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Interview de John McCain, le vétéran de la politique américaine


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Interview de John McCain, le vétéran de la politique américaine

Isabelle Kumar, Euronews :

Il est surnommé le ‘‘Maverick’‘, le franc-tireur de la politique américaine, connu pour avoir été candidat à la présidentielle de 2008 qu’il a perdu face à Barack Obama. Il est toujours considéré aujourd’hui comme un personnage politique influent. Le sénateur John McCain est avec nous. Sénateur McCain, merci d’avoir accepté notre invitation. On se souvient encore très bien de votre candidature à la présidentielle de 2008. Six ans plus tard, diriez-vous que cette expérience a constitué un obstacle ou qu’elle vous a été utile ?



John Mac Cain, vétéran de la politique américaine

  • John Sidney McCain, né le 29 août 1936 sur la base militaire américaine de Coco Solo, dans la zone du canal de Panama, est un vétéran de la guerre du Viêt Nam. Il est aujourd’hui membre du Parti républicain, sénateur de l’Arizona au Sénat des États-Unis depuis 1987 (réélu en 1992, 1998, 2004 et 2010).
  • Après avoir tenté, sans succès, en 2000 de recevoir l’investiture républicaine pour être le candidat du parti à l‘élection présidentielle, il est huit ans plus tard le candidat républicain à l‘élection présidentielle de novembre 2008, qu’il perd avec 45,7 % des voix et 173 grands électeurs, face à Barack Obama, qui obtient 52,9 % et 365 grands électeurs.
  • En mai 2008, le Time le classe cinquième sur sa liste des cent personnes les plus influentes au monde.
  • Au Sénat, McCain a été un des plus fermes partisans de la réforme du financement des campagnes électorales, qu’il fait aboutir en 2002 avec le sénateur démocrate Russ Feingold. La loi McGain-Geingold, ou Bipartisan Campaign Reform Act, sera cependant partiellement annulé par la Cour suprême par la suite.
  • Qualifié alors de républicain progressiste, il est souvent assimilé à l’image de l’ancien président Théodore Roosevelt pour « considérer la politique comme une compétition entre l’intérêt national et l‘égoïsme des intérêts privés » et défendre « l’idée que le gouvernement devait contrebalancer les abus de la richesse organisée».
  • Il est également très sensible aux questions sur le réchauffement climatique et souhaite développer des énergies alternatives, en favorisant le nucléaire (il propose notamment de construire 45 nouveaux réacteurs nucléaires d’ici 2030) et le biocarburant.

John McCain :

Je crois qu’il était utile que je me présente à la présidentielle américaine. Mais je dois dire aussi que, après cette nuit électorale, je n’imaginais certainement pas que le monde ressemblerait à cela aujourd’hui. Il y a eu une détérioration drastique de la situation sécuritaire et une diminution profonde de l’influence américaine.

Isabelle Kumar, Euronews :

Nous avons demandé aux internautes de nous envoyer leurs questions et beaucoup d’entre eux veulent savoir si vous allez vous représenter à la présidentielle ?

John McCain :

Non

Isabelle Kumar, Euronews :

Absolument pas ?

John McCain :

Non, je pense que deux fois, c’est suffisant pour les électeurs. (en 2000, il s‘était présenté aux primaires républicaines, mais avait échoué face à G.W. Bush)

Isabelle Kumar, Euronews :

Mais dans le parti républicain, il n’y a pas tellement de meneurs, de favoris qui se dégagent pour le moment. Si vous deviez citer trois prétendants, qui choisiriez vous ?

John McCain :

Je ne soutiendrai personne, tant que je ne sais pas sur quoi sera faite la campagne. Mais disons que l’ancien gouverneur de Floride, Jeb Bush, est un candidat très probable. Je peux citer aussi mon cher ami, Lyndsey Graham, qui est l’une des personnes les mieux informées sur les questions de sécurité nationale an Amérique. Marco Rubio, de Floride, est une étoile montante très impressionnante.

Isabelle Kumar, Euronews :

Quels seront, selon-vous, les enjeux majeurs de cette élection ?

