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Le dialogue interculturel à l'honneur à Bakou


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Le dialogue interculturel à l'honneur à Bakou

Le monde deviendrait de plus en plus violent. Pour comprendre cette évolution et trouver des solutions, des leaders d’opinion et des représentants des différentes religions se sont réunis à Bakou. Ils ont discuté des problèmes liés aux relations entre les différentes cultures et religions.

Le troisième Forum Mondial sur le Dialogue Interculturel, aussi connu sous le nom du processus de Bakou, s’est tenu les 18 et 19 mai en Azerbaïdjan. Trois éditions ont déjà eu lieu en 2008, 2011 et 2013. Il a commencé par le discours du président Ilham Aliyev lundi 18 mai, dont le thème était la culture et le développement durable dans l’agenda du développement post-2015.

“Aujourd’hui, nous avons des représentants de plus de cent pays. C’est vraiment important que ces gens viennent en Azerbaïdjan pour partager leur opinion. Parce qu’il y a beaucoup de conflits dans le monde, des conflits sanglants. Des batailles se déroulent en Europe, mais aussi dans notre région. L’Azerbaïdjan est comme une île de stabilité dans la région” a déclaré le président Aliyev.

Les principaux thèmes abordés ont été les problèmes de sécurité dans le monde et la violence extrémiste.

La sénatrice française Nathalie Goulet parle d’un pas en avant : “Avoir dans la même salle des imams, des rabbins, des membres des pays du Golfe, des membres de pays qui normalement sont en guerre et ne se parlent pas, c’est déjà un bon résultat. Pour un meilleur futur, il faut d’abord une meilleure éducation, et il faut des valeurs en commun, mais des valeurs qui soient vraiment appliquées. Il faut sortir de la théorie et je crois que c’est un très long travail parce que pour l’instant le monde est peu sûr et il est beaucoup plus violent qu’il y a dix ans” déclare-t-elle.

Pendant les rencontres, deux noms importants ont été prononcés : Boko Haram, le groupe islamiste qui tente de renverser le gouvernement nigérian, et Etat Islamique, dont le territoire s‘étend entre la Syrie et l’Irak.

“Dans mon pays Boko Haram représente un petit groupe de musulmans qui sont des fanatiques et des terroristes. Le autres musulmans au Nigéria sont des gens pacifiques. Mais cette division existe, tant que l’on ne résoudra pas les divisions internes à chaque religion. On ne peut pas réconcilier tout le monde. Nous avons le même problème au sein de la chrétienté, nous ne sommes pas unis” affirme l’archevêque nigérian John Onaiyekan.

Le Forum est un évènement bisannuel organisé en partenariat avec l’UNESCO, dont la directrice, Irina Bokova, était présente. Elle explique comment échapper au pire scénario : “La situation actuelle du monde est très préoccupante, on voit de plus en plus de conflits et ils changent. Et nous devenons plus intolérants. Je pense que nous n’avons pas prêté assez attention à la culture, à notre héritage culturel et à la diversité culturelle. Nous n’avons prêté attention aux programmes éducatifs. Je pense qu’il faut changer le contenu des manuels scolaires. Il faut étudier davantage l’histoire. Il faut connaître sa propre culture et celle des autres” dit-elle.

Après la violence et la diversité culturelle, c’est le futur qui a été abordé. Le Forum espère transmettre le message que la tolérance est possible.

“Nous partageons nos différences, notre diversité, et nous devons apprendre à vivre ensemble sans nous entretuer. C’est ça l’espoir, le grand projet. A moindre échelle, il s’agit d’observer les stratégies, les politiques qui fonctionnent, pour que nous puissions vivre ensemble” estime Paul Morris de l’UNESCO.

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