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Interpol poursuit 9 criminels de l'environnement, une première !


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Interpol poursuit 9 criminels de l'environnement, une première !

C’est une première mondiale ! Interpol a décidé de mettre tout son poids dans la recherche de criminels de l’environnement. Oui, dans ce domaine aussi, la criminalité se développe à grande vitesse et prend une ampleur inquiétante. Alors, l’organisation policière internationale, basée dans la ville française de Lyon, a voulu frapper un grand coup en lançant ce lundi un appel à témoins à l‘échelle mondiale afin de localiser et arrêter 9 personnes accusées de massacre ou de trafic d’espèces sauvages protégées, de pêche interdite, de commerce illégal d’ivoire ou de bois précieux, de transport et déversement illégal de déchets toxiques…L’initiative inédite d’Interpol fait suite à l’opération “Infra-Terra” lancée début octobre (Infra : International Fugitive Round Up and Arrest), qui visait à retrouver 139 délinquants de l’environnement recherchés dans 36 pays différents.

Le “déclic” s’est produit il y a peu de temps pour de nombreux pays. Jusque-là, ils ne considéraient pas les atteintes à l’environnement, même graves, comme des crimes; ils comprennent désormais toute la menace que cela représente pour la planète entière. Interpol explique que les suspects recherchés sont d’autant plus dangereux qu’ils sont liés presque toujours à des organisations ou des réseaux criminels. Les différents trafics et commerces clandestins représentent – estimation forcément difficile à calculer – entre 100 à 200 milliards d’euros chaque année au niveau mondial. Les enquêteurs constatent notamment que les routes utilisées pour le trafic d’ivoire sont les mêmes que celles qui sont suivies par les trafiquants d’armes. Il est également clairement établi que l’argent des crimes contre l’environnement sert à financer certains groupes armés comme les islamistes Chebab, en Somalie, qui ont fait allégeance à Al-Qaïda, ou l’Armée de Résistance du Seigneur, mouvement chrétien en rébellion contre le gouvernement en Ouganda.

Huit des hommes recherchés :

Les 9 hommes activement recherchés par la police d’Interpol sont le Kenyan Feisal Mohamed Ali, le Pakistanais Ahmed Kamran, l’Italien Adriano Giacobone, le Russe Sergey Darminov, le Costaricain Ariel Bustamante Sanchez, le Zambien Ben Simasiku, le Néerlandais Nicolaas Antonius Cornelis Maria Duindam et l’Indonésien Sudiman Sunoto; la nationalité de Bhekumusa Mawillis Shiba est incertaine. Les plus “gros poissons” sont les deux premiers de cette liste. Feisal Mohamed Ali est un homme d’affaires soupçonné d‘être un “parrain” du trafic d’ivoire au Kenya. Un énorme chargement qu’aurait préparé son réseau – près de deux tonnes d’ivoire, comprenant notamment 228 défenses d‘éléphants – a par exemple été saisi en juin dernier dans la ville portuaire de Mombasa. Ahmed Kamran est connu comme un spécialiste du trafic d’animaux sauvages vivants. Fin 2010, il avait réussi à faire passer illégalement une centaine d’animaux de Tanzanie au Qatar. Gazelles et girafes en majorité avaient été transportées dans un avion- cargo militaire.

Les éléphants et les rhinocéros sont les deux principales victimes de ces trafiquants en tout genre. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 25 000 et 35 000 pachydermes sont décimés chaque année en Afrique. La population connaît ainsi une baisse spectaculaire de plus de 60% depuis 2002. Quant aux rhinocéros, ils ont déjà disparu de plusieurs pays d’Afrique et d’Asie. Pour cinquante animaux tués en 2007, il faut maintenant en compter mille. Leur chasse illégale se concentre désormais presque essentiellement sur le Zimbabwe et l’Afrique du Sud. Le massacre est tel que la menace d’extinction est réelle, tout le monde (sauf les criminels) en a pourtant conscience…

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