst, un musée, une chapelle qui coûte la modique somme de 2,9 millions d’euros à elle toute seule, et un jardin évalué à 783.000 euros. Précisons que ce jardin est conçu pour “la méditation”. On peut aussi méditer sur la surface de la salle à manger, 63 m2, le prix de la baignoire, 15.000 euros, et des robinets en or de la salle de bains, 578.000 euros. La cerise sur le gâteau, c’est une déclaration de l‘évêque allemand faite avant le scandale : “Ceux qui me connaissent savent que je n’ai pas besoin d’un style de vie grandiose !”

Quant à ceux qui ne connaissent pas encore assez Franz-Peter Tebartz-van Elst, ils en apprennent chaque jour un peu plus. Cet homme de 53 ans, issu d’une famille de paysans, est monté rapidement dans la hiérarchie catholique. Evêque auxiliaire de Munster, il a ensuite été nommé évêque de Limburg le 28 novembre 2007 par Benoît XVI. Son successeur, le pape François, le freine dans sa course mais il a quelques appuis au Vatican. Des experts ont été désignés par l’Eglise pour fouiller dans le budget du diocèse de Limburg qui, bien que se montant à 200 millions d’euros par an, est actuellement dans le rouge. “Cela ne doit pas rester sans conséquences”, a indiqué le président de la Conférence épiscopale allemande, Mgr Robert Zollitsch.

“L‘évêque de luxe”, comme on le surnomme en Allemagne, représente tout ce que déteste le pape François, qui prêche pour une Eglise dépouillée, humble et proche des gens. Mgr Tebartz van-Elst aime également les voitures de collection et utilise une BMW avec chauffeur. Il passe pour être autoritaire et arrogant, et il est désormais “un menteur” aux yeux de l’opinion publique allemande. Les catholiques de la région de Limburg l’ont d’ailleurs jugé sans attendre, puisqu’ils sont près de 25.000 à avoir quitté l’Eglise depuis le début de son exercice en 2008.

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