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Référendum grec : un 'non' massif aux créanciers

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Référendum grec : un 'non' massif aux créanciers

Le “ non “ aux créanciers internationaux l’a emporté en Grèce à l’issue du référendum sur une nouvelle aide financière au pays contre plus d’austérité.
Après dépouillement de près de 100 % des bulletins de vote, le “ non “ recueillait 61,3 % des suffrages contre 38,8 % pour le “ oui “.

A 23h00 CET, l’euro perdait environ 1 % face au billet vert à 1,0099 dollar.

Les résultats officiels du ministère grec de l’Intérieur ci-dessous.

La fête à Athènes

Au centre d’Athènes, c’est la fête, celle des partisans du “ non “ bien sûr. Des milliers de personnes – environ 5 000 selon la police – affluaient dans la nuit sur la place Syntagma, au pied du parlement, pour laisser exploser leur joie et scander des slogans contre l’austérité.
Deux autres rassemblements, dont l’un conduit par un millier de partisans de Syriza non loin de l’Université, se déroulaient dans le même temps. Voilà cinq ans que le pouvoir d’achat des Grecs est chaque jour plus affecté par les mesures de rigueur et la flambée du chômage.

“ On ne fait pas chanter la démocratie “

Dans une allocution télévisée, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a remercié les Grecs pour leur vote courageux qui a démontré qu’on “ ne fait pas chanter la démocratie “.

Rappelant le besoin de restructurer la dette grecque, il a estimé que la Grèce tournait ainsi une page de son histoire.

Il a appelé les Grecs à l’unité, insistant sur le fait qu’il ne s’agissait pas de lutter contre l’Europe mais d’obtenir un accord “ avec des conditions de justice sociale pour sortir du cercle vicieux de l’austérité. “

Varoufakis convoque les banquiers grecs

“ Dès demain, nous allons inviter nos partenaires à trouver un terrain d’entente, “ a de son côté assuré Yanis Varoufakis.

Le ministre grec des Finances a précisé que “ le ‘non’ au référendum était un grand ‘oui’ à une Europe démocratique.”

Yanis Varoufakis devait rencontrer les responsables des grandes banques grecques dans la soirée de dimanche pour tirer les leçons des résultats du référendum.

Le gouvernement avait ordonné la fermeture des banques et de la bourse d’Athènes lundi dernier pour empêcher la fuite des capitaux. Elles sont censées rouvrir mardi.

Dès la fermeture des bureaux de vote, le porte-parole du gouvernement grec, Gabriel Sakellaridis, avait annoncé que la Banque de Grèce allait demander dès ce soir à la Banque centrale européenne de relever le plafond de son financement d’urgence (ELA – « emergency liquidity assistance ») des banques grecques.

La BCE, qui a maintenu ces derniers jours les banques grecques en coma artificiel, détient plus que jamais la clé de leur survie, de celle de l‘économie tout entière et du sort de la Grèce dans le bloc monétaire. Comme annoncé vendredi, le conseil des gouverneurs se réunira ce lundi.

Sommet de l’Eurogroupe mardi

Lors d’une conversation téléphonique ce dimanche soir, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont d’un commun accord souhaité la tenue d’un sommet de l’Eurogroupe dès mardi.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, l’a confirmé officiellement ce dimanche soir.

Les dirigeants français et allemand se retrouveront dès ce lundi soir à l’Elysée pour évoquer les conséquences du résultat du référendum grec.

Le gouvernement grec a de son côté fait savoir que le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, s‘était entretenu par téléphone avec le président français François Hollande alors que le “ non “ recueillait déjà plus de 60 % des suffrages.

La Commission européenne a dit prendre acte du résultat du référendum, qu’elle respecte. Son président, Jean-Claude Juncker, consultera dès ce lundi matin par téléphone le président de la BCE, Mario Draghi et le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

Autres réactions internationales

En Allemagne, le ministre de l’Economie et vice-chanchelier social-démocrate, Sigmar Gabriel, a jugé qu’il était difficile d’imaginer des négociations sur un nouveau plan d’aide, après le résultat du référendum grec.

Pour lui, “ le premier ministre grec, Alexis Tsipras, accule les Grecs au désespoir. Il a anéanti la dernière passerelle sur laquelle un compromis avec l’Europe aurait pu être trouvé.”

En Espagne, le chef de Podemos, Pablo Iglesias, a lui salué “ la victoire de la démocratie “ en Grèce.

Depuis Rome, le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni, a estimé dans un tweet que le moment était venu de relancer les efforts pour trouver un accord avec la Grèce.
“ Mais ils n’y a pas d’issue au labyrinthe grec au sein d’une Europe faible, sans croissance, “ ajoute-t-il.

La Russie, sous le coup de sanctions économiques de Bruxelles pour son rôle dans le conflit ukrainien, a quant à elle réagi très tôt.
La Grèce a fait “ un pas vers la sortie de la zone euro “ a estimé un vice-ministre russe de l’Economie, Alexeï Likhatchev. Il a précisé qu’il était prématuré de dire que la Grèce “ irait jusqu’au bout du chemin “.

“ Grexit “ ?

Les partenaires européens d’Athènes n’ont eu de cesse de répéter au cours de la semaine écoulée que la victoire du “ non “ conduirait le pays à la faillite et impliquerait une sortie de la Grèce de la zone euro, le fameux “ Grexit “.

Ce dimanche encore, alors que les Grecs se rendaient aux urnes, le président du parlement européen, Martin Shulz, jugeait que dans ce cas de figure, les Grecs n’ayant plus d’euros, ils devraient adopter une autre monnaie.
Il avait ajouté que “ l’Union européenne ne les laisserait pas tomber “ pour autant.

40 minutes après la fermeture des bureaux de vote, un des négociateurs du gouvernement grec assurait qu’il n‘était pas question d’introduire une monnaie parallèle.

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