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Pologne : les toxicomanes polonais sont de plus en plus jeunes


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Pologne : les toxicomanes polonais sont de plus en plus jeunes

Drogues les plus répandues

La drogue la plus répandue parmi les Polonais est le cannabis, suivie des sédatifs et des hypnotiques (somnifères) utilisés sans prescription médicale. Lors de l’enquête menée fin 2010 par le Bureau national de prévention de la toxicomanie sur un échantillon de Polonais âgés de 15 à 64 ans, 17,6% des personnes interrogées ont déclaré avoir déjà consommé du cannabis. Parmi elles, 9,6% étaient des utilisateurs récents (12 derniers mois) et 5,4% des utilisateurs actuels (30 derniers jours).

Selon les résultats de la même enquête, les amphétamines se retrouvent en troisième position, suivie de l’ecstasy. En ce qui concerne la consommation de cette dernière, la Pologne partage la première place en Europe avec les Pays-Bas.

Personnes et générations les plus touchées

Selon le dernier rapport de ENCDDA (Observatoire européen des drogues et des toxicomanies), les consommateurs de drogues polonais sont de plus en plus jeunes : un élève de 15-16 ans sur quatre a consommé du cannabis au moins une fois dans sa vie. En ce qui concerne cette tranche d’âge, la Pologne est en tête des pays européens, devant la France, l’Espagne et la République tchèque. Les données du Centre polonais de l’information sur les drogues et la toxicomanie sont encore plus alarmantes : un adolescent de 17-18 ans sur trois aurait admis avoir consommé de la marijuana ou du hashish.

La consommation de ce type de drogues est en constante augmentation. Selon l’étude menée en 2011 par l’Institut de psychiatrie et de neurologie, la proportion des expérimentateurs aurait augmenté de 14% dans la période 1995-2011. Les jeunes Polonais sont également les plus gros consommateurs d’amphétamines et d’ecstasy. A cela s’ajoutent des sédatifs et des somnifères consommés sans prescription médicale. Les résultats de l’enquête montrent également que l’usage de substances illicites est presque aussi populaire chez les jeunes adultes que chez les adolescents.

Politique du gouvernement

La législation polonaise sur la drogue reste parmi les plus restrictives en Europe. La loi relative à la lutte contre la toxicomanie du 29 juillet 2005 sanctionne la possession et la vente de toute quantité de drogue. Une personne arrêtée en possession de ne serait-ce qu’un gramme de cannabis encourt une peine allant jusqu’à 3 ans de prison ferme.

Depuis quelques années, les statistiques concernant le nombre de condamnations liées au commerce de la drogue reste stable ; en revanche, le nombre de personnes arrêtées en possession de petites quantités de drogue destinées à leur propre consommation et punies pour cette raison a augmenté de 1 500% en 10 ans. 30 000 personnes sont arrêtées chaque année en raison de leur possession de stupéfiants, 17 000 d’entre elles sont sanctionnées à ce titre dont 9 000 condamnées à une peine d’emprisonnement.

En 2011, la loi relative à la lutte contre la toxicomanie a fait l’objet d’une modification majeure. L’amendement voté en avril 2011 (entrée en vigueur en décembre 2011) a introduit l’article 62a qui donne aux procureurs et aux juges la possibilité de mettre fin aux poursuites pour des individus surpris en possession de petites quantités de stupéfiants et de substances psychotropes à des fins privées.

En outre, l’article 70a impose aux procureurs, pendant la phase de préparation de la procédure pénale, l’obligation de recueillir des informations sur l’usage de stupéfiants et de substances psychotropes par l’accusé (afin d’établir son niveau de dépendance). Le règlement en question constitue une étape importante dans l’adaptation du système juridique polonais à la mise en œuvre effective du principe « soigner plutôt que punir ».

La pratique a montré que, seulement dans quelques cas, le procureur a profité de la possibilité laissée par l’article 62a lui permettant d’abandonner les poursuites.

Traitement et prévention

Les dernières enquêtes nationales menées en Pologne en 2011 estiment à 103 000 le nombre de consomateurs de drogue dépendants.

Conformément à loi de 2005 relative à la lutte contre la toxicomanie, les traitements de désintoxication, les services de réadaptation et de réinsertion sont accessibles aux personnes dépendantes gratuitement. Ils se passent dans le cadre de centres hospitaliers publics spécialisés, de services ambulatoires dans des cliniques et d’associations. Le système de soins aux personnes dépendantes est dominé par des formes de traitement résidentiel allant de plusieurs semaines à plusieurs mois. Les cliniques résidentielles sont principalement situées en dehors des zones urbaines et fournissent des traitements médicamenteux et des programmes de réhabilitation basés sur le modèle de la communauté thérapeutique.

Selon le Bureau national de prévention de la toxicomanie, il existait en 2011 en Pologne 79 cliniques résidentielles et 212 ambulatoires proches.

Il existe aussi des traitements de substitution mais ils sont relativement rares : en 2011, 2 200 patients y ont eu droit principalement en unités de soins (25) et dans des prisons (7).
En 2010 (dernières données disponibles), 14 444 patients ont suivi une cure en raison de maladies liés aux drogues. 75% d’entre eux étaient des hommes. La majorité d’entre eux étaient consommateurs d’opiacés.

En termes de prévention, l’action politique est définie par le nouveau Programme national de lutte contre la toxicomanie mis en œuvre en 2011 pour une période de cinq ans. Une de ses caractéristiques est d’insister à la fois sur l’amélioration de la qualité des programmes de prévention, du ressort des collectivités locales, et sur les compétences des thérapeutes qui les mettent en application.

Lors de la première année de mise en œuvre du nouveau Programme national de lutte contre la toxicomanie, 66% des communes polonaises ont appliqué huit programmes de prévention universelle.

Enfin, suivant le règlement du Ministère de l’Education nationale de 2002, l’école est tenue d’élaborer et de mettre en œuvre une politique de prévention en milieu scolaire. L’obligation concerne également l’identification précoce de l’inadaptation sociale chez les jeunes élèves et l’assistance psychologique et pédagogique à fournir aux élèves menacés par la drogue, ainsi qu’à leurs parents.

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