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Six banques écopent de 6 milliards de dollars d'amende pour manipulation des taux de change

Bienvenue dans Business Middle East. Au sommaire de cette édition : le dernier scandale financier en date qui éclabousse plusieurs grandes banques

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Six banques écopent de 6 milliards de dollars d'amende pour manipulation des taux de change

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Bienvenue dans Business Middle East. Au sommaire de cette édition : le dernier scandale financier en date qui éclabousse plusieurs grandes banques internationales.

Un nouveau scandale qui vient s’ajouter à une liste déjà longue et étale au grand jour les agissements de plusieurs établissements bancaires en Europe et aux Etats-Unis.

Exploitant un vide réglementaire, ces banques se seraient livrées à des manipulations des taux de change qui viennent d‘être sanctionnées par des amendes de plusieurs millions de dollars.

L’Autorité britannique des marchés financiers a beau avoir infligé une des plus grosses amendes de son histoire, pour les experts, le feuilleton est loin d‘être terminé.

Cette énième affaire a sérieusement ébranlé la confiance des investisseurs et pourrait les pousser à s’intéresser à d’autres destinations où la réglementation est plus favorable.

Les régulateurs américains et britanniques des marchés financiers ont donc infliger de nouvelles amendes d’un montant total de près de 6 milliards de dollars à six banques pour manipulation des taux de change.

Quatre d’entre elles – les banques américaines Citigroup et JPMorgan Chase et les britanniques Barclays et RBS (Royal Bank of Scotland) – ont accepté de plaider coupable.

Selon les autorités américaines, les banques incriminées auraient échangé des informations confidentielles sur leurs clients et se seraient concertées pour spéculer sur les cours du dollar et de l’euro entre 2007 et 2013.

Les explications du vice-procureur général des Etats-Unis, Bill Baer :

“Pour faire simple, les taux de change correspondent aux prix d’achat et de vente des devises. Ils doivent être fixés de façon concurrentielle comme sur n’importe quel autre marché. Au lieu de cela, les traders de ces banques réunis en “cartel” ont conspiré pour réaliser des profits illégaux en manipulant ces taux de change. Les banques qui plaident coupables aujourd’hui ne sont pas de simples opérateurs bancaires. Ce sont elles qui donnent le ton sur le marché des changes. Elles réalisent plus de 25 % des transactions dollar-euro tous les ans. Elles avaient donc toute la latitude voulue pour manipuler ce marché.”

De son côté, la banque suisse UBS qui n’a pas eu à plaider coupable dans le dossier des changes, devra en revanche s’y résoudre dans celui de la manipulation des taux de référence Libor.

Enfin, Bank of America, elle, n’aura à s’acquitter que de la somme réclamée par les autorités pour dédommager les clients lésés – soit 205 millions de dollars.

Daleen Hassan, euronews :
“Accueillons à présent Stephane Davie, le directeur d’ADS Securities à Abou Dhabi.

Des scandales liés à des manipulations sur le Forex – le marché des changes – ont lieu depuis des années. Pourquoi les autorités de régulation ne prennent-elles pas des mesures plus strictes, en plus des amendes ?”

Stephane Davie, ADS Securities :
“La chose la plus importante, c’est que les régulateurs aient pris des mesures et c’est une très très bonne chose pour la région. Il faut que les règles soient les mêmes pour tous et qu’il n’y ait pas de manipulations en coulisse. C’est donc très important que les régulateurs soient intervenus. Et je pense que les banques seront très contentes de la situation. Il est aussi bon de préciser que le montant de ces amendes n’impactera pas vraiment les banques et les investisseurs ici. Ce sont de grosses banques et les amendes sont relativement petites. Ce que les investisseurs régionaux recherchent, c’est de bonnes liquidités et de bonnes opportunités d’investissement afin de faire des profits sur les marchés.”

Daleen Hassan, euronews :
“Quelles sont les conséquences de ces manipulations sur la stabilité du marché des changes et sur les investisseurs ?”

Stephane Davie, ADS Securities :
“Chaque jour, les transactions sur le Forex s‘élèvent à 5.300 milliards de dollars. C’est un marché vraiment énorme qui comprend toutes les transactions concernant les services financiers. Donc l’impact de ces amendes sera limité.
C’est une bonne chose qu’elles aient eu lieu et que les régulateurs soient intervenus, mais ça n’impactera pas les marchés. Et puis, elles interviennent à un moment favorable pour les marchés. Il y a une forte volatilité. On l’a vu notamment sur les marché de l’or et du pétrole. La réunion de l’Opep en juin prochain est également très attendue.
Les investisseurs de la région recherchent des liquidités, ils veulent pouvoir investir sur les marchés et c’est possible grâce aux mesures prises par les autorités de régulation.”

Daleen Hassan, euronews :
“Comment les banques peuvent-elles regagner la confiance des investisseurs ?”

Stephane Davie, ADS Securities :
“Ce qui compte, c’est que les régulateurs soient intervenus et qu’ils aient infligé des amendes. C’est un signal fort pour les investisseurs qui pourront à nouveau avoir confiance dans le marché des changes.
Quant aux banques, c’est à elles de restaurer la confiance en montrant leur nouvelle façon de faire et l’attention qu’elles vont porter à leurs clients. C’est à elles d’agir.
Si l’on regarde les banques de la région Moyen-Orient, aucune d’entre elles n’a eu de problème, aucune ne s’est vue imposer d’amende par les régulateurs. Et je pense que les affaires vont reprendre de plus belle grâce à cela.”

Daleen Hassan, euronews :
“Donc on peut dire que la situation va profiter à la région du Moyen-Orient ?”

Stephane Davie, ADS Securities :
“Oui, exactement ! Le moment est très bien choisi pour les banques et les investisseurs du Moyen-Orient.
Évidemment, recevoir une amende et avoir les autorités de régulation qui s’intéressent à vos activités sur le marché des changes n’est jamais une bonne chose en soi. Mais je pense que c’est une aubaine pour le Moyen-Orient. Alors, si les banques de la région proposent les services voulus par les investisseurs, eh bien, les investissements reviendront ici en force et c’est toujours une bonne nouvelle.”

C’est ainsi que s’achève cette édition de Business Middle East. N’hésitez pas à poster vos commentaires sur notre page Facebook “Euronews Business”.
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