John McCain :

Il y a six mois, nous aurions parlé d‘économie, d‘énergie – et on en parle toujours bien sûr, nous aurions parlé des services de santé. Mais aujourd’hui, la question de la sécurité nationale, de la politique étrangère a pris énormément d’importance. Nous allons, je pense, avoir à faire, pendant un certain temps, à ce groupe État islamique, ce mouvement extrémiste musulman. Donc la sécurité nationale, la politique étrangère sera à mon avis l’un des deux ou trois enjeux majeurs de la prochaine campagne présidentielle.

Isabelle Kumar, Euronews :

Question à présent d’Abel Alemeke : dans quelles circonstances soutiendriez-vous un nouveau ‘‘shutdown’‘ du gouvernement ?

John McCain :

Dans aucune circonstance. Je ne vois pas de circonstances qui pourraient justifier un autre shutdown du gouvernement, auquel j‘étais d’ailleurs opposé à l‘époque.

Isabelle Kumar, Euronews :

Les résultats des élections de mi-mandat montrent que vous allez être très probablement le prochain président du Comité des forces armées du Sénat. Vous allez avoir un rôle clé en politique étrangère. Quelles sont vos priorités en matière de Défense ?

John McCain :

Tout d’abord, nous devons, selon moi, abroger le mécanisme du ‘‘séquestre’‘, ces coupes automatiques dans les dépenses du budget de la Défense. Nous sommes en train de décimer notre armée et j’ai cru comprendre, en entendant des chefs militaires, que je n‘étais pas le seul à exprimer cette opinion. La deuxième chose, c’est que nous devons faire tout notre possible pour restaurer le leadership américain, ce qui signifie que nous devons diriger. En d’autres termes, nous devons avoir une politique ferme, tout d’abord vis-à-vis de Vladimir Poutine, qui doit comprendre qu’il ne peut pas étendre son pouvoir comme cela en Europe.
Le deuxième point est que nous devons vaincre le groupe État islamique. Le président dit que nous devons vaincre l’Etat Islamique, mais il n’a aucune stratégie. Nous allons donc travailler très dur pour imposer une stratégie afin d’affaiblir et de vaincre cette organisation.

Isabelle Kumar, Euronews :

Nous allons revenir sur tous ces points, mais avant cela, que dites vous à vos détracteurs qui vous décrivent comme un faucon. ? L’ancien président Jimmy Carter a dit récemment que vous étiez un belliciste. Que lui répondez-vous ?

John McCain :

Je répond en disant : dites-moi quand je me suis trompé. À ces gens, je leur dis qu’ils se sont trompés à chaque fois.

Isabelle Kumar, Euronews :

Vous avez soutenu la guerre en Irak.

John McCain :

J’ai dit que si nous ne laissions pas une force résiduelle en Irak, nous allions nous retrouver avec cette situation d‘échec. J’ai dit que si nous ne résistions pas à Vladimir Poutine en Ukraine, il allait poursuivre sa progression vers le sud et renforcer son contrôle sur l’Est ukrainien. À chaque fois, j’ai eu raison et ils ont eu tort.

Isabelle Kumar, Euronews :

La guerre en Irak en 2003, c‘était…

John McCain :

… c‘était le vote sur la guerre en Irak en 2000. Quand il y a eu ce vote, le secrétaire d‘État des États-Unis d’Amérique s’est rendu au Conseil de sécurité des Nations Unies et au Congrès américain, et il a dit que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. J’ai cru cette information.
Encore plus important : j’ai dit, quand George Bush était président, qu’il devait virer son secrétaire à la Défense, que la stratégie était en train d‘échouer, que nous devions envoyer de nouvelles troupes. C’est ce qui s’est produit et la situation a été stabilisée. Et selon les anciens secrétaires à la Défense, Panetta et Gates, ainsi que Ryan Crocker, nous aurions pu laisser une force résiduelle en Irak. Le président voulait que les soldats partent. C‘était son point de vue.

