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Science et technologie : comment attirer tous les potentiels ?

Science, technologie, ingénierie et mathématiques... Que faire pour que ces disciplines attirent davantage les femmes ? Et comment les enseigner dans les zones rurales où l'offre éducative est par

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Science et technologie : comment attirer tous les potentiels ?

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En Inde, des laboratoires mobiles amènent la science dans les zones rurales. En Afrique du Sud, une ONG propose de coacher les lycéennes pour qu’elles se lancent dans des études d’ingénieur. Dans cette édition, nous mettons en lumière deux initiatives qui visent à améliorer l’accessibilité des filières en science, technologie, ingénierie et mathématiques.

Inde : des labos sur moto

En Inde, dans de nombreuses régions, seule l‘école primaire est accessible. Proposer un enseignement scientifique pratique semble impossible et pourtant, un projet original vise à amener la science dans ces territoires. Une centaine d’instructeurs de la fondation internationale Agastya sillonnent à moto, les zones rurales pour se rendre dans les écoles. Leur deux-roues est muni de sacoches dans lesquels ils placent des valises renfermant du matériel scientifique. “L’idée nous est venue quand on a cherché de nouvelles méthodes pour rendre l’enseignement plus accessible, explique Thiagarajan Krishnamoorthy, chef des opérations de la fondation, on voulait toucher les populations isolées pour un coût moindre, de manière modulable et simple.”

Douze mallettes permettent de présenter plus d’une centaine d’expériences en matière d’optique ou encore de biologie moléculaire à des enfants de 10 à 15 ans et les élèves comme ceux de l‘école de Bisanatham sont ravis : “D’habitude, notre professeur nous fait apprendre des choses en nous parlant, souligne Jayasree, mais avec les valises, on apprend en l‘écoutant et en faisant des expériences : on a besoin des deux.” “Ce serait bien si l’instructeur venait tous les jours, ce serait génial,” insiste Akash. Enseignant à l‘école de Bisanatham, Karlakunta Chandrashekar Reddy constate les résultats : “Les enfants se souviennent très bien de ce qui a été dit pendant les expériences et moi, je suis content quand par la suite, ils me donnent les bonnes réponses en classe.”

Ce labo sur moto a été conçu sur le campus de la fondation à Kuppam. Des pédagogues passionnés y ont élaboré les maquettes nécessaires aux expériences en minimisant les coûts et en tenant compte du manque de moyens des établissements ruraux. Le chef des opérations estime qu’il était nécessaire que son organisation propose ce type de service : “Quand on crée un labo dans une école, il n’est destiné qu’aux enfants sur place, cela coûte cher à mettre en place et à gérer, assure-t-il. Dans le cas de nos services partagés [comme les camionnettes-labos] où on met en commun les équipements et les professeurs pour une série d‘écoles, les coûts sont automatiquement divisés par 10, 20 ou 30, cela dépend du nombre d‘établissements dans lesquels on intervient, poursuit-il avant de conclure : “Le labo sur moto est encore plus intéressant parce qu’il coûte dix fois moins cher qu’un labo mobile.”

Afrique du Sud : les femmes aussi peuvent devenir ingénieurs

Alors que les filles représentent plus de la moitié des élèves dans l’enseignement supérieur sud-africain, elles sont peu nombreuses à opter pour des études d’ingénieur. Aujourd’hui dans le pays, seul un ingénieur sur dix est une femme. L’ONG GirlEng veut changer les choses. Elle propose des ateliers comme par exemple à Durban où des lycéennes sont invitées à faire des exercices pratiques pour les initier à l’ingénierie. On leur propose aussi des séances de coaching pour les aider à prendre confiance en elles et un programme de tutorat. GirlEng entend les accompagner : “Pendant toute la période où elles se destinent à devenir un ingénieur diplômé puis un ingénieur actif, on est là à leurs côtés,” souligne Bibi-Aysha Fakier, co-directrice de l’association.

“Je trouve fascinant d‘étudier l’ingénierie, indique Noxolo Phakathi, lycéenne. L’un de nos principaux problèmes, ce sont les stéréotypes. Nous en tant que filles, on se dit que c’est aux hommes de faire ce travail ou de faire un travail manuel ; donc en tant que fille, ajoute-t-elle, je voudrais servir d’exemple à d’autres.”

A l’heure où l’Afrique du Sud modernise ses infrastructures et intègre toujours plus le progrès technologique, attirer un maximum de potentiels vers les sciences de l’ingénieur est une question cruciale. “Parmi ces lycéennes, on veut qu’il y ait nos futures présidentes, nos futurs ingénieurs qui vont nous fournir de l’eau potable à partir de l’eau de mer, insiste Bibi-Aysha Fakier. On croit tellement en elles et dans leurs capacités, on est vraiment là pour leur tenir la main, les accompagner tout au long de leur formation et les voir réussir leur vie, poursuit-elle avant de lancer : l’objectif, c’est qu‘à terme, il y ait des retombées pour la vie des gens et que l’on change la société parce que c’est ce que font les ingénieurs.”