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Les mythes sont les vecteurs du savoir

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Les mythes sont les vecteurs du savoir

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Certains affirment que raconter des légendes aux enfants peut éveiller leur esprit critique. Découvrons plusieurs initiatives qui ont pour but de perpétuer cette tradition, mais surtout de l’utiliser en classe.

En France, on enseigne la science grâce à des contes

Les contes, ce ne sont pas que des histoires de chevaliers et de princesses : ils peuvent évoquer la science ! À Paris, une auteure bien connue des enfants a mis cette drôle d’idée en pratique : professeure de l’Université de Genève, Francine Pellaud est convaincue depuis des années, de l’intérêt d’enseigner des phénomènes complexes grâce aux histoires. “Je n’ai jamais rien compris aux sciences quand j‘étais à l‘école parce qu’on me parlait de formules et de choses complètement hors contexte et quand j’ai découvert un professeur d’université qui m’a raconté des histoires de sciences, j’ai trouvé cela absolument extraordinaire et du coup, je me suis dit que c‘était un moyen de permettre aux enfants d’entrer dans les sciences avec un véritable contexte, avec une véritable intention et de comprendre le merveilleux de la nature.”

En arrière-plan du conte, il peut y avoir une explication méthodique et des messages clairs par exemple sur les dangers de la pollution, la crise économique ou encore les mécanismes du changement climatique. L’initiative prend par exemple, la forme de spectacles présentés au sein des écoles ou comme ici à
L’Espace des sciences Pierre-Gilles de Gennes de l'ESPCI ParisTech et interprétés par une actrice de l’association Atomes crochus qui depuis plus de dix ans, invite les plus jeunes à explorer les mystères de la science.

Mexique : sur les traces de la civilisation maya

Au Mexique, certains tentent de transmettre la mythologie maya aux nouvelles générations. C’est le cas de Roldán Peniche qui depuis des décennies, s’emploie à faire revivre cet univers tombé dans les oubliettes de l’Histoire. Il est aujourd’hui l’auteur d’un recueil où l’on découvre serpents, oiseaux magiques et autres créatures fantastiques directement issus des mythes mayas. “Les gens n’avaient pas l’habitude de connaître tout cela,” souligne Roldán Peniche. “Ils ne se rappellent que de deux ou trois légendes typiques comme Xtabá et Chivo le sorcier, donc grâce au recueil, je crois qu’on a fait prendre une nouvelle dimension à la mythologie maya,” ajoute-t-il.

Son travail trouve actuellement un écho auprès des enfants des écoles du Yucatan grâce au soutien des instances éducatives de cet État et notamment du Réseau de l‘Éducation artistique en ligne (la Red de Educación Artística en Línea). La directrice de ce Réseau Ena Evia nous précise sa mission : “ressusciter ces mythes en les simplifiant et en les rendant amusants et interactifs : on utilise par exemple des technologies nouvelles ou d’autres objets comme des poupées et des masques pour que les enfants apprennent en étant actifs,” explique-t-elle, “de cette manière, ils peuvent avoir accès à une partie de cette civilisation avec laquelle nous avons tous un lien.”

Une tradition orale à sauvegarder en Inde

En Inde, une étudiante de troisième cycle, Vithai Zaraunkar réussit à faire partager sa passion pour la tradition orale aux jeunes générations, bien souvent tentées de tourner le dos au passé pour s’intéresser aux histoires modernes. Les contes de la tribu des Velip à Goa dont elle est issue ont toujours été une source de fascination pour elle.

Originaire de Canacona dans le sud de l‘État, la jeune femme s’est mise à enregistrer des habitants de son village déclamant ces récits alors qu’elle était en masters de sociologie à l’==Université de Goa==. “Je me suis sentie obligée de tenter de sauver ces histoires parce qu’elles n’ont jamais été écrites nulle part et ne sont plus racontées aujourd’hui,” indique-t-elle.

Aujourd’hui, sous la houlette d’un professeur de son université, elle en a fait un projet d‘études d’un an financé par le ministère indien de la Culture. “La société s’organise autour des mythes et des histoires et en ce sens, ils servent de fondations,” fait remarquer son enseignant, Alito Siqueira. “Ce qui rend ce projet unique,” poursuit-il, “c’est notamment le fait qu’il essaie de trouver ce que signifient ces histoires au sein de la communauté elle-même. (…) On espère que d’autres choses sortiront de ce projet, surtout de l’intérêt et une renaissance pour cette communauté qui dans le passé, a été discriminée en tant que tribu,” conclut-il.