Isabelle Kumar, Euronews :

Mais les Irakiens, le gouvernement irakien ne voulaient…

John McCain :

Les Irakiens voulaient qu’on soit là-bas. J‘étais face à Maliki dans son bureau quand il m’a dit : oui, nous allons conserver une force résiduelle. Combien de soldats ? Nous ne lui aurions même pas dit la quantité de soldats, ni même l’objectif de la mission.
Encore une fois, vous pouvez citer qui vous voulez, mais les personnes les plus crédibles que je connais en Amérique – Ryan Crocker, Leon Panetta et Bob Gates – tous les trois ont dit que nous aurions pu laisser en Irak une force résiduelle. Nous aurions pu.
Maintenant, si vous ne voulez pas les croire, faites comme vous voulez. J’ai prédit ce qui allait se passer. Et je le dis aujourd’hui : si nous ne laissons par une force résiduelle en Afghanistan, nous allons avoir la même issue qu’en Irak. Et aujourd’hui, on a l‘État Islamique, qui contrôle le territoire le plus grand, le plus riche et le plus puissant de l’histoire des groupes terroristes. Et nous n’avons pas de stratégie.’‘

Isabelle Kumar, Euronews :

Donc votre stratégie, c’est que les États-Unis envoient des troupes au sol et dirigent une intervention militaire ?

John McCain :

Non. Il faut livrer des armes directement aux peshmergas, établir une zone d’exclusion aérienne en Syrie, armer et équiper l’armée syrienne libre. Il faut davantage de contrôleurs aériens sur le terrain, davantage de forces spéciales et autres en Irak pour atteindre nos objectifs. Nous devons aussi nettement intensifier la campagne de bombardements aériens. Il y a eu peu de frappes jusqu’ici.

Isabelle Kumar, Euronews :

Il y a clairement un aspect militaire mais aussi idéologique dans cette bataille contre l‘État islamique, qui est de plus en plus populaire. S’il y avait une campagne militaire, ne risquerait-il pas d’en ressortir renforcer ? Comment pouvez-vous lutter contre l’idéologie de ce groupe ?

John McCain :

Et bien de la manière dont nous les combattons aujourd’hui. Quand nous avons envoyé de nouvelles troupes en Irak et que nous avons stabilisé la situation, l‘État islamique n’existait pas encore à l‘époque. Il y avait des restes d’Al Qaida. Et nous avions dit à tout le monde à ce moment-là, ce qui risquait d’arriver, nous avons vu l‘État islamique se développer. C‘était flagrant. Cela pouvait surprendre le président et de nombreuses personnes, mais nous l’avions prédit. Nous avons vu l’Etat Islamique se développer et nous avions dit que ça allait se passer comme ça. Donc, ce groupe doit être vaincu militairement, et en même temps, nous devons faire plein d’autres choses : les questions économiques, politiques et idéologiques ont besoin d’une réponse permanente. Mais tout d’abord, il faut battre l‘État islamique militairement.

Isabelle Kumar, Euronews :

Du coup, des jeune hommes et femmes devraient cesser d’aller dans ces pays pour faire le djihad ?

John McCain :

S’ils sont sûrs qu’ils vont mourir là-bas, ils vont certainement arrêter d’y aller. Mais la raison pour laquelle, le groupe État islamique parvient à les attirer, c’est qu’il est en train de gagner. C’est la raison pour laquelle le groupe réussit à recruter, car ces candidats au djihad veulent faire partie d’une cause gagnante. C’est pourquoi il y a cette organisation extrémiste en Égypte, qui vient juste d’annoncer son allégeance à l‘État islamique, car elle veut faire partie d’une cause gagnante. L’Etat Islamique doit être vaincu.

Isabelle Kumar, Euronews :

Vous avez évoqué l’Ukraine tout à l’heure. Revenons sur ce point. Vous avez dit que l’armée ukrainienne devrait être soutenue avec des armes. N’est-ce pas un peu risqué ? On ne sait pas quelles sont les intentions de Vladimir Poutine. Cela pourrait être une déclaration de guerre totale ?

