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Immigration : lancement de l'opération anti-sans papiers controversée "Mos Maiorum"


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Immigration : lancement de l'opération anti-sans papiers controversée "Mos Maiorum"

Ce lundi a été lancé dans les pays de l’espace Schengen une vaste opération visant à traquer les sans papiers et mettre à jour des filières d’immigration clandestine. Coordonnée par l’Italie et intitulée “Mos Maiorum,” elle devrait durer jusqu’au 26 octobre. Ce coup de filet est vivement critiqué par les associations de défense des migrants, qui dénonce une véritable “chasse”.

Ce type d’intervention est réalisé tous les six mois par le pays qui assure la présidence semestrielle des réunions ministérielles de l’Union européenne, selon l’agence AFP. La Grèce l’avait nommée Aerodromos (aéroport), l’Italie a choisi de l’intituler Mos Maiorum, référence au concept romain de “moeurs des anciens” à défendre contre la décadence et la barbarie.

Pas moins de 20 000 membres des forces de l’ordre sont mobilisées pour l’opération dans 25 pays; ils seront chargés de surveiller les frontières extérieures mais aussi les arrêts de bus, gares et autoroutes sur le territoire européen.

L’objectif officiel est d’ “appréhender les migrants en situation illégale” pour les “identifier” et “affaiblir les organisations criminelles de passeurs”, précise un document adopté par le conseil des ministres de l’UE cité par l’AFP. Les 22 Etats membres de Schengen et les quatre pays associés Suisse, Norvège, Liechtenstein et Islande ont été invités à participer sur une base volontaire.

Les immigrés en situation irrégulières arrêtés seront renvoyés dans leur pays d’origine si ce dernier à signé une convention de réadmission avec l’UE. Sinon, ils pourront être placés en rétention, pour des durées variables selon les pays, ou laissés en liberté avec avis d’expulsion.

"Chasse" aux sans papiers

De nombreuses voix s‘élèvent dans le monde associatif pour condamner ce qui est vu comme un coup de filet, une “chasse,” ciblant une population déjà précaire et fragilisée.

Selon Karl Kopp, directeur des affaires européennes de l’ONG allemande ProAsyl, “Mos Maiorum est une opération anti-réfugiés, c’est leur cible, que ce soit bien clair”.

“Au lendemain du triste anniversaire du naufrage de Lampedusa d’octobre 2013, le lancement de cette opération illustre le double discours de l’UE”, a pour sa part déploré la Cimade.

Pour “Frontex Exit”, association de défense des migrants, Mos maiorum, c’est “la chasse des sans papiers dans l’Europe, une nouvelle bataille dans la guerre engagée par l’UE contre un ennemi imaginaire. Cette opération alimente le fantasme d’une invasion criminelle en Europe et utilise Frontex (l’agence chargée de la coordination de la sécurité des frontières extérieures de l’UE) pour mener une politique discriminatoire et violer les droits des migrants et des réfugiés”.

Les Etats membres doivent préciser les détails de l’interception des sans papiers, date et lieu, fournir des indications sur le migrant —nationalité, sexe, âge, lieu d’entrée dans l’UE— et déterminer la route et les moyens empruntés (papiers, réseaux, montants payés pour le passage).

Il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre de migrants en situation irrégulière dans l’UE, mais ils seraient entre 150 000 et 450 000 selon les estimations.

(avec agences)

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