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Les Chinois sur la Lune : dans les pas des grandes nations spatiales


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Les Chinois sur la Lune : dans les pas des grandes nations spatiales

Les Chinois dans la Lune. Ils en rêvaient. C’est fait. Dans la nuit de samedi à dimanche, le pays est devenu le troisième à réussir un alunissage en douceur. La sonde spatiale Chang’e-3 s’est posée sur le sol lunaire et y a déchargé “lapin de jade”, un véhicule d’exploration bourré d‘électronique. Durant 3 mois il va explorer notre satellite, effectuer des analyses et envoyer des images 3D de la lune. Un succès dont la Chine est très fière. Même si c’est 44 ans après le premier alunissage par les américains et ce fameux premier pas d’un homme sur la lune. C‘était en 1969. Les Russes après plusieurs tentatives et échecs seront les seconds, non pas à marcher mais à rouler sur la Lune en 1970. Puis plus rien.

Les Chinois ne comptent pas s’arrêter là. Ce qu’ils veulent, c’est marcher sur la Lune, eux aussi, d’ici 2025. L’ambitieux programme spatial chinois débute dans les années 60, mais il a réellement décollé ces 20 dernières années, accompagnant l’essor économique du pays.

Et l’enjeu est loin d‘être seulement technologique. Outre le prestige international, c’est la fierté patriotique qui se voit renforcée par ces exploits. En 2003, la Chine envoie son premier homme dans l’espace. C’est le début du programme Shenzhou et une immense fierté pour le pays. Le taikonaute Yang Liwei devient un héros national. Dès lors tout s’accèlère.

Nouveau défi, nouvel exploit et à nouveau 3ème position derrière les Etats Unis et la Russie, 2008 : première sortie dans l’espace. Lorsque ce 17 septembre, le taikonaute de la mission Shenzhou VII Zhai Zhigang agite au dessus du vide le drapeau chinois, il déclenche des tonnerres d’applaudissements au centre spatial et dans les rues où la foule suit l’exploit sur des écrans géants.

Les vols habités vont se multiplier et deviennent une priorité, car la Chine ambitionne aussi de se doter d’une station orbitale d’ici 2020. Le 26 juin dernier, les 3 taïkonautes, dont la première femme de la mission Shenzhou X sont rentrés sur terre après 15 jours en orbite. Une étape importante dans la mise en place des différents modules de la future station.

La Chine consacre des milliards de dollars à la conquête de l’espace et veut prouver par là qu’elle sait faire seule ce que l’on pensait être le monopole de quelques uns, et qu’elle avance inexorablement vers le podium des super puissances.

L’interview :

Notre journaliste scientifique, Jeremy Wilks, s’est entretenu à ce sujet avec Karl Bergquist, du département des relations internationales de l’Agence spatiale européenne.

Jeremy Wilks, euronews :

Karl, vous vous occupez des relations de l’ESA avec les Chinois. Quel type d’aide l’ESA leur a-t-elle apporté ?

Karl Bergquist, ESA

Nous avons, avec les autorités spatiales chinoises, un accord de soutien mutuel. Nous nous sommes impliqués dans les programmes Chang’e-1 et Chang’e-2, et maintenant aussi dans Chang’e-3, en apportant une aide via notre réseau à terre. Nous avons des bases au sol en Espagne, en Australie et aussi en Guyane française, en Amérique du sud. Une fois que la sonde a aluni, nous avons fait une triangulation en utilisant nos bases en Australie et à Cebreros en Espagne, nous avons fait un triangle pour déterminer exactement où la sonde se trouvait sur la surface lunaire.

Jeremy Wilks, euronews :

Dîtes-moi, comment se passe la mission en ce moment ? Y a-t-il eu des problèmes de dernière minute ?

Karl Bergquist, ESA

Non, je pense que tout se passe très bien. Je sais qu’une fois que la sonde s’est posée sur la surface lunaire, il y a même eu… Nous avions des équipes chinoises dans notre centre de contrôle de Darmstadt en Allemagne, et il ont même fait une petite fête pour célébrer le fait que tout s‘était déroulé exactement comme prévu.

Jeremy Wilks, euronews :

Pourquoi les Chinois ont-ils sollicité l’Agence spatiale européenne et pas la NASA ou l’Agence spatiale Russe ?

Karl Bergquist, ESA

Tout d’abord, je pense que notre centre d’opération en Allemagne est vraiment un des centres les plus performants au monde pour ce qui est du repérage de satellites, et deuxièmement, nous entretenons des relations depuis longtemps avec les Chinois et je pense que c’est une autre raison valable pour venir solliciter l’aide et la coopération de l’ESA.

Jeremy Wilks, euronews :

Parlons de la Lune. Le dernier alunissage réussi a été celui conduit par l’Union soviétique en 1976. Pourquoi y retourner. Quel intérêt pour la Chine ?

Karl Bergquist, ESA

Eh bien, je pense bien sûr que la Lune est… C’est très symbolique d’aller sur la Lune, et je suis sûr qu’il y a aussi une facette politique, se poser sur la Lune a un grand impact, un impact important. Le deuxième objectif est, bien sûr, l’objectif technologique, être capable de se poser sur la Lune, faire sortir le véhicule d’exploration, faire fonctionner les instruments scientifiques, c’est une grande prouesse technologique. Et la troisième chose est l’exploration scientifique de la Lune.

Jeremy Wilks, euronews :

Karl Bergquist, merci beaucoup d’avoir été avec nous.

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