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Victoire écrasante de Syriza en Grèce, mais pas de majorité absolue pour la gauche radicale


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Victoire écrasante de Syriza en Grèce, mais pas de majorité absolue pour la gauche radicale

Les Grecs ont donné dimanche une victoire claire au parti de gauche radicale Syriza, pour “écrire l’Histoire” en “laissant l’austérité derrière” eux, a affirmé Alexis Tsipras, premier dirigeant européen élu sur le rejet explicite des politiques difficiles imposées par l’UE à ses membres.

Les partenaires européens de la Grèce ont été très attentifs à ce scrutin historique.

Syriza obtiendrait 36,2 % des voix, après dépouillement de plus de 85 % des bulletins de vote, soit 149 sièges et donc une victoire écrasante, mais pas de majorité absolue (151 sièges).

Nouvelle Démocratie obtiendrait 28,77 % des voix.

En troisième position, les néonazis d’Aube dorée avec plus de 6,3 % des suffrages exprimés.

Puis en quatrième position, les centristes de To Potami.

La victoire de Syriza est saluée par toute la gauche en Europe.

Toutefois dès son premier discours de vainqueur dimanche soit Alexis Tsipras a soufflé le chaud et le froid : “le verdict du peuple grec signifie la fin de la troïka”, a-t-il d’abord lancé évoquant les experts de la BCE, l’UE et du FMI, qui dictent à la Grèce une politique d’austérité depuis quatre ans en échange de 240 milliards d’euros de prêts pour sauver le pays de la faillite.

Puis quelques minutes plus tard, il a annoncé devant ses partisans que le nouveau gouvernement “serait prêt à coopérer et à négocier pour la première fois avec ses partenaires une solution juste, viable et qui bénéficie à tous”.

Le Premier ministre Antonis Samaras avait auparavant reconnu sa défaite notant que “le peuple grec a parlé et nous respectons sa décision”.

“Je remets un pays qui est en train de sortir de la crise, qui est membre de l’Union européenne et de la zone euro et j’espère que le prochain gouvernement va maintenir ces acquis”, a-t-il déclaré.

Comment en est-on arrivé là ?

Crise économique, dette, plan de sauvetage de la troïka (FMI, UE, BCE), mise en place de réformes drastiques qui ont lourdement pesé sur la population.
En 2012, un gouvernement d’union nationale accède au pouvoir mené par Antonis Samaras, du parti conservateur Nouvelle Démocratie. Le PASOK et la Gauche démocratique y participent. Mais les Grecs n’en peuvent plus de se serrer la ceinture.

Bref, après plus de cinq années de récession et de politique économique de rigueur, Syriza a séduit à grand renfort de promesses de changement social.

Le 29 décembre 2014, le Premier ministre Antonis Samaras a dû demander la dissolution du Parlement après avoir échouer à faire élire le candidat de Nouvelle Démocratie à la présidence du pays. Les trois tours au Parlement n’avaient pas permis de réunir les 180 voix nécessaires.
Et c’est par décret que le 31 décembre le Président Carolos Paoulias a annoncé la tenue des élections ce 25 janvier et fixé la prochaine session parlementaire au 5 février.

Ces législatives marquent le début de semaines électorales intenses pour les Grecs.
Elles seront suivies d’une présidentielle en février.

Mais revenons-en à ce dimanche. 300 députés ont donc été élus à la proportionnelle renforcée. Le parti arrivé en tête bénéficie d’un bonus de 50 sièges supplémentaires. Et seuls les partis réunissant 3 % des voix peuvent avoir des sièges au Parlement. Le vote est obligatoire en Grèce, mais les sanctions ne sont jamais appliqués en cas de non participation au scrutin.

Les bureaux de vote ont fermé à 18h, et c’est à ce moment-là que les premières estimations sont tombées.

Le “monde entier” est venu en Grèce suivre l‘événement : 876 journalistes ont été accrédités, dont 497 étrangers, venus de 45 pays.

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