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Charlie Hebdo – des chefs d'état "ennemis" de la presse à la marche républicaine

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Charlie Hebdo – des chefs d'état "ennemis" de la presse à la marche républicaine

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Inviter, à une marche pour défendre la liberté d’expression et de la presse, des chefs d’état ou de gouvernement réputés pour être hostiles aux journalistes ou aux bloggeurs ?

Reporters sans frontières s’en est étranglé.

L’organisation cite notamment les représentants de pays très mal placés dans son classement mondial : l’Egypte (159e), la Turquie (154e), la Russie (148e), l’Algérie (121e) et les Emirats arabes unis (118e).

Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières a déclaré « Nous devons nous montrer solidaires de Charlie sans oublier tous les Charlie du monde. Il serait intolérable que des représentants d’Etats étrangers qui réduisent les journalistes au silence dans leurs pays profitent de l’émotion pour tenter d’améliorer leur image internationale […] Nous ne devons pas laisser les prédateurs de la liberté de la presse cracher sur les tombes de Charlie Hebdo. »

“Nous ne devons pas laisser les prédateurs de la liberté de la presse cracher sur les tombes de Charlie Hebdo.”
Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières

En Egypte, par exemple, trois journalistes de la chaîne d’information Al Jazeera attendent en prison leur nouveau procès, reporté à une date ultérieur le 1er janvier dernier. Ils sont derrière les barreaux depuis un an. Ils s’ajoutent au neuf autres journalistes emprisonnés dans le pays qu’a pu recenser le Comité de protection des journalistes dans son dernier rapport.

En Turquie, 27 journalistes ont encore été arrêtés il y a un mois. Le Premier ministre truc, Ahmet Davutoglu, qui a participé la marche ce dimanche, déclarait alors « Ces gens qui ont pénétré les institutions de l’Etat, qui ont placé sur écoute les rencontres les plus privées du Premier ministre et du Président, ceux qui ont conspiré contre nos services de renseignements, ces gens ne devraient pas croire que tout cela restera impayé. »

A cette liste dressée par Reporters sans frontières, peuvent être ajoutés d’autres pays comme le Gabon (98e) ou la Hongrie (64e).
La Hongrie était représentée par son Premier ministre, Viktor Orban dont la loi sur les médias avait été jugé liberticide en 2011 par nombres d’organisations internationales dont l’ONU et l’UE mais aussi des syndicats hongrois. Cinq journalistes hongrois s’étaient alors mis en grève de la faim pour dénoncer cette loi. Les journalistes ont renouvelé leur inquiétude l’été dernier avec la publication d’un nouveau projet de loi de taxations des revenus publicitaires des médias.