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Charlie Hebdo : menaces de mort, avec balles de revolver, contre un lycéen français

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Charlie Hebdo : menaces de mort, avec balles de revolver, contre un lycéen français

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Il aura fallu un rassemblement de protestation d’élèves et de professeurs pour que l’affaire soit prise encore plus au sérieux. Louis, un élève de 17 ans scolarisé à Saint-Maur-des-Fossés, dans le Val-de-Marne (sud-est de Paris), est maintenant mieux entendu et compris quand il exprime son angoisse, quand il explique les conséquences du violent harcèlement qu’il subit depuis quatre mois exactement. Pour avoir soutenu Charlie Hebdo dans le journal de son lycée, il a reçu pas moins de sept menaces de mort, et ce n’est pas de la rigolade, les dernières lettres contenaient des balles de revolver.

Une délégation d’enseignants et de parents d’élèves du lycée Marcellin-Berthelot a finalement été reçue ce vendredi au rectorat de Créteil (Val-de-Marne). Ses membres ont déploré “un déficit d’information de la part de la hiérarchie à destination de la communauté éducative”. La famille de Louis, ses amis, ses profs, estiment que l’Education nationale n’a pas assez pris en compte la gravité de la situation. Les parents du jeune homme nient avoir eu plusieurs entretiens avec les services du rectorat, comme ces derniers l’ont affirmé. L’inspection académique indique avoir reçu le lycéen “à plusieurs reprises” mais précise qu’elle ne souhaite pas “interférer dans l’enquête en cours, surtout qu’il s’agit d’un mineur”. Même écho au ministère de l’Education qui, dans un communiqué, écrit que la ministre, Najat Vallaud-Belkacem, “ne peut que s’indigner” mais “respecte les procédures de l’enquête”.

De source judiciaire, des analyses sont en cours à partir de prélèvements effectués sur les lettres qui menacent le lycéen mais Louis se plaint de n’avoir eu droit qu‘à deux jours de protection policière. A la sortie des cours, il est ramené chez lui par le proviseur ou un autre responsable de l’établissement scolaire de Saint-Maur-des-Fossés. Est-ce suffisant ? Ses proches peuvent légitimement se poser la question. La mère de Louis dit “ne pas comprendre cet acharnement” et trouve son fils “très affecté psychologiquement”. Qui pouvait penser qu’après avoir publié, le 22 janvier dernier, un numéro du journal du lycée (qui s’appelle “La Mouette bâillonnée”) destiné à soutenir Charlie Hebdo, Louis allait recevoir des courriers si haineux.

Il n’y avait même pas de caricature du prophète Mahomet dans le journal, c’était avant tout un hommage rendu aux 17 victimes des attentats contre l’hebdomadaire satirique et contre le petit supermarché juif Hyper Cacher. D’autant que le lycée Marcellin-Berthelot a été directement touché par les deux tueries. Le père de l’un des élèves n’est autre que Mustapha Ourrad, le correcteur de Charlie Hebdo assassiné à Paris avec 11 autres personnes par les frères Kouachi. Un autre élève a un oncle qui a été tué froidement par Amédy Coulibaly Porte de Vincennes.

L’ONG Reporters sans frontières réclame une protection policière pour le jeune rédac-chef de La Mouette bâillonnée :

Patrick Pelloux, chroniqueur à Charlie Hebdo, envoie ce tweet de réconfort au lycéen menacé :