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Rome fait le mur

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Graffiti, c’est un mot italien. Et c’est dans la rue, aux pieds des tours, qu’est né cet art urbain. Dans des quartiers oubliés où la misère a sur

Graffiti, c’est un mot italien. Et c’est dans la rue, aux pieds des tours, qu’est né cet art urbain. Dans des quartiers oubliés où la misère a sur inspirer des jeunes armés de simples bombes de peinture.

A Rome, loin du Colisée et de la place Saint-Pierre, voici le quartier pauvre de Tor Marancia. Des tours grises et moches qui n’intéressaient par les touristes. Jusqu‘à ce que ces tristes façades soient offertes à des 20 artistes venus du monde entier, dont l’Italien Jerico : “Je voulais créer quelque chose de calme, plus apaisé que mes œuvres d’avant. J’ai choisi de revisiter l‘œuvre de Michel-Ange, avec une interprétation plus naturelle.”

De la chapelle Sixtine à cette simple façade, l’art est partout.
Avec cette initiative, c’est tout une ville qui tente de renouer avec un art que certains jugent mineur mais qui est inscrit dans l’histoire de la capitale italienne.

“Quand on pense à l’histoire de l’art, à Pompéi… Quand on réalise que le mot graffiti vient de graffito, un mot italien, on prend conscience qu’il y a beaucoup de graffiti anciens à travers la ville”, rappelle la spécialiste Jessica Stewart.” A l‘époque de la Renaissance, il y avait beaucoup de fresques peintes sur les façades des palais. C’est comme si les Romains avaient oublié tout ça, c’est quelque chose de fort. Et la ville commence à s’y replonger.”

“Beaucoup de gens viennent visiter le quartier, ils aiment bien”, se félicite un habitant. “Ils sont enthousiastes et très impressionnés. Ça ne s‘était jamais produit avant, personne ne venait ici. Ça ranime le quartier.”

“L’art de rue c’est comme une galerie d’art à ciel ouvert”, note une touriste. “C’est bien pour ceux qui n’ont pas l’habitude des musées et des galeries. C’est vraiment une chance d’avoir accès à des œuvres aussi belles ici.”

Mais peindre les murs d’un quartier pauvre ne suffit pas à le métamorphoser.
La misère, même enveloppée dans de belles couleurs, reste la misère.