John McCain :

Qu’est en train de faire Vladimir Poutine en ce moment ? Ils ont pris la Crimée, ils ont consolidé leurs positions dans l’est de l’Ukraine, ils ont envoyé, au cours des deux dernières semaines, des chars et des équipements supplémentaires en Ukraine. Ils ont tué plus de 4.000 soldats ukrainiens. Et vous avez peur de provoquer Vladimir Poutine ? Regardez ce qu’il est en train de faire. Il est en train de gagner. Pour la première fois, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un pays est en train d‘être démembré en Europe, et nous ne leur donnons pas d’armes pour se défendre ? J‘étais à Maidan, j’ai vu 300.000 personnes, dans un froid polaire, qui ne veulent pas faire partie de la Russie. Ils ne veulent pas voir leur pays être démantelé comme il l’est aujourd’hui et ils méritent qu’on leur fournisse de l’aide en leur donnant des armes. Alors, penser qu’on ne devrait pas les aider, et craindre de provoquer Vladimir Poutine…

Isabelle Kumar, Euronews :

Vous ne seriez pas préoccupé d’avoir une guerre totale avec la Russie ?

John McCain :

Il n’y aura jamais de guerre totale avec la Russie. Je ne vois aucun scénario qui peut aboutir à cela.
Mais, ne serait-ce pas une bonne chose que les Ukrainiens, qui assistent à l’invasion de leur terre, aient des armes pour se défendre. C’est une tradition des Etats-Unis d’Amérique d’aider ceux qui se battent contre l’invasion et l’agression. Maintenant ce n’est peut-être pas la votre, mais c’est certainement une tradition aux États-Unis d’Amérique.

Isabelle Kumar, Euronews :

Une question à présent de Bobby Laroche Nkabyo : en dehors de la politique, que pensez-vous personnellement du président Vladimir Poutine ?

John McCain :

Je pense qu’il est ce qu’il est. C’est un ancien apparatchik du KGB qui veut restaurer l’empire russe. Il utilise le terme Nouvelle Russie. Il n’y a pas de doute sur ce qu’il est. Au passage, j’ai été sanctionné par M. Poutine, et j’en suis fier. Il est comme cela. Pourquoi chercher plus longtemps ?

Isabelle Kumar, Euronews :

George W.Bush a dit qu’il avait regardé dans l‘âme de Vladimir Poutine. Je le cite : ‘‘J’ai regardé l’homme dans les yeux et j’ai trouvé qu’il était digne de confiance et franc.’‘

John McCain :

Et vous savez ce que j’ai dit à l‘époque ? J’ai regardé dans ses yeux et j’ai vu trois lettres : K, G, B.

Isabelle Kumar, Euronews :

Que pensez-vous des sanctions et de la réaction de l’Europe ?

John McCain :

Je pense que les sanctions sont bonnes. Quand je me mets dans la peau de Vladimir Poutine et que je regarde les sanctions qui m’ont été infligées, je me dis… Maintenant que j’ai la Crimée, maintenant que j’ai l’est de l’Ukraine, que j’ai intimidé d’autres pays de l’Europe de l’Est, si je suis Vladimir Poutine, je me dis que je m’en sors plutôt bien. Aujourd’hui, le prix du pétrole est le plus gros problème de Poutine, mais ça n’a rien à voir avec les sanctions. Les sanctions ont été minimes. Les Européens ne feront rien de bien efficace, tant qu’ils dépendent de l‘énergie russe.

Isabelle Kumar, Euronews :

Vous venez de décrire les sanctions comme une plaisanterie. Vous maintenez cela ?

John McCain :

Et bien, oui, je le maintiens. Quelqu’un doit me dire ce qu’ils ont fait.

Isabelle Kumar, Euronews :

Que voulez-vous que fassent les Européens ?

John McCain :

J’aimerais que les Européens, en particulier à travers l’OTAN, fournissent des armes aux Ukrainiens afin qu’ils puissent se défendre de l’agression russe. Il (Poutine) a aujourd’hui le contrôle de l’est de l’Ukraine. Il a récemment envoyé des chars et des équipements supplémentaires en Ukraine et il est sur le point de prendre Marioupol, donc il a un pont de terre vers la Crimée. Puis il va regarder le prix qu’il doit payer pour aller en Moldavie. C’est le vieux style de la Guerre froide.

Isabelle Kumar, Euronews :

Donc vous pensez que son but est de rétablir le pouvoir dans les pays de l’ancien bloc de l’est ?

John McCain :

Restaurer l’empire russe. Pour lui, ce n’est pas un bloc, c’est l’empire russe. Nouvelle Russie, c’est ce qu’il dit tout le temps. Pourquoi ne devrions-nous pas l’envisager ?

Isabelle Kumar, Euronews :

D’accord. Nous allons passer rapidement aux autres points chauds dans le monde. La question palestinienne d’abord. Les diplomates américains ont tenté de relancer le processus de paix, mais pourquoi cela semble toujours hors de portée?

John McCain :

Je pense qu’ il y a de nombreuses raisons, et notamment , que les événements dépassent la seule question palestinienne / israélienne.
Quand on regarde l’Etat islamique, quand on regarde l’extrémisme musulman, qui influence aussi les Palestiniens, on comprend qu’une partie du problème est que le Hamas est toujours là, à Gaza, et ils se sont engagés à la destruction d’Israël.
De temps en temps, nous voyons des flambées de violence – et nous remercions Dieu pour le Dôme de Fer, sinon nous aurions assisté à un carnage en Israël . Je pense que de toute évidence les deux côtés portent une responsabilité dans la violence. Mais nous devons toujours essayer de trouver des solutions.

Isabelle Kumar, Euronews :

Plusieur Etats européens ont décidé de reconnaitre l’Etat palestinien, et vous quel est votre avis ?

John McCain :

Ce ne sera jamais la politique des Etats-Unis.

Isabelle Kumar, Euronews :

Nous allons maintenant aborder brièvement la question iranienne : nous avons reçu cette question d’Emir Abbas et il demande – évidemment, ce sont ses mots – “est-ce que les politiciens américains sont conscients de la pression qu’ils mettent sur le peuple iranien? Je vous serais reconnaissant si vous me donnez une réponse franche et crédible ».

John McCain :

J’essaye toujours de donner des réponses franches.
Les Iraniens trichent depuis longtemps. Ils dissimulent depuis longtemps leurs capacités nucléaires.
Ils continuent de fabriquer des ogives et des missiles, capables d’emporter des armes nucléaires. Si l’administration continue ainsi, nous sommes au bord d’une catastrophe. Pendant ce temps l’Iran déstabilise le Yémen, ils livrent des armes, ils ont motivé le Hezbollah. Ils ont donné des ordres au Hezbollah en Syrie pour qu’ils tuent des Syriens. Ils sont responsables d’attaques contre des installations américaines, comme cela l’a été avec l’USS Cole, et ils tentent d’exercer une influence supplémentaire dans la région comme le Bahreïn et d’autres. Notre objectif ne devrait pas être de retarder leur capacité, il devrait être d’empêcher l’acquisition d’armes ou le développement d’armes nucléaires. Et déjà, les grandes déclarations que nous entendons sont pour moi une très mauvaise affaire.

Isabelle Kumar, Euronews :

Le monde de la politique est évidemment celui où vous avez besoin d’un maximum d’endurance. Vous étiez un prisonnier de guerre pendant cinq ans et demi au Vietnam. Est-ce que cette expérience vous sert encore? Vous souvenez-vous de tout cela lorsque vous êtes confronté à de dures journées au Sénat?

John McCain :

J’ai pu observer mille actes de courage et de bonté qui existaient entre mes compagnons de captivité et moi-même.
Je regarde en arrière et je vois l’une des plus belles expériences de ma vie parce que ceux que je connais le mieux , ceux que j’aime le plus, sont ceux avec qui j’ai pu servir dans des conditions très difficiles. J‘étais un militaire professionnel et c’est l’un des risques que vous prenez lorsque vous servez votre pays dans l’armée.

Isabelle Kumar, Euronews :

Nous allons terminer avec une question d’un des membres de nos médias sociaux et c’est une question philosophique … “ Le rêve américain existe t-il toujours en 2014 et comment le définiriez-vous” ?

John McCain :

Je pense que le rêve américain existe toujours, et je suis très confiant sur notre indépendance énergétique. Les emplois manufacturiers sont de retour. Notre économie se redresse. Il y a beaucoup de patriotisme, et une très belle et jeune génération d’Américains qui sont en train de prendre un rôle de leadership en Amérique. Donc dans l’ensemble je suis optimiste pour les États-Unis et pour notre rôle dans le monde. En ce moment je suis profondément, bouleversé par le massacre tragique de 200 000 victimes syriennes dont nous sommes spectateurs.

Isabelle Kumar, Euronews :

Sénateur McCain merci beaucoup